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jeudi 2 septembre 2021

#thelancet #COVID-19 #vaccination #ChAOx1 Réactogénicité et immunogénicité après une deuxième dose tardive ou une troisième dose de ChAdOx1 nCoV-19 au Royaume-Uni : une sous-étude de deux essais contrôlés randomisés (COV001 et COV002)

Proportion de la population mondiale vaccinée contre la COVID-19; en date du 25 août 2021.
Source: https://en.wikipedia.org/wiki/COVID-19_vaccine

 

Les pénuries d'approvisionnement en vaccins COVID-19 suscitent des inquiétudes quant à l'immunité compromise dans certains pays, du fait de l’allongement de l'intervalle entre la première et la deuxième dose. A l'inverse, les pays sans contraintes d'approvisionnement envisagent d'administrer une troisième dose. Nous avons évalué la persistance de l'immunogénicité après une dose unique de ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), l'immunité après un intervalle prolongé (44 à 45 semaines) entre la première et la deuxième dose et la réponse à une troisième dose en tant que rappel administré 28 à 38 semaines après la deuxième dose.

Dans cette sous-étude, des volontaires âgés de 18 à 55 ans inscrits dans l'essai contrôlé de phase 1/2 (COV001) au Royaume-Uni et ayant reçu une dose unique ou deux doses de 5 × 1010 particules virales ont été invités à revenir pour la vaccination. Nous rapportons ici la réactogénicité et l'immunogénicité d'une deuxième dose retardée (44 à 45 semaines après la première dose) ou d'une troisième dose du vaccin (28 à 38 semaines après la deuxième dose). Des données provenant de volontaires âgés de 18 à 55 ans qui ont été inclus dans les essais contrôlés randomisés en simple aveugle de phase 1/2 (COV001) ou de phase 2/3 (COV002) de ChAdOx1 nCoV-19 et qui avaient déjà reçu une dose unique ou deux doses de 5 x 1010 particules virales sont utilisées à des fins de comparaison. Les deux essais COV001 et COV002 sont toujours en cours.(…).

Entre le 11 et le 21 mars 2021, 90 participants ont été inscrits dans la sous-étude de rappel de la troisième dose, dont 80 (89 %) étaient évaluables pour la réactogénicité, 75 (83 %) étaient évaluables pour l'évaluation des anticorps et 15 (17 %) étaient évaluables pour les réponses des lymphocytes T. La cohorte à deux doses comprenait 321 participants qui avaient des données de réactogénicité (avec un intervalle d'amorçage de 8 à 12 semaines : 267 [83 %] sur 321 ; 15 à 25 semaines : 24 [7 %] ; ou 44 à 45 semaines : 30 [9 %]) et 261 qui avaient des données d'immunogénicité (intervalle de 8 à 12 semaines : 115 [44 %] sur 261 ; 15 à 25 semaines : 116 [44 %] ; et 44 à 45 semaines : 30 [11 %]) . L'immunogénicité de 480 participants de la cohorte à dose unique a pu être évaluée jusqu'à 44 à 45 semaines après la vaccination. Les titres d'anticorps après une dose unique mesurés environ 320 jours après la vaccination sont restés supérieurs aux titres mesurés au départ (titre moyen géométrique de 66,00 unités ELISA [UEs ; Intervalle Confiance -IC- à 95 % 47,83–91,08] vs 1,75 UEs [ 1,60-1,93]). 32 participants ont reçu une deuxième dose tardive du vaccin 44 à 45 semaines après la première dose, dont 30 ont été inclus dans les analyses d'immunogénicité et de réactogénicité. Les titres d'anticorps étaient plus élevés 28 jours après la vaccination chez ceux avec un intervalle plus long entre la première et la deuxième dose que pour ceux avec un intervalle court (titre médian d'IgG totales : 923 UE [Intervalle Interquartile -IQR- 525–1764] avec un intervalle de 8 à 12 semaines ; 1860 UE [917-4934] avec un intervalle de 15-25 semaines ; et 3738 UE [1824-6625] avec un intervalle de 44-45 semaines). Parmi les participants qui ont reçu une troisième dose de vaccin, les titres d'anticorps (mesurés chez 73 [81 %] participants pour lesquels des échantillons étaient disponibles) étaient significativement plus élevés 28 jours après une troisième dose (titre médian d'IgG totales : 3746 UE [IQR 2047-6420] ) que 28 jours après une deuxième dose (médiane 1792 UE [IQR 899–4634] ; test des rangs signés de Wilcoxon p = 0,0043). Les réponses des lymphocytes T ont également été amplifiées après une troisième dose (la réponse médiane est passée de 200 unités formatrices de taches [SFU] par million de cellules mononucléées du sang périphérique [PBMC ; IQR 127-389] immédiatement avant la troisième dose à 399 SFU par million de PBMC [314 –662] au jour 28 après la troisième dose ; test des rangs signés de Wilcoxon p = 0,012). La réactogénicité après une deuxième dose tardive ou une troisième dose était inférieure à la réactogénicité après une première dose.

Un intervalle prolongé avant la deuxième dose de ChAdOx1 nCoV-19 entraîne une augmentation des titres d'anticorps. Une troisième dose de ChAdOx1 nCoV-19 induit des anticorps à un niveau qui correspond à une efficacité élevée après la deuxième dose et stimule les réponses des lymphocytes T. Ami Flaxman, DPhil, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 1er septembre 2021

Financement: UK Research and Innovation, Engineering and Physical Sciences Research Council, National Institute for Health Research, Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, National Institute for Health Research Oxford Biomedical Research Centre, Chinese Academy of Medical Sciences Innovation Fund for Medical Science, Thames Valley, South Midlands NIHR Clinical Research Network, AstraZeneca, Wellcome.

Source: The Lancet Online / Préparation post: NZ

lundi 30 août 2021

#thelancetregionalhealth #vaccination #papillomavirus Vaccination quadrivalente contre le virus du papillome humain et hospitalisation pour maladies infectieuses non ciblées : analyse de séries de cas auto-contrôlée en population

 

Virus du Papillome Humain au microscope électronique.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Papillomavirus_humain

Les allégations, attestant d’effets délétères provenant de l’administration de vaccins inactivés ayant des effets délétères sur les maladies infectieuses non ciblées et la mortalité chez les femmes, persistent. La majorité des preuves disponibles proviennent d'Afrique de l'Ouest et reposent sur des études d'observation dont l'interprétation et les implications sont controversées. Les résultats des pays à revenu élevé ont été contradictoires. Nous avons évalué l'association entre un vaccin contre le virus du papillome humain, un vaccin non vivant principalement administré aux femmes préadolescentes, et une maladie infectieuse non ciblée dans un pays à revenu élevé.

Nous avons construit une cohorte nationale de toutes les femmes danoises âgées de 10 à 29 ans entre 2007 et 2016 avec des informations sur le statut de vaccination quadrivalente contre le virus du papillome humain et les contacts hospitaliers pour les maladies infectieuses à l'aide des registres nationaux. Nichés dans cette cohorte, nous avons mené une analyse de séries de cas auto-contrôlées (SCCS) comparant les taux d'hospitalisation au cours d'une période à risque principal de 90 jours suivant la dernière vaccination aux taux de la période de référence avec ajustement pour l'âge et la saison.

Nous avons inclus 853 879 femmes nées au Danemark et âgées de 10 à 29 ans au cours de la période d'étude de 2007 à 2016 dans la cohorte d'étude. Nous avons identifié un total de 65 293 hospitalisations pour maladies infectieuses parmi 50 599 participants ; 46 955 cas parmi 37 003 participants vaccinés pendant le suivi ont été inclus dans l'analyse du SCCS. Il n'y avait pas d'augmentation statistiquement significative du risque d'hospitalisation pour maladie infectieuse au cours de la période de risque principale de 90 jours (rapport de taux 0,92 ; Intervalle de Confiance [IC] 95 % 0,88 à 0,95).

Fait rassurant, notre vaste étude bien contrôlée ne soutient pas que la vaccination contre le virus du papillome humain augmente le risque de maladie infectieuse non ciblée d'une manière cliniquement significative. Bien que notre étude ne fournisse pas de preuves attestant de l'absence d'effets indésirables d'autres vaccins non vivants, elle fournit des preuves contre l'affirmation selon laquelle tous les vaccins non vivants augmentent le risque d'infections hétérologues chez les femmes. Ander Hviid, Anna Laksafoss, dans The Lancet Online, publication en ligne en avant-première, 28 août 2021

Financement : Fondation Novo Nordisk

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ


mercredi 9 juin 2021

#thelancet #COVID-19 #vaccins #épidémiologie #géopolitique #médecinehumanitaire L'épidémiologie, et non la géopolitique, devrait guider les dons de vaccins COVID-19

Représentation de ce que devrait être la campagne de vaccination contre la COVID-19: à l'échelle de la planète toute entière, sans distinction aucune; ni politique, ni géographique TEK IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY

 

Alors que les approvisionnements en vaccins COVID-19 passent de la rareté à l'abondance dans les pays à revenu élevé, comme le Canada, l'UE, les États-Unis et le Royaume-Uni; se tient le sommet du Groupe des Sept (G7) à Cornwall, Royaume-Uni les 11-13 juin 2021. C'est le moment où les dirigeants de ces pays doivent tenir leurs promesses d'envoyer les surplus de vaccins COVID-19 dans les nombreux autres pays où les doses restent rares.

Les dons de vaccins ne sont pas la seule solution au fossé qui s'est creusé entre les pays avec et sans doses suffisantes de vaccins COVID-19. Pourtant, le nombre potentiel de doses de vaccin excédentaires achetées par les pays du G7 est susceptible de se chiffrer en centaines de millions ou plus. Les fabricants de vaccins basés dans ces pays ont également proposé de vendre plus d'un milliard de doses au prix coûtant pour une utilisation à faible -pays à revenu intermédiaire et à revenu intermédiaire (PRFI) en 2021, que les gouvernements du G7 pourraient acheter et donner. Ces approvisionnements sont suffisamment importants pour répondre aux demandes de vaccins à court terme tandis que des investissements sont réalisés dans le transfert de technologie vers les PRFI et dans l'intensification de la fabrication mondiale capacité de vaccins et d'intrants vaccinaux pour répondre au SRAS-CoV-2 et aux futures menaces pandémiques. (…) . Thomas J Bollyky, Christopher J L Murray, Robert C Reiner Jr, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 8 juin 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 25 mars 2021

#thelancet #COVID-19 #doitsdel’homme Droits de l’Homme et accès équitable aux vaccins contre la COVID-19 : mise en place de la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la santé et les Droits de l’Homme

 

Concept d'accessiblité, de priorité et de privilège accordés concernant l'accès aux vaccins contre le Coronavirus.
Copyright: Shutterstock/ eamesBot

Le rapide développement de vaccins contre la COVID-19 sûrs et efficaces représente une réalisation scientifique sans précédent ; il offre la promesse d’un avenir post-pandémie sain. Cependant, l’accès inéquitable aux vaccins altère cette vision optimiste de la situation, nos institutions gouvernementales ayant échoué dans l’anticipation, la prévention ou la réduction de ces inégalités. En date du 21 mars 2021, 78% des 447 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 mises à disposition ont été distribuées dans 10 pays seulement. Presque un quart de la population mondiale pourrait ne pas avoir accès à ces vaccins avant 2022.

En tant que membres de la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la Santé et les Droits de l’Homme nouvellement mise en place, nous sommes consternés du peu d’attention donnée aux droits de l’homme dans les discussions relatives à l’accès aux vaccins contre la COVID-19. Cela doit changer. Sans soutien du principe selon lequel chaque individu possède les mêmes droits à la dignité, à la santé, et aux bénéfices dus au progrès scientifique, notre victoire contre la COVID-19 reste incertaine. Collaborateurs à la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la Santé et les Droits de l’Homme, dans The Lancet, publication en ligne le 24 mars 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online/ Traduction et adaptation : NZ


mardi 21 février 2017

#cell #Zika #infectionparleviruszika #ARNm #vaccin Des vaccins à ARNm modifié protègent contre l’infection par le virus Zika

Un vaccin constitué d'ARNm modifié induit une immunité stérilisante contre le virus Zika tout en diminuant la génération d'anticorps établissant des réactions croisées amplifiant les infections à la dengue
L’émergence des infections par le virus Zika (ZIKV) a sucsité un effort global de développement de vaccins sûrs et efficaces. Nous avons conçu un vaccin à base d’ARNm encapsulé dans une nanoparticule lipidique (LNP) codant pour des gènes structuraux du virus Zika de type sauvage ou muté et avons testé son immunogénécité et son effet protecteur chez la souris. Deux doses d’ARNm modifié sous nanocapsule codant pour des gènes prM-E produisant des pseudo-particules virales ont eu pour résultat des titres d’anticorps hautement neutralisants (environ 1/100 000) protégeant contre ZIKV conférant une immunité stérilisante.
Afin de faire contrepoids à une préoccupation d’ordre théorique relative aux vaccins contre les infections par le virus Zika incluant des anticorps présentant une réaction croisée avec le virus de la dengue (DENV), nous avons fabriqué de l’ARN prM-E modifié codant pour des mutations détruisant l’épitope de la boucle de fusion de la protéine E, structure conservée. Ce variant protège contre ZIKV et diminue la production d’anticorps amplifiant l’infection DENV dans les cellules ou les souris. Un vaccin ARNm modifié peut prévenir contre l’infection par le virus Zika et être adapté, dans le but de réduire le risque de sensibilisation des individus à des expositions subséquentes au DNEV, cela devrait être une préoccupation pertinente sur le plan clinique. Justin M. Richner, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 17 février 2017

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 1 juillet 2015

#thelancet #helicobacterpylori #vaccination #vaccinrecombinant Efficacité, sécurité, et immunogénécité d’un vaccin oral recombinant contre Helicobacter pylori chez des enfants en Chine : un essai de phase 3, randomisé en double – aveugle et contrôlé par placebo

Il existe un rapport entre infection à Helicobacter pylori et ulcère gastroduodénal (J. Robin Warren et Barry J. Marshall, 2005)
Source iconographique et légendaire: http://www.planetesante.ch/Mag-sante/Ma-sante-au-quotidien/Helicobacter-pylori-et-ulcere-de-l-estomac
Helicobacter pylori est l’un des pathogènes gastriques le plus commun, affectant au moins la moitié de la population mondiale ; il est fortement associé à la gastrite, à l’ulcère peptique, à l’adénome gastrique, et au lymphome. Notre but était d’évaluer l’efficacité, la sécurité et l’immunogénécité d’un vaccin recombinant contre H pylori à trois doses  administrables per os chez des enfants, en Chine.

Nous avons effectué cette étude randomisée de phase dans un centre situé dans la région de Ganyu, Province de Jiangsu, Chine. Des enfants en bonne santé, âgés de 6 à 15 ans, exempts d’infection à H pylori passée ou présente, ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’une séquence de randomisation par blocs de dix générée par ordinateur, pour recevoir le vaccin contre H pylori ou le placebo. Ni les participants, ni les accompagnants, ni les investigateurs de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation de l’essai était l’occurrence d’une infection à H pylori dans l’année suivant la vaccination. Nous avons effectué l’analyse dans la population per protocole. (…).

Entre le 2 décembre 2004 et le 19 mars 2005, nous avons assigné 4 464 participants de manière aléatoire au groupe vaccination (n=2232) ou au groupe placebo (n=2232) ; 4 403 (99%) participants ont accompli le programme de vaccination à trois doses et ont été inclus dans l’analyse d’efficacité per protocole. Nous avons étendu la période de suivi jusqu’à trois années supplémentaires. Nous avons enregistré 64 cas d’infection à H pylori au cours de la première année (14 cas sur 2074.3 personnes-années à risque dans le groupe vaccination versus 50 cas sur 2089.6 personnes-années à risque dans le groupe placebo), avec pour résultat une efficacité du vaccin évaluée à 71.8%  (Intervalle de Confiance [IC] 95% 48.2-85.6). 157 (7%) participants du groupe vaccination et 161 (7%) participants du groupe placebo ont rapporté au moins une réaction (évènement indésirable). Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez cinq (<1%) participants du groupe vaccination et sept (<1%) dans le groupe placebo, aucun n’a été imputé à la vaccination.

Le vaccin oral recombinant contre H pylori s’est montré efficace, sûr, et immunogène, lorsqu’administré à des enfants n’ayant jamais été atteints d’infection à H pylori.  Ce vaccin pourrait réduire de manière substantielle l’incidence des infections à H pylori ; cependant, un suivi sur une période plus longue est nécessaire pour confirmer la protection de ce vaccin contre les maladies associées à H pylori. Ming Zeng, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 30 juin 2015

Financement : Chongqing Kangwei biological Technology

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 29 janvier 2015

#thelancetinfectiousdiseases #vaccination #pédiatrie #gastroentérite #rotavirus #RV1 Efficacité d’un vaccin antirotavirus monovalent chez des enfants en bas âge au Malawi après mise en place d’un programme : étude par observation de comparaison avec témoins appariés

Source iconographique: http://www.docteurclic.com/maladie/gastro-enterite-a-rotavirus.aspx
Le rotavirus est la cause principale de gastroentérite sévère chez les enfants en Afrique. Le vaccin antirotavirus humain monovalent (RV1) a été ajouté au calendrier des vaccinations des nourrissons au Malawi en date du 29 octobre 2012. Notre but était d’évaluer l’impact et l’efficacité du vaccin antirotavirus RV1 sur la prévalence de gastroentérite à rotavirus dans les deux ans après son introduction.

Du 1er janvier 2012 au 30 juin 2014, nous avons recruté des enfants de moins de 5 ans admis à l’Hôpital Central Reine Elizabeth (Queen Elizabeth Central Hospital dans le texte) de Blantyre, Malawi, atteints de gastroentérite aigüe. Nous avons dépisté la présence de rotavirus dans les selles de ces enfants à l’aide du test ELISA et avons effectué un génotypage des rotavirus à l’aide de la technique RT-PCR. Nous avons comparé la détection de rotavirus dans avec l’incidence des hospitalisations pour infection à rotavirus chez les enfants du 1er janvier au 30 juin, dans l’année précédent leur vaccination (2012) avec l’incidence des hospitalisations observée au cours de la même période de l’année, au cours des deux années (2013 et 2014) après introduction de la vaccination. Dans la partie comparaison avec témoins appariés de l’étude, nous avons recruté des enfants rotavirus-positifs à partir de la plateforme de surveillance et calculé l’efficacité de la vaccination [égale à un (1) – odd ratio de la vaccination) en comparant les enfants en bas âge atteints de gastroentérite à rotavirus avec les enfants en bas âge détectés rotavirus-négatifs, et avec des enfants de même âge de la communauté et des contrôles du même âge de leur voisinage.

Nous avons recruté 1 431 enfants, chez qui nous avons obtenu 1 417 échantillons de selles. Nous avons détecté la présence de rotavirus chez 79 enfants en bas âge sur 157 (50%) avant vaccination, et avons effectué des comparaisons avec 57 sur 219 (40%) et 52 sur 170 (31%) dans les années suivant l’introduction de la vaccination (p=0.0002). Au cours des six premiers mois de 2012, l’incidence d’admission à l’Hôpital du fait d’une infection à rotavirus était de 269 enfants sur 100 000 en comparaison des admissions comptabilisées au cours de mêmes mois de 2 013 (augmentation de 5.8%, IC 95% de -23.1 à 45.4 ; p=0.73) et de 153 admissions au cours de mêmes mois de 2014 (une diminution de 43.2% par rapport à la période pré-vaccinatoire, 18.0-60.7 ; p=0.003). Nous avons recruté ensuite 118 cas d’infection par le rotavirus pour éligibles pour vaccination (âge médian 8.9 mois, Intervalle Interquartile [IQR] 6.6-11.1), 317 contrôles rotavirus-négatifs (9.4 mois ; 6.9-11.9), et 380 contrôles provenant de la communauté (8.8 mois ; 6.5-11.1). L’efficacité du vaccin pour deux doses de RV1 chez les sujets rotavirus-négatifs était de 64% (IC 95% 24-83) et de 63% chez les sujets contrôles de la communauté. Le point de départ d’efficacité était plus élevée contre le génotype G1 que contre les génotypes G2 et G12.

L’utilisation du RV1 en routine a permis une diminution des admissions à l’Hôpital pour plusieurs génotypes de rotavirus détectés chez des enfants de moins de 5 ans, plus spécialement chez les enfants de moins d’un an. Nos données sont un appui à l’introduction de la vaccination contre le rotavirus, selon le calendrier recommandé par l’OMS, avec une surveillance continue dans les pays à mortalité élevée. Naor Bar-Zeev, PhD et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 28 janvier 2015

Financement: Wellcome Trust, GlaxoSmithKline Biologicals

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ

mardi 26 novembre 2013

Effet du vaccin pneumococcique (Haemophilus Influenzae) conjugué (VPC) utilisant une protéine D (PHiD-CV10) sur les achats d’antimicrobiens des patients en ambulatoire : un essai de phase 3-4 en double – aveugle et randomisé par groupe

Haemophilus influenzae sur milieu de culture au sang
Source iconographique et légendaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Haemophilus_influenzae
Les médicaments antimicrobiens sont fréquemment prescrits chez les enfants pour le traitement des infections du tractus respiratoire comme l’otite, l’amygdalite, la sinusite et la pneumonie. Nous avons étudié l’effet d’un vaccin pneumococcique (Haemophilus Influenzae) conjugué 10-valent utilisant une protéine D (PHiD-CV10 ; Glaxosmithkline) sur les achats d’antimicrobiens.

Dans cet essai de phase 3-4 en double – aveugle et randomisé par groupes, des enfants (âge ≤ 19 mois) ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir le [PHiD-CV10 (52 groupes sur 78)] ou [le vaccin contre l’hépatite B ou A (26 groupes)] selon [un calendrier « trois + un » ou « deux + un » (nourrissons âgés de moins de sept mois)] ou [un calendrier de rattrapage (enfants âgés de 7 à 18 mois)]. L’objectif principal – en termes de résultat à obtenir – du traitement antimicrobien était d’étudier l’efficacité du vaccin par rapport aux prescriptions d’antimicrobiens faites aux patients ambulatoires, recommandés par les directives publiées en matière de traitements contre l’otite aigüe en Finlande, chez des enfants qui avaient reçu au moins une dose du vaccin à l’étude avant l’âge de sept mois. Le suivi en aveugle s’est déroulé à partir de la date de la première vaccination (du 18 février 2009 au 5 octobre 2010) jusqu’au 31 décembre 2011. Nous avons obtenu les données concernant la totalité des antimicrobiens prescrits et achetés par le truchement des registres de l'Institution des Assurances Sociales de Finlande. (…).

Plus de 47 000 enfants ont été recrutés. Chez 30 527 enfants âgés de moins de 7 mois au recrutement, 98 436 achats d’antimicrobiens émanant de patients ambulatoires ont été rapportés, avec une incidence de 1,69 par personne-année chez les groupes de contrôle. L’analyse de l’objectif principal comprenait 91% de touts les achats comptabilisés d’antimicrobiens : 31 982 dans les groupes de contrôle et 57 964 dans les groupes PHiD-CV10. L’efficacité du vaccin était de 8% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 1-14) et la différence des taux d’incidence était de 0,12 par personne-année correspondant au nombre nécessaire à vacciner de 5 (IC 95% 3-67) pour empêcher l’achat au cours des deux années de suivi pour le vaccin combiné PHiD-CV10, pour ce qui est des calendriers des nourrissons trois + un et deux + un. L’efficacité de la vaccination était identique pour les deux calendriers différents des nourrissons. Pour ce qui est des calendriers de rattrapage,  l’efficacité de la vaccination était de 3% (IC 95% -4 à 10).

Malgré les faibles taux relatifs de réduction, les taux absolus de réduction étaient substantiels, du fait de l’incidence importante du résultat. Cette réduction s’est traduite par une baisse de plus de 12 000 achats d’antimicrobiens destinés aux enfants de moins de 24 mois en Finlande (60 000 enfants d’une même génération). Dr Arto A Palmu MD et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant - première, 26 novembre 2013

Financement : GlaxoSmithKline Biologicals SA et Institut National pour la Santé et le Bien – Être de Finlande

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 24 avril 2012

Evaluation de la réalisation des objectifs de réduction de la mortalité due à la rougeole

Vaccination contre la rougeole. Les cellules infectées par le virus recombinant synthétisent une protéine d'enveloppe (HR ou F du virus de la rougeole, les antigènes apparaissent en jaune) autour de la surface des cellules.
Source iconographique et légendaire:  http://www.inserm.fr/thematiques/microbiologie-et-maladies-infectieuses/dossiers-d-information/vaccins-et-vaccination
En 2008, tous les états membres de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont entériné l'objectif d'une réduction de 90% de la mortalité due à la rougeole à l'horizon 2010, par rapport aux niveaux de 2000. Nous avons développé un modèle, afin d'estimer le chemin parcouru dans l'atteinte de cet objectif.

Nous avons construit un modèle d'espace - état, à l'aide des estimations en termes de couverture vaccinale et de population contrôlée; pour estimer le nombre de cas de rougeole par an et par classe d'âge. Nous avons évalué la mortalité, en tenant compte des taux globaux de létalité, spécifiques à l'âge et au pays, et en rapportant ces chiffres au nombre de cas relevés par classe d'âge échantillonnée par pays.

La mortalité globale estimée, due à la rougeole, à baissé de 74% - de 535 000 décès (IC à 95%: 347 000 - 447 800) en 2000 à 139 000 (71200 - 447 800) en 2010. La mortalité par rougeole a baissé de plus de 75% dans toutes les régions couvertes par l'OMS; sauf dans la région Sud-Est Asiatique. L'Inde a comptabilisé à elle seule 74% des décès imputables à la rougeole en 2010, la région Afrique comptabilisant 36% du nombre de décès observés, pour la même cause.

Malgré les rapides progrès réalisés dans le contrôle de la rougeole entre 2000 et 2007; le retard dans la mise en place du contrôle accéléré de la maladie en Inde, ainsi que sa persistance en Afrique, a plombé l'élan vers la réalisation des objectifs de réduction de mortalité par rougeole pour 2010. Des mesures de contrôle intensifié et des engagements politiques et financiers réaffirmés sont nécessaires pour atteindre la cible affichée de réduction de la mortalité; et pour jeter les bases de la future éradication complète de la rougeole. Emiliy Simons MPH et al, in The Lancet, Early Online Publication, 24 April 2012

Financement: Centre pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (USA)
Mise en oeuvre: OMS

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ