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vendredi 29 septembre 2017

#cell #cancer #protéomique #cellules #ciblesthérapeutiques La Protéomique Chimique comme Outil d’Identification de Cibles Thérapeutiques dans un Cancer Génétiquement Défin

La protéomique chimique, combinée à l'analyse fonctionnelle, permettent d'identifier cystéines comme cibles thérapeutiques chez les protéines soumises à régulation NRF2, qui contribuent à la croissance des cellules porteuses du gène mutant KEAP1
Le facteur de transcription NRF2 est un régulateur majeur de la réponse cellulaire antioxydante ; il est généralement activé dans les cancers du poumon non à petites cellules (CBNPC) par, par exemple, des mutations situées dans l’élément à régulation négative KEAP1. Alors que l’inhibition pharmacologique directe NRF2 se révèle difficile, son activation aberrante requière des réseaux biochimiques dans les cellules cancéreuses qui pourraient être à l’origine de vulnérabilités spécifiques. Ici, nous utilisons la protéomique pour cartographier des protéines thérapeutiques qui sont sélectivement exprimées dans les cellules de CBNPC porteuses du gène mutant KEAP1. Parmi ces dernières, on distingue principalement la protéine NR0B1, un récepteur nucléaire orphelin dont nous montrons l’implication dans un complexe protéique multimérique permettant de soumettre à régulation le produit de transcription des cellules de CBNPC porteuses du gène mutant KEAP1. Puis, nous identifions de petites molécules ciblant de manière covalente une cystéine conservée au sein du domaine d’interaction de la protéine NR0B1 ; et nous démontrons que ces composés perturbent les complexes NR0B1 et altèrent la croissance des cellules cancéreuses porteuses du gène mutant KEAP1 indépendantes de l’ancrage. Nos résultats désignent NR0B1 comme régulateur de transcription permissif du développement des cancers du poumon NRF2-dépendants, pouvant de ce fait servir de cible thérapeutique. Liron Bar-Peled, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 28 septembre 2017

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ 

lundi 3 avril 2017

#thelancetoncology #CBNPC #avelumab Avelumab chez des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules métastatique ou récidivant précédemment traité (JAVELIN Solid Tumor) : Essai multicentrique ouvert de phase 1b (cohorte d’expansion de dose)

Radiographie du thorax vu de face montrant un cancer probable du poumon (taches claires à droite de chacun des poumons).
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Cancer_du_poumon#/media/File:X-ray_chest_cancer.jpg
L’avelumab, un anticorps monoclonal humain Ig-G1 ciblant PD-L1 et homologué aux USA pour le traitement du carcinome métastatique de Merkel, a montré une activité antitumorale et un profil d’innocuité acceptable chez des patients atteints de tumeurs solides avancées dans un essai d’augmentation de dose de phase 1. Dans cette cohorte d’expansion de dose de cet essai, nous avons étudié le traitement avelumab dans une cohorte de patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) avancé traités au platine.

Dans cette cohorte d’expansion de dose d’un essai multicentrique ouvert de phase 1, des patients atteints de CBNPC en progression ou métastatique résistant au platine ou récidivant ont été recrutés dans 58 centres de traitement du cancer et hôpitaux universitaires aux USA. Les patients éligibles avaient un CBNPC de stade IIIB ou IV confirmé ; leur pathologie présentait une histologie squameuse ou non squameuse et était mesurable selon les Critères d’Évaluation de la Réponse des Tumeurs Solides version 1.1 (RECIST v1.1), ces patients pouvaient en outre présenter une biopsie de la tumeur ou un échantillon de la tumeur prélevé pour étude des biomarqueurs, et ils présentaient un statut de Performance ECOG de 0 ou 1, parmi d’autres critères. La sélection des patients n'était pas basée sur l’expression de PD-L1 ou l’expression d’autres biomarqueurs, mutation EGFR ou KRAS ou status de translocation ALK inclus. Les patients ont reçu avelumab en monothérapie par perfusion à raison de 10 mg/kg toutes les deux semaines jusqu’à progression de la maladie ou toxicité. L’objectif principal de l’étude était d’évaluer l’innocuité et la tolérabilité.  (…) Le recrutement de sujets dans cette cohorte est toujours en cours.

Entre le 10 septembre 2013 et le 24 juin 2014, 184 patients ont été recrutés et ont commencé le traitement avec avelumab. La durée médiane de suivi était de 8.8 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 7.2-11.9). Les événements indésirables liés au traitement - quel qu’en soit le grade - les plus communément relevés étaient fatigue (46 [25%] patients sur 184), réaction liée la perfusion (38 [21%]), et nausée (23 [13%]). Des événements indésirables de grade 3 ou plus liés au traitement sont survenus chez 23 (13%) patients sur 184 ; les plus fréquemment relevés (survenant chez plus de deux patients) étant réaction à la perfusion (quatre [2%] patients) et niveaux augmentés de lipase (trois [2%]). 16 (9%) patients sur 184 ont présenté des événements désirables graves liés au traitement avec avelumab, dont réaction à la perfusion (chez quatre [2%] patients) et dyspnée (chez deux patients [1%]) survenant chez plus d’un patient. Des événements indésirables graves sont survenus, de manière générale, chez 80 (44%) patients sur 184. Ceux survenant chez plus de cinq patients (≥%) étaient dyspnée (dix patients [5%]), pneumonie (neuf [5%]), et maladie pulmonaire obstructive chronique (six [3%]). Des événements liés à l’immunité sont survenus chez 22 patients (12%). Sur 184 patients, 22 (12% [Intervalle de Confiance -IC- 95% 8-18]) ont obtenu une réponse objective, incluant une réponse complète et 21 réponses partielles. 70 (38%) patients avaient une pathologie stable. Dans l’ensemble, 92 (50%) patients sur 184 sont parvenus au contrôle de leur pathologie (ils présentaient une réponse confirmée ou une stabilité de leur maladie au meilleur de leur réponse globale au traitement). Un patient est décédé, on a initialement imputé ce décès à une pneumonie radique de grade 5 survenue au cours de l’essai ; cependant, cet événement indésirable a par la suite été requalifié en pneumonie de grade 3, et le décès du patient imputé à une progression de la maladie.

L’avelumab a montré un profil d’innocuité acceptable et une activité antitumorale chez des patients atteints de CBNPC progressant ou résistant au traitement, justifiant ce faisant de futures études pour mieux caractériser l’activité d’avelumab dans ce contexte. Dr James L Gulley, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 31 mars 2017

Financement : Merck KGaA and Pfizer

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ        

mardi 8 novembre 2016

#thelancetoncology #CPNPC #ALK #EGFR #crizotinib #brigatinib Activité et innocuité du brigatinib dans cancer du poumon non à petites cellules présentant un remaniement du gène ALK : étude ouverte de phase 1/2, à simple bras

Le récepteur ALK dans le processus tumoral

La protéine ALK est un récepteur à tyrosine kinase de la superfamille des récepteurs à l'insuline et dont le ligand est encore inconnu. Ce récepteur est important pour le développement du système nerveux mais sa fonction est encore mal comprise. Diverses altérations du gène ALK peuvent être trouvées dans les cancers. Ainsi, dans le cancer du poumon un remaniement d'ALK est observé dans 3 à 5 % des tumeurs. L'altération la plus fréquente est une inversion du bras cours du chromosome 2 aboutissant à la formation du gène de fusionEML4-ALK, mais d'autres translocations sont possibles. Le plus souvent, les remaniements d'ALK aboutissent à une activation constitutive de la protéine et des voies de signalisation en aval contrôlant la prolifération et la survie cellulaire (Mossé 2009).
Source iconographique et légendaire: http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-therapies-ciblees/Les-tests-moleculaires/Les-tests-ou-marqueurs-determinant-l-acces-a-des-therapies-ciblees/Translocation-des-genes-ALK-et-ROS1-dans-les-cancers-du-poumon-non-a-petites-cellules
Les remaniements du gène de la tyrosine kinase ALK (« Anaplastic Lymphoma Kinase ») représentent des forces motrices oncogéniques du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Le brigatinib (AP26113) est un inhibiteur ALK pourvu d’une activité préclinique potentielle contre les mutants ALK résistants au crizotinib et d’autres inhibiteurs ALK. Notre but était d’évaluer le brigatinib chez des patients atteints d’affections malignes avancées, et plus particulièrement chez les patients atteints de CPNPC présentant un remaniement du gène ALK.

Dans cette étude ouverte de phase 1/2 à simple bras toujours en cours, nous avons recruté des patients hospitalisés dans neuf centres académiques de traitement du cancer aux Etats – Unis et en Espagne. Les patients éligibles avaient au moins 18 ans, étaient atteints d’affections malignes avancées notamment de CPNPC présentant un remaniement du gène ALK notamment ; plus généralement, atteints de pathologies réfractaires aux thérapies disponibles et contre lesquelles il n’existe pas de traitement à l’heure actuelle.

Au cours de la première période de cet essai, à savoir une phase 1 d’augmentation de la dose administrée, les patients ont reçu du brigatinib per os (de 30 mg à 300 mg par jour), selon un schéma standard 3 + 3. L’objectif principal de cette phase 1 était l’établissement de la dose recommandée applicable en phase 2. Au cours de la phase 2 dite d'expansion, nous avons évalué trois régimes de doses administrées per os : 90 mg, 180 mg, et 180 mg assortie d’une période préparatoire de 7 jours à 90 mg/jour ; un patient a reçu 2 x 90 mg/jour.
Nous avons recruté les patients en les répartissant en cinq cohortes, pour la phase 2 : 
Cohorte 1 : patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK, naïfs de traitement avec inhibiteurs de la tyrosine kinase ALK
Cohorte 2 : patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK, recevant un traitement crizotinib 
Cohorte 3 : patients atteints de CPNPC positifs pour le gène EGFRT790M et résistants à un précédent inhibiteur des tyrosine kinases 
Cohorte 4 : patients atteints de cancers avec anomalies s’agissant des cibles du brigatinib
Cohorte 5 : patients atteints de CPNPC n’ayant jamais reçu de crizotinib ou patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK et porteurs de métastases intracraniennes au niveau du Système Nerveux Central (SNC)
L’objectif principal de la phase 2 était la mesure de la proportion de patients présentant une réponse objective.
L’innocuité et l’activité du brigatinib étaient analysées chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude, au cours des deux phases de l’essai.

Entre le 20 septembre 2011 et le 8 juillet 2014, nous avons recruté 137 patients (79 [58%] patients étaient atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK) ; tous étaient sous traitement. Des toxicités limitant la dose administrable étaient observées au cours de l’escalade de dose, incluant des augmentations de l’alanine aminotransférase de grade 3 (240 mg par jour) et des dyspnées de grade 4 (300 mg par jour). Nous avons initialement choisi la dose de 180 mg par jour comme dose à recommander en phase 2 ; cependant, nous avons également évalué deux régimes additionnels (90 mg une fois par jour et 180 mg/jour assortie d’une période préparatoire de 7 jours à 90 mg/jour pendant la période de phase 2 de l’étude. 
Quatre patients (100% [Intervalle de Confiance -IC- 95% 40-100] sur quatre dans la cohorte 1 ont présenté une réponse objective, de même que 31 (74% [58-86]) sur 42 dans cohorte 2, aucun (sur un patient) dans la cohorte 3, trois (17% [4-41]) sur 18 dans la cohorte 4, et cinq (83% [36-100]) sur six dans la cohorte 5.
51 patients (72% [60-82]) sur 71 atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK, ayant précédemment reçu un traitement au crizotinib ont présenté une réponse objective ; de ceux-là, 44 d’entre eux ont présenté une réponse objective confirmée [62% (50-73)].
La totalité des huit patients naïfs de traitement au crizotinib atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK ont présenté une réponse objective (100% [63-100]). Trois (50% [IC 95% 12-88]) patients sur six de la cohorte 5 ont présenté une réponse intracranienne.
L’évènement indésirable de grade 3-4 dû au traitement le plus communément rencontré était concentration en lipase augmentée, à toutes doses de traitement confondues (12 [9%] patients sur 137), dyspnée (huit [6%]), et hypertension (sept [5%]). Des évènements indésirables graves dus au traitement (progression de la néoplasie exceptée) ont été rapportés chez au moins 5% de tous les patients, ils comprenaient dyspnée (dix [7%]), pneumonie (neuf [7%]), et hypoxie (sept [5%]). 16 (12%) patients sont décédés au cours des traitements ou dans les 31 jours suivant la dernière dose de brigatinib administrée, incluant huit patients décédant du fait d’une progression de la néoplasie.

Le brigatinib présente une activité clinique prometteuse avec un profil d’innocuité acceptable chez les patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK qu’ils aient été préalablement traités au crozotinib ou non. Ces résultats sont un appui pour un développement futur comme option de traitement nouvelle chez des patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK avancé. In essai de phase 2 randomisé chez des patients atteints de CPNPC avec remaniement du gène ALK résistants au crizotinib, évaluant l’innocuité et l’efficacité de deux régimes de doses, est toujours en cours d’étude de phase 2 (90 mg une fois par jour et 180 mg une fois par jour avec période préparatoire de 7 jours à 90 mg par jour). Dr Scott N. Gettinger, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 7 novembre 2016

Financement : ARIAD Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ     

lundi 22 février 2016

#thelancetoncology #CBNPC #anorexie #cachexie #ghreline #anamoreline Anamoreline chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites celles et cachexie (ROMANA 1 et ROMANA 2) : résultats de deux essais de phase 3 randomisés en double – aveugle

Source: http://www.revmed.ch/rms/2000/RMS-2323/20886
Les patients atteints de cancer à un stade avancé sont souvent également atteints d’anorexie et de cachexie associées à une diminution de la prise alimentaire, et d'autres altérations constitutionnelles et fonctionnelles. Nous avons étudié l’effet de l'anamoreline - un agoniste du récepteur à la ghreline de mise en évidence récente - sur l’état cachectique chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules et de cachexie.

ROMANA 1 et ROMANA 2 sont deux essais de phase 3 randomisés en double-aveugle et contrôlés par placebo qui ont été réalisés dans 93 sites situés dans 19 pays. Les patients, atteints de cancer du poumon de stade III ou de stade IV non opérable et de cachexie (définie comme une perte de 5% et plus du poids corporel en six mois ou un Indice de Masse Corporelle inférieure à 20 kg/m2) ont été répartis de manière aléatoire 2:1 pour recevoir de l’anamoreline à raison de 100 mg / jour per os ou le placebo, selon un schéma de randomisation généré par ordinateur, stratifié par région géographique, statut de traitement du cancer, et perte de poids au cours des 6 mois précédents. Les critères principaux d’évaluation d’égale importance étaient représentés par les médiane de changement en masse maigre et en force de la poigne, mesurés chez tous les participants à l’étude (population en intention-de-traiter). Les deux essais sont maintenant achevés (…).

Du 8 juillet 2011 au 28 janvier 2014, 484 patients ont été recrutés pour inclusion dans l’essai ROMANA 1 (323 pour recevoir l’anamoreline, 161 pour recevoir le placebo) ; et, du 14 juillet 2011 au 31 octobre 2013, 495 patients ont été recrutés ont été recrutés pour inclusion dans l’essai ROMANA 2 (330 pour recevoir l’anamoreline, 165 pour recevoir le placebo). Sur 12 semaines, la masse maigre a augmenté chez les patients recevant l’anamoreline en comparaison de ceux recevant le placebo dans l’essai ROMANA 1 (médiane d’augmentation 0.99 kg [Intervalle de Confiance -IC- 95% de 0.61 à 1.36] versus - 0.47 kg [de -1.00 à 0.21], p<0.0001) et ROMANA 2 (0.65 kg [de 0.38 à 0.91] versus –0.98 kg [de -1.49 à – 0.41], p<0.0001). Nous n’avons noté aucune différence en force de poigne dans l’essai ROMANA 1 (-1.10 kg [de -1.69 à -0.40] versus -1.58 kg [de -2.99 à -1.14], p=0.15) ou ROMANA 2 (de -1.49 kg [de -2.06 à -0.58] versus -0.95 kg [de -1.56 à 0.04], p=0.65). Il  n’y a pas eu de différence en termes d’évènements indésirables graves de grade 3-4 entre les groupes d’études ; les évènements indésirables de grade 3-4 les plus fréquents étant hyperglycémie, survenue chez un (<1%) patient sur 320 recevant anamoreline dans l’essai ROMANA 1 et chez quatre (1%) patients sur 330 recevant anamoreline dans l’essai ROMANA 2.

L’anamoreline a augmenté significativement la masse maigre, mais pas la force de poigne, chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules. Du fait des besoins non satisfaits en termes de traitement contre la cachexie, l’anamoreline pourrait représenter une option de traitement chez les patients cancéreux atteints d’anorexie et de cachexie. Dr Jennifer S Temmel, MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 19 février 2016

Financement : Helsinn Therapeutics

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 8 février 2016

#thelancetoncology #cancerdupoumon #CBNPC #anticorps #PD-L1 #CTLA-4 #durvalumab #tremelimumab Sécurité et activité antitumorale de durvalumab plus tremelimumab dans le cancer du poumon non à petites cellules : étude multicentrique de phase 1b

Source:http://www.planetesante.ch/Mag-sante/Cancer/De-tous-les-cancers-celui-du-poumon-est-le-plus-mortel

Les points de contrôle immunitaire PD-L1 et CTLA-4 inhibent l’activité antitumorale des cellules T. Le traitement combiné constitué de les anticorps anti-PD-L1 durvalumab et anti-CTLA-4 tremelimumab pourrait montrer une activité antitumorale plus importante que chacun des médicaments administré seul. Ainsi, notre but était d’évaluer l’effet de l’administration de durvalumab plus tremelimumab chez des patients atteints de cancer non à petites cellules avancé, squameux ou non squameux.

Nous avons effectué une étude multicentrique ouverte de phase 1b dans cinq centres de cancérologie situés aux États-Unis. Nous avons recruté des patients âgés de 18 ans et plus, atteint de CBNPC* localement avancé ou métastasé. Nous avons administré aux patients le durvalumab à des doses de 3 mg/kg, 10 mg/kg, 15 mg/kg, ou 20 mg/kg toutes les 4 semaines, ou 10 mg/kg toutes les 2 semaines, et du tremelimumab à des doses de 1 mg/kg, 3 mg/kg, ou 10 mg/kg toutes les 4 semaines pour ce qui est des six premières doses doses, puis toutes les 12 semaines pour ce qui est des trois doses suivantes administrées. Le critère principal d’évaluation de cette étude à méthodologie d’augmentation des doses était la sécurité de l’essai. Les analyses de sécurité étaient basés sur la population de patients traités. La phase d’expansion de doses de l’étude est toujours en cours.

Entre le 28 octobre 2013 et le 1er avril 2015, 102 patients ont été recrutés dans la phase d’augmentation de dose et reçu un traitement. Au moment de la présente analyse (1er juin 2015), la durée médiane de suivi était de 18.8 semaines (Intervalle Interquartile [IQR] 11-33). La dose maximale tolérée était dépassée dans la cohorte recevant durvalumab 20 mg/kg toutes les 4 semaines plus tremelimumab 3 mg/kg, avec deux (30%) patients sur six présentant une toxicité limitant la dose (un cas d’augmentation de grade 3 de l’aspartate aminotransférase et de l’alanine aminotransférase et un cas d’augmentation de grade 4 de la lipase). Les évènements indésirables de grade 3 et de grade 4 liés au traitement étaient diarrhée (11 [11%]), colite (neuf [9%]), et lipase augmentée (huit [8%]). Les évènements indésirables menant à une interruption du traitement sont survenus chez 29 (28%) patients sur 102. Les évènements indésirables graves dus au traitement sont survenus chez 37 (36%) patients sur 102. 22 patients sont décédés au cours de l’étude, et trois décès étaient liés au traitement. Les décès liés au traitement étaient dus à des complications résultant d’une myasthénie grave (durvalumab 10 mg/kg toutes les 4 semaines plus tremelimumab 1 mg/kg), épanchement péricardique (durvalumab 20 mg/kg toutes les 4 semaines plus tremelimumab 1 mg/kg), et trouble neuromusculaire (durvalumab 20 mg/kg toutes les 4 semaines plus tremelimumab 3mg/kg).
Une preuve d’activité clinique a été notée à la fois chez des patients présentent des tumeurs PD-L1 positives et PD-L1 négatives. Des réponses objectives rapportées par les investigateurs ont été obtenues chez six (23%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 9-44) patients sur 26 dans la cohorte combinée sous tremelimumab 1 mg/kg, comprenant deux (22%, IC 95% 3-60) patients sur les neuf porteurs de tumeurs PD-L1 positives et quatre (29%, IC 95% 8-58) des neuf patients porteurs de tumeurs PD-L1 négatives, incluant ceux des patients sans détermination PD-L1 (quatre [40%, IC 95% 12-74] patients sur dix).

Le durvalumab 20 mg/kg toutes les 4 semaines plus tremelimumab 1 mg/kg a montré un profil de tolérance gérable, avec une activité antitumorale indépendamment du status PD-L1, et a ainsi été sélectionné à cette dose pour des études de phase 3, qui sont toujours en cours. Prof Scott Antonia, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 5 février 2016

Financement : MedImmune

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

lundi 15 septembre 2014

Utilisation de la radiothérapie thoracique pour traitement du cancer du poumon à petites cellules étendu : étude de phase 3 randomisée contrôlée

Histologie du cancer du poumon à l'aide d'une coloration standard utilisée en anatomo - pathologie. La partie droite de la diapositive montre du tissu cancéreux avec de gros noyaux cellulaires, en noir. La partie gauche montre des cellules ayant les mêmes caractéristiques. Le prélèvement a été obtenu par aspiration bronchique locale, à gauche et grâce à la pince à biopsie.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/cancer/dossiers/cancer-du-poumon
La plupart des patients atteints de cancer du poumon à petites cellules étendu (CPPC) placés à la fois sous chimiothérapie et sous irradiation crânienne prophylactique, voient leur pathologie intra thoracique persister. Nous avons évalué le traitement par radiothérapie thoracique chez ces patients regroupés.

Nous avons effectué cette étude de phase 3 randomisée contrôlée dans 42 hôpitaux : 16 aux Pays – Bas, 22 au Royaume – Uni, trois en Norvège, et un en Belgique. Nous avons recruté des patients présentant un indice de performance de 0-2 selon d’échelle de l’OMS et avec CPPC étendu qui répondaient à la chimiothérapie. Ils ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir soit une radiothérapie thoracique (à raison de 30 Gy en 10 fractions) ou ne pas recevoir de radiothérapie thoracique. Tous les patients ont reçu une irradiation crânienne prophylactique. Le critère principal d’évaluation était la survie globale à un an dans la population en intention de traiter. Les critères secondaires d’évaluation comprenaient notamment la survie sans progression de la maladie (Progression Free Survival PFS dans le texte original) (…).

Nous avons réparti de manière aléatoire 498 patients entre le 18 février 2009 et le 21 décembre 2012. Trois patients ont retiré leur consentement, laissant 247 patients dans le groupe radiothérapie thoracique et 248 dans le groupe de contrôle. L’intervalle moyen entre le diagnostic et la randomisation était de 17 semaines. La durée médiane de suivi était de 24 mois. La survie globale à un an n’était pas significativement différente entre les deux groupes : 33% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 27-39) pour le groupe radiothérapie thoracique versus 28% (IC 95% 22 – 34) pour le groupe de contrôle (hazard ratio [HR] 0.84, IC 95% 0.69 – 1.01 ; p=0.066). Cependant, en seconde analyse, la survie globale à deux ans était de 13% (IC 95% 9-19) versus 3% (IC 95% 2-8 ; p=0.004). La progression de la maladie était moins manifeste dans le groupe radiothérapie thoracique que dans le groupe de contrôle (HR 0.73, IC 95% 0.61 – 0.87 ; p=0.001). A 6 mois, la PFS était de 24% (IC 95% 19-30) versus 7% (IC 95% 4-11 ; p=0.001). Nous n’avons noté aucun effet toxique sévère. Les effets toxiques de grade 3 les plus fréquemment rencontrés étaient fatigue (11 versus 9) et dyspnée (trois versus quatre).

La radiothérapie thoracique, associée à une irradiation crânienne prophylactique devrait être prise en considération chez tous les patients atteints de CPPC étendu répondant à la chimiothérapie. Ben J Slotman MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 14 septembre 2014

Financement: Dutch Cancer Society (CKTO), Dutch Lung Cancer Research Group, Cancer Research UK, Manchester Academic Health Science Centre Trials Coordination Unit, and the UK National Cancer Research Network.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mercredi 11 mai 2011

Cancer du poumon à petites cellules

L'incidence et la mortalité par cancer du poumon à petites cellules à travers le monde représentent des questions notables de santé publique. Les diagnostics reposent sur l'histologie, avec usage d'études d'immunohistochimie pour confirmer les cas difficiles. Les patients typiques sont des hommes de plus de 70 ans, fumeurs ou anciens gros fumeurs, également atteints d'autres pathologies pulmonaires ou cardiovasculaires. Les patients présentent souvent des symptômes à développement rapide, dû à la croissance de la tumeur intrathoracique, son extension extrapulmonaire à distance, l'appartion de syndromes paranéoplasiques ou une combinaison de ces caractéristiques. Des chimiothérapies combinées, généralement à base de platine avec etoposide ou irinotecan sont généralement appliquées en traitement de première intention pour le cancer du poumon à petites cellules métastatique. Pour le cancer non métastatique, des données soutiennent l'application simultanée d'une radiothérapie thoracique. L'irradiation du crâne en prophylaxie est prise en compte chez les patients avec ou sans métastases, dont la maladie ne progresse pas, après chimiothérapie d'induction et radiothérapie. Malgré un taux élevé de réponses au traitement intitial, la plupart des patients rechutent. A part le topotecan, il reste alors peu d'options de traitement. Des voies de signalisation ont été identifiées, qui pourraient mener à de nouvelles cibles pour le développement de nouveaux médicaments. Prof Jan P Meerbeeck CMO et al, in The Lancet, Early Online Publication, 11 May 2011.

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ