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jeudi 17 décembre 2015

#thelancethaematology #leucémie-GLG-T #alemtuzumab Alemtuzumab pour traitement de la leucémie à grands lymphocytes granuleux T : résultats intermédiaires d’une étude de phase 2 ouverte à une seule branche

Les cellules T d'un patient atteint de leucémie
Source iconographique et légendaire: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2014/05/28/003-traitement-leucemie-percee-canadienne.shtml
La leucémie à grands lymphocytes granuleux T (GLG T) est une maladie lymphoproliférative présentant des cytopénies à médiation immune et qui est caractérisée par une expansion clonale de lymphocytes CD3+ CD8+ cytotoxiques. L’utilisation du méthotrexate, de la ciclosporine, ou du cyclophosphamide comme premier traitement améliore les cytopénies chez 50% des patients, mais leur utilisation à long terme peut induire des effets toxiques. Notre but était d’explorer l’activité et l’innocuité de l’alemtuzumab, un anticorps monoclonal anti-CD52, chez des patients atteints de leucémie à GLG T.

Dans cette étude de phase 2 à une seule branche, nous avons recruté de manière consécutive des adultes atteints de leucémie à GLG T confiés au National Institute of Health de Bethesda, MD, USA. L’Alemtuzumab était administré par voie intraveineuse à raison de 10 mg / jour pendant 10 jours. Le résultat principal enregistré était la réponse hématologique 3 mois après perfusion. La réponse complète était définie comme la normalisation de toutes les lignées cellulaires affectées, et la réponse partielle était définie chez les patients neutropéniques par une augmentation de 100% dans le nombre absolu dans le compte absolu de neutrophiles jusqu’à 5 x 108 cellules par L ; et, chez les patients présentant de l’anémie, toute augmentation de concentration en hémoglobine de 20 g/L ou plus, observée dans au moins deux échantillons pris à 1 semaine d’intervalle, et maintenue pendant un mois ou plus sans adjonction de facteur de croissance exogènes en support ou transfusion additionnelle. L’analyse a été effectuée sur population en intention de traiter. Nos rapportons des résultats extraits de première étape de cet essai suivant une méthodologie de Simon en deux étapes ; le recrutement des patients pour la deuxième étape de l’étude est en cours. (…).

Entre le 1er octobre 2006 et le 1er mars 2015, nous avons recruté 25 patients atteints de leucémie à GLG T. 14 patients (56% ; Intervalle de Confiance [IC] 35 – 76) ont présenté une réponse hématologique à 3 mois. Quatre patients atteints de syndrome myélodysplasique et qui avaient reçu une transplantation de cellules souches hématopoïétiques présentaient soit zéro réponse, soit n’étaient pas évaluables ; 14 (74% [49-91]) des 19 patients atteints de leucémie à GLG T classique ont répondu. Tous les patients ont présenté une réaction à la perfusion (24 [96%] patients ont présenté une réaction de grade 1-2, un [4%] patient une réaction de grade 3) (…). Tous les patients ont développé une lymphopénie, avec 22 (88%) patients présentant des lymphopénies de grade 3 ou de grade 4. Les évènements indésirables de grade 3 ou de grade 4 les plus communs étaient leucopénie (huit [32%]) et infections neutropéniques (cinq [20%]). Sept patients sont décédés ; tous ceux-là étaient des non – répondeurs.

Cette étude est la plus importante et la seule étude prospective sur l’alemtuzumab chez des patients atteints de leucémie à GLG T. L’activité rapportée à l’occasion de l’administration d’un médicament lymphocytotoxique chez des patients principalement atteints de maladie en rechute ou réfractaire suggère que la réponse hématologique peut être obtenue sans utilisation continue d’immunosuppression orale. Bogdan Dimitriu, MD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 16 décembre 2015

Financement : National Heart, Lung, and Blood Institute.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 30 novembre 2015

#thelancet #dermatomyosite #prednisone #ciclosporine #methotrexate Prednisone versus prednisone plus ciclosporine versus prednisone plus methotrexate en cas de dermatomyosite juvénile d’apparition récente : essai randomisé

Les myosites inflammatoires de l’enfant sont rares et comportent essentiellement la dermatomyosite juvénile (DMJ) (85 % des cas) et, plus rarement, une myosite de chevauchement (3-10 %) ou une polymyosite (2-5 %). L’atteinte cutanée présente dans la grande majorité des cas est l’élément clé pour orienter le diagnostic. La prise en charge de ces pathologies est multidisciplinaire et souvent difficile.
Source iconographique et légendaire: http://www.pediatrie-pratique.com/journal/article/005198-myosites-inflammatoires-de-lenfant-quand-evoquer-le-diagnostic
La plupart des données relatives au traitement de la dermatomyosite et de la dermatomyosite juvénile sont recueillies dans le cadre de quelques séries de cas non randomisés, anecdotiques. Notre but était de comparer, l’efficacité et la sécurité de la prednisone seule avec celle de la prednisone + [methotrexate ou ciclosporine] chez des enfants atteints de dermatomyosite juvénile d’apparition récente.  

Nous avons effectué un essai randomisé dans 54 centres situés dans 22 pays. Nous avons recruté des patients âgés de 18 ans au plus atteints de dermatomyosite juvénile d’apparition récente qui n’avaient reçu aucun traitement au préalable et qui ne présentaient aucune ulcération cutanée ou gastrointestinale. Nous avons répartis 139 patients de manière aléatoire par l’intermédiaire d’un système informatique centralisé pour recevoir soit de la prednisone seule ou de la predisone en combinaison avec [ciclosporine ou methotrexate]. À la fois les patients et les investigateurs avaient accès au tableau de randomisation. Les paramètres d’évaluation principaux étaient la proportion de patients atteignant le niveau PRINTO 20 d’amélioration de leur maladie (amélioration de trois des six variables essentielles à 6 mois), le temps écoulé jusqu’à rémission sur le plan clinique, et délai d’échec du traitement. Nous avons comparé les trois groupes de traitement à l’aide du test Krukalski-Wallis et du test de Friedman, et avons analysé les données de survie à l’aide des courbes de Kaplan-Meier et d’un test logarithmique par rangs. L’analyse a été effectuée par intention de traiter. Ici, nous présentons les résultats après au moins deux ans de traitement (phases d’induction et phase de maintien). (…).

Entre le 31 mai 2006 et le 12 novembre 2010, 47 patients ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir la prednisone seule, 46 pour recevoir prednisone + ciclosporine, et 46 pour recevoir prednisone + methotrexate. La durée médiane de suivi était de 35.5 mois. Au 6ème mois, 24 (51%) des 47 patients recevant la prednisone seule, 32 (70%) des 46 patients recevant predinsone + ciclosporine, et 33 (72%) des 46 patients recevant prednisone + methotrexate avaient atteint le niveau PRINTO 20 d’amélioration (p=0.0228). 
La médiane de temps écoulé jusqu’à rémission clinique était de 41.9 mois chez les patients recevant prednisone + méthotrexate, mais n’était pas observable dans les deux autres groupes de traitement (augmentation de 2.45 fois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 1.2-5.0] sous prednisone + methotrexate ; p=0.012). 
La médiane de délai d’échec au traitement était de 16.7 mois chez les patients recevant la prednisone seule, de 53.3 mois chez les patients recevant prednisone + ciclosporin, et non observable chez les patients randomisés sous prednisone + methotrexate (augmentation de 1.95 fois [IC 95% 1.20-3.15] avec prednisone ; p=0.009). 
La médiane de temps s’écoulant jusqu’à interruption du traitement avec prednisone était de 35.8 mois avec prednisone seule en comparaison des 29.4-29.7 mois dans les groupes de combinaison (p=0.002). 
Une proportion significativement plus élevée de patients recevant prednisone + ciclosporine présentaient des évènements indésirables affectant la peau et les tissus sous-cutanés, le système gastrointestinal, et des troubles d’ordre général. Les infections et infestations (parasitaires) étaient significativement augmentées chez les patients recevant prednisone + ciclosporine et prednisone + methotrexate. Aucun patient n’est décédé au cours de l’étude.

Le traitement combiné prednisone + [prednisone ou ciclosporine] s’est montré plus efficace que la prednisone seule. Le profil de sécurité, ainsi que l’effet d’épargne important des stéroïdes est en faveur de la combinaison de prednisone + methotrexate.   Dr Nicolino Ruperto, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 29 novembre 2015

Financement : Italian Agency of Drug Evaluation, Istituto Giannina Gaslini (Genoa, Italy), Myositis Association (USA).

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ