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jeudi 9 avril 2020

#thelancetinfectiousdiseases #plasmodiumfalciparum #plasmodiumvivax #paludisme Association entre proportion d’infections au Plasmodium falciparum et d’infections au Plasmodium vivax détectées par surveillance passive et ampleur du réservoir asymptomatique au sein d’une population : analyse mutualisée de données couplées entre centre de santé et données communautaires

Micrographie d'une coloration Giemsa (...) en couche mince présentant des trophozoïtes de Plasmodium vivax et Plasmodium falciparum en anneau.
Source iconographique et légendaire: http://www.publicdomainfiles.com/show_file.php?id=13530537617744

Les données relatives aux cas de paludisme collectées passivement sont le fondement sur lequel reposent les prises de décision de politique de prévention des autorités de santé publique. Cependant, du fait de l’existence d’une immunité propre à une population donnée, les infections peuvent ne pas présenter suffisamment de symptômes patents entraînant les personnes à consulter. La compréhension des proportions relatives d’infections à Plasmodium spp (toutes espèces et sous-espèces confondues) dont on s’attend à ce qu’elles soient détectées par les systèmes de santé est cardinale dans un contexte de volonté d’éradication. Le but de cette étude était de déterminer l’association entre la proportion des infections détectées et l’intensité de transmission de Plasmodium facliparum et de Plasmodium vivax dans plusieurs contextes endémiques.

La proportion de personnes impaludées détectée en routine, P(Detect), était dérivé des données couplées d’enquêtes transversales et de données d’impaludation recueillies dans les centres de santé. P(detect) était estimé à l’aide d’un modèle Bayésien dans 431 clusters s’étendant des Amériques à l’Asie et à l’Afrique. L’association entre P(Detect) et prévalence du paludisme était évaluée au fil du temps à l’aide de modèles de régression log-linéaires. Les changements de P(Detect) au fil du temps étaient évalués à l’aide de données en 13 repères temporels sur 2 ans, en Gambie.

La valeur médiane estimée de P(Detect) sur l’ensemble des clusters était de 12.5% (Intervalle Interquartile [IQR] 5.3-25.0) pour P falciparum et de 10.1% pour P vivax ; cette valeur montrait une décroissance quand la valeur estimée log-PCR de prévalence communautaire était en croissance (rapport de cotes ajustés [RC] pour P falciparum 0.63, Intervalle de Confiance [IC] 0.57-0.69 ; RC ajusté pour P vivax 0.52, 0.47-0.57). Les facteurs associés à une augmentation de P(Detect) incluaient une perception plus faible des dimensions de population, une saison à propagation élevée de la maladie, et une récente augmentation (au cours de l’année précédente) en termes d’intensité de propagation de la maladie.

La nombre - en proportion des personnes examinées - de de toutes les infections détectées dans les systèmes de santé augmente une fois que l’intensité de propagation est suffisamment faible. 
La meilleure explication pour P falciparum est la suivante :  une exposition réduite à l’infection mène à des niveaux plus bas de protection immunitaire dans la population, augmentant ce faisant le risque de voir des personnes infectées présenter une pathologie patente et ; de ce fait, aller effectivement consulter. 
Cette explication pourrait également être vraie pour P vivax, mais une compréhension meilleure de la biologie de sa propagation est nécessaire pour pouvoir expliquer la tendance observée. 
Dans un contexte de faible transmission et de pré-élimination, l’accroissement de l’accès aux soins et l’amélioration des comportements de volonté de consulter de la part des personnes infectées conduiront à une proportion augmentée d’infections détectées dans les communautés de populations et pourrait contribuer à stopper plus rapidement la contagion. Gilian Stresman, PhD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 8 avril 2020

Financement : Wellcome Trust

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 23 janvier 2018

#thelancetinfectiousdisease #paludisme #Plasmodiumfalciparum #Plasmodiumvivax Persistance et oscillations de Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax sous-microscopique au fil du temps au Vietnam : étude ouverte de cohorte

En tant que protiste, Plamodium est un encaryote, du phylum Apiccomplexa. La structure cellulaire de cet organisme et celle d'un eucaroyte de manière générale diffèrent en ce que le Plamodium possède des rhoptries et des anneaux polaires près du pôle apical. Ces parasites provoquent la malaria - ou paludisme, maladie qui cause le plus de victimes dans le monde.
Source iconographique et légendaire: Wikipedia, www.universalis.fr   
Une proportion importante d’infections dues à différentes espèces de Plasmodium restent asymptomatiques, présentes en trop faible densité pour être détectables par des techniques standard de diagnostic. L’importance de telles infections asymptomatiques par le plasmodium dans la transmission du paludisme est probablement lié à la durée et à la densité d’exposition au plasmodium. Afin d’explorer la durée des infections asymptomatiques au plasmodium et des changements de densité en parasite au cours du temps, une cohorte de participants infectés aux parasites Plasmodium a été observée sur une période de suivi de 2 années.

Dans cette étude ouverte de cohorte, les habitants de quatre villages situés au Vietnam ont été invités à participer à des enquêtes de référence et des enquêtes sur 3 mois - sur une durée totale de 24 mois au maximum -, incluant la collecte d’échantillons de sang veineux. Les échantillons étaient examinés par lots à l’aide d’un séquençage (u) PCR ultra-sensible (limite inférieure de détection = 22 parasites par mL). Les participants définis comme infectés à l’aide de la technique (u) PCR au cours de ces enquêtes étaient invités à rejoindre une étude prospective de cohorte et à fournir des échantillons de sang tous les mois. Nous avons estimé la persistance des infections à Plasmodium falciparum et de Plasmodium vivax, ainsi que les changements de densité en parasites sur une période d’étude de 24 mois.

Entre le 1er décembre 2013 et le 8 janvier 2016, 356 villageois ont participé aux enquêtes (participation minimale : une enquête ; participation maximale : 22 enquêtes). Les participants à l’étude ont été soumis à 4248 évaluations Upcr (11.9 tests par participant). 1874 (32%) tests sur les 4248 effectués ont révélé une infection au plasmodium ; 679 (36%) tests sur 1 874 ont révélé des monoinfections à P falciparum, 507 (27%) infections à P vivax, et 225 (12%) infections à des espèces indéterminées de Plamodium. La durée médiane d’une infection à P falciparum était de 2 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 1-3) ; après prise en compte de la censuration, les participants avaient une probabilité de 20% de présenter une parasitémie sur une durée de 4 mois au plus. La durée médiane d’une infection à P vivax était de 6 mois (3-9), et les participants avaient une probabilité de 59% de présenter une parasitémie sur une durée de 4 mois ou plus. Les densités de parasites relatives aux infections persistantes étaient oscillantes ; aux infections à très basse densité succédaient des infections à haute densité.

Des infections persistantes et largement asymptomatiques à P vivax et P falciparum sont communes dans cette zone de faible transmission saisonnière du paludisme. Des infections à parasitémie de basse densité peuvent, plus tard, se développer en infections à plus haute densité, susceptibles de contribuer au maintien de l’endémicité du paludisme. Thuy-Nhien Nguyen, PhD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 22 janvier 2018

Financement : The Wellcome Trust, Fondation Bill & Melinda Gates

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ 

lundi 5 octobre 2015

#thelancetinfectiousdiseases #paludisme #malaria #Pfalciparum #Pvivax #artefenomel #artémisine Activité antimalarique de l’artefenomel (OZ439), antimalarique synthétique novateur, chez des patients atteints par le Plasmodium falciparum et le Plasmodium vivax malaria : étude ouverte de phase 2

Le pharmacophore original de l’artémisinine (cycle trioxane à fonction endoperoxyde sert de modèle aux pharmacochimistes pour la synthèse et la découverte de nouveaux antipaludiques.
Source iconographique et légendaire:http://dictionnaire.acadpharm.org/w/images/7/78/R%C3%A9daction-Art%C3%A9misinine.jpg

L’artefenomel est un trioxolane synthétique nouveau présentant des propriétés pharmacocinétiques améliorées en comparaison d’autres médicaments antimalariques avec artémisinine comme pharmacophore. L’artefenomel est généralement bien toléré chez les volontaires lorsqu’administré à des doses allant jusqu’à 1 600 mg et il a été développé comme médicament partenaire dans les traitements combinés. Nous avons étudié l’efficacité, la tolérance, et la pharmacocinétique de l’artefenomel administré à différentes doses chez des patients atteints par la malaria à Plasmodium falciparum ou à Plasmodium vivax.

Cet essai exploratoire de phase 2a, effectué en ouvert, a été réalisé à l’Hôpital des Maladies Tropicales de Bangkok, et au sein de l’Unité de Recherche Shokolo sur la Malaria, en Thaïlande. Des patients adultes, atteints par le paludisme aigu non compliqué à P falciparum et à P vivax ont reçu de l’artefenomel à dose unique administrée per os (200 mg, 400 mg, 800 mg, ou 1 200 mg). La première cohorte a reçu 800 mg. Les tests sur une dose nouvelle d’artefenomel dans une cohorte de patients étaient été décidés après étude de sécurité et d’efficacité effectuée sur une cohorte précédente. Le critère primaire d’évaluation était donné par les valeurs logarithmiques népériennes de réduction des maladies parasitaires par 24 h. Le traitement définitif administré per os à 36 h. (…).

Entre le 24 octobre 2010 et le 25 mai 2012, 82 patients ont été recrutés (20 dans chacune des cohortes 200 mg, 400 mg, et 800 mg, et 21 dans la cohorte 1 200 mg). Un patient a retiré son consentement (avant administration de l’artefenomel) mais il n’y a pas eu d’autres sorties d’étude. Le taux de réduction parasitaire par 24 h s’est échelonné de 0.90 à 1.88 pour P falciparum et de 2.09 à 2.53 pour P vivax. Toutes les doses étaient d’égale efficacité, à la fois pour la malaria à P falciparum et la malaria à P vivax, avec une demi-vie du taux d’élimination des parasites  passant de 4.1 (fourchette de 1.3 à 6.7) à 5.6 h (2.0 à 8.5) pour P falciparum et de 2.3 h (1.2-3.9) à 3.2 h (0.9-15.0) pour P vivax. Les concentrations plasmatiques maximales, proportionnelles à la dose administrée (jusqu’à 800 mg), étaient obtenues à 4h (valeur médiane). L’estimation de la demi-vie d’élimination était de 46-62h. Aucun évènement indésirable grave relié aux médicaments n’a été rapporté ; les autres évènements indésirables étaient généralement d’intensité modérée et réversibles ; avec la plus grande fréquence de prévalence mesurée dans la cohorte 1 200 mg (17 [81%] patients avec au moins un évènement indésirable). Les évènements indésirables les plus fréquemment rapportés étaient une augmentation asymptomatique de la concentration plasmatique en créatine phosphokinase (200 mg, n=5 ; 400 mg, n=3 ; 800 mg, n=1 ; 1 200 mg, n=3).

L’artefenomel est un peroxyde antimalarique nouveau, présentant un bon profil de sécurité, permettant une élimination rapide de la parasitémie à P falciparum et à P vivax. Sa longue demi-vie suggère une utilisation possible comme traitement monodose en combinaison avec d’autres médicaments. Aung Pyae Pyo, MD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 4 octobre 2015

Financement : Fondation Bill  & Melinda Gates, Wellcome Trust, et Département du Développement International du Royaume – Uni

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ