Total des pages vues

mercredi 30 septembre 2020

#Cell #crohn #microbioteintestinal #tissuadipeux Translocation du Microbiote Intestinal Viable vers le Tissu Adipeux Mésentérique Entraîne la Formation de Graisse Rampante chez les Humains

 

Healthu ileum = Iléon sain
Crohn's disease ileum = Iléon atteint par la maladie de Crohn
Mesenteric adipose = Tissu adipeux mésentérique
Creeping fat = Graisse rampante

Une caractéristique mystérieuse de la maladie de Crohn (CD) est la présence extra-intestinale de « graisse rampante » (CrF) ; il s’agit de l’expansion du tissu adipeux mésentérique autour d’un intestin fibreux enflammé. Dans la présente étude, nous cherchons à définir si la translocation microbienne dans le cas d’une CD représente un indice de développement de la CrF. Nous avons découvert une échantillon bactérien associé à la muqueuse intestinale qui est transloqué en permanence, tout en restant viable dans la CrF présente dans la résection de CD iléale ; et avons identifié Clostridium innocuum comme signature de ce regroupement, avec des variations selon les souches observées entre les prélèvements muqueux et adipeux, suggérant une préférence pour les milieux riches en lipides. Le séquençage ARN sur cellule unique a permis de caractériser la CrF comme pro-fibrotique et pro-adipogénique avec un milieu riche en cellules immunes répondant aux stimuli microbiens, ce que nous confirmons chez la souris gnotobiotique colonisée avec C. innocuum. La validation ex vivo de ces profils d’expression suggère que C. innocuum stimule le remodelage tissulaire via les macrophages M2, menant à un tissu adipeux jouant un rôle barrière contre la dissémination systémique des bactéries. Connie W.Y. Ha, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 28 septembre 2020

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ


lundi 28 septembre 2020

#thelancetchildandadolescenthealth #tabagisme #adolescent #varenicline Varenicline à dose élevée et à faible dose pour la cessation du tabagisme chez les adolescents : essai randomisé, contrôlé par placebo

Le paquet neutre changerait la perception qu'ont les jeunes du tabac.
Source: https://fr.vapingpost.com/le-paquet-neutre-changerait-la-perception-quont-les-jeunes-du-tabac/


Bien que la consommation de cigarettes à tabac combustible (cigarettes classiques) commence dès l’adolescence, les évidences de succès d’une cessation du tabagisme dans cette population restent rare. Chez les fumeurs adultes, la varenicline est la monothérapie pharmacologique la plus efficace. Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de la varenicline pour la cessation du tabagisme chez les adolescents.

Nous avons réalisé un essai randomisé, contrôlé par placebo chez des fumeurs adolescents âgés de 12 à 19 ans inclus, cherchant un traitement pour cesser de fumer dans 57 centres de consultation en ambulatoire (situés aux États-Unis, Russie, Corée du Sud, Taïwan, Canada et Géorgie). Les participants étaient répartis de manière aléatoire (1:1:1) pour recevoir de la varenicline à haute dose (1 mg deux fois par jour ; 0.5 mg deux fois par jour si poids corporel 55 kg), varenicline à faible dose (0.5 mg deux fois par jour ; 0.5 mg une fois par jour si poids corporel 55 kg), ou le placebo pendant 12 semaines; puis, soumis à suivi médical pendant 40 semaines supplémentaires. À chaque visite, les participants recevaient des conseils sur mesure en matière de cessation de leur tabagisme (durée < 10 minutes par session) prodigués par un conseiller formé tout spécialement à cet effet. Le critère principal d’efficacité était la constatation d’une abstinence de consommation de tabac combustible de la semaine 9 à la semaine 12, évaluée par un dispositif de mesure de la consommation de nicotine confirmée par détection de la nicotine urinaire. Le critère principal de tolérance était la fréquence des évènements indésirables apparaissant sous traitement, y compris évènements indésirables neuropsychiatriques, survenant après la première dose de médicament administrée et dans les 30 jours suivant la dernière dose de médicament administrée. (…).

Entre le 26  avril 2011 et le 18 janvier 2018, 312 participants ont été recrutés pour participer à l’étude : 109 dans le groupe varenicline à dose élevée, 103 dans le groupe varenicline à faible dose, et 100 dans le groupe placebo. Le taux d’abstinence continue de la semaine 9 à la semaine 12 était de 20% (22 sujets sur 109) dans le groupe varenicline à dose élevée, 27% (28 sujets sur 103) dans le groupe varenicline à faible dose, et 18% (18 sujets sur 100) dans le groupe placebo. Les taux d’abstinence entre les groupe varenicline à dose élevée et placebo (odds ratio [OR] 1.18 [Intervalle de Confiance -IC- 0.59-2.37] ; p=0.63) et entre les groupes varenicline à faible dose et placebo (1.73 [0.88-3.39] ; p=0.11) n’ont pas différé de manière significative. Les évènements indésirables apparaissant sous traitement sont survenus chez 65 (60%) participants sur 108 dans le groupe à haute dose, chez 53 (53%) participants sur 100 dans le groupe à faible dose, et 52 (53%) participants du groupe placebo, la plupart d’entre eux ont été déclarés bénins. Les évènements indésirables neuropsychiatriques apparaissant sous traitement sons survenus chez 18 (17%) participants sur les 108 appartenant au groupe à dose élevée, 11 (11%) participants sur les 100 du groupe à faible dose, et 12 (12%) participants sur 99 dans le groupe placebo, aucun d’entre eux n’a été déclaré sévère.

Cet essai ne montre pas d’avantages en termes d’abstinence sous traitement varenicline en comparaison du placebo chez les fumeurs adolescents. Les taux d’évènements indésirables apparaissant au cours du traitement se sont révélés similaires aux essais précédents réalisés sur des populations de fumeurs adultes, ne faisant pas apparaître de nouveaux signaux relatifs à la tolérance. Ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation de la varenicline comme pharmacothérapie de première intention pour la cessation du tabagisme chez les adolescents. Prof Kevin M Gray, MD, et al, dans The Lancet Child & Adolescent Health, publication en ligne en avant-première, 24 septembre 2020

Financement : Pfizer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 25 septembre 2020

#thelancetinfectiousdiseases #SARSCoV2 #testdedétection Mesures comparatives de l’efficacité de cinq tests de détection immunologique des infections par le SARS-CoV-2 : comparaison au coude-à-coude avec la référence


Nombre de cas de COVID-19 détectés en date du 23 septembre 2020, au Royaume - Uni et en France, respectivement.
Source: Wikipedia
 


Le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) a causé une pandémie globale en 2020. Le dépistage est crucial pour atténuer ses effets sur la santé publique et l’économie. Les tests sérologiques est considérée comme une action clé dans la surveillance au niveau de la population ainsi que pour l’évaluation du risque au niveau individuel. Cependant, la fiabilité des essais immunologiques n’ont pas été comparés sur des échantillons de grande taille et similaires dans leur constitution. Notre but était de poursuivre des investigations s’agissant de la performance de nos essais immunologiques commerciaux sur automate à grande capacité réalisé avec anticorps SARS-CoV-2 et le nouveau test microplaques ELISA 384 puits.

Nous avons réalisé une évaluation au coude  - à - coude de l’essai SARS-Cov-2 Ig (Abbott, Chicago, IL, USA), de l’essai LIAISON SARS-CoV-2 S1/S2 IgG (DiaSorin, Saluggia, Italie), de l’essai Elecsys Anti-SARS-CoV-2 (Roche, Bâle, Suisse), l’essai SARS-CoV-2 Total (Siemens, Münich, Allemagne), et un nouveau test ELISA 384 puits (essai immunologique OXFORD). Nous avons dérivé sensibilité et spécificité à partir de 976 échantillons pré-pandémiques de sang (collectés entre le 4 septembre 2014, et le 4 octobre 2016) et 536 échantillons de sang de patients avec confirmation d’une infection au SARS-CoV-2, collectés au moins 20 jours après apparition des symptômes (collectés entre le 1er février 2020 et le 31 mai 2020). Les courbes de sensibilité/spécificité (courbes ROC) ont été utilisées pour l’évaluation des seuils de détection.

Au niveau des seuils assurés par les fabricants, la sensibilité de l’essai Abbott était de 92.7% (Intervalle de Confiance [IC] 90.2-94.8) et sa spécificité de 99.9% (99.4-100%) ; la sensibilité de l’essai DiaSorin était de 95.0% (92.8-96.7) et sa spécificité de 98.7% (98.4-98.4) ; la sensibilité de l’immunoessai Oxford était de 99.1% (97.8-99.7) et sa spécificité de 99.0% (98.1-99.5) ; la sensibilité de l’essai Roche était de 93.2% (95.4-98.4) et sa spécificité de 99.8% (99.3-100) ; la sensibilité de l’essai Siemens était de 98.1% (96.6-99.1) et sa spécificité de 99.9% (99.4-100%). Tous les essais ont présenté une sensibilité atteignant au moins 98% avec des seuls optimisés afin d’atteindre une spécificité d’au moins 98% sur les échantillons prélevés au moins 30 jours après apparition des symptômes. 

Quatre tests commerciaux largement disponibles et un test (…) ELISA 384 puits peuvent être utilisés pour la réalisation de tests sérologiques permettant d’atteindre une sensibilité et une spécificité d’au moins 98%. Le données d’indicateurs obtenues sur les essais Siemens et Oxford Immunoassay ont atteint ce pourcentage sans autre manœuvre d’optimisation. Cette étude comparative d’évaluation d’essais radioimmunologiques devrait permettre d’affiner les stratégies, pour une utilisation optimale des ressources en la matière de dépistage, pour une meilleure protection individuelle et collective. Groupe National d’Évaluation des Essais Sérologiques du SARS-CoV-2, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 23 septembre 2020

Financement : Santé Publique Angleterre, et Institut National de la Santé du Royaume Uni

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ


mardi 22 septembre 2020

#thelancethaematology #lymphomedumanteau #cytarabine #obinutuzumab Réponse moléculaire après administration d’obinutuzumab plus traitement d’induction à la cytarabine à haute dose chez les patients éligibles à une transplantation non préalablement traité pour un lymphome du manteau (LyMa-101) : essai de phase 2 du groupe LYSA


Le lymphome du manteau est une forme de lymphome malin dit non - hodgkinien. Ce cancer rare et agressif se développe à partir des cellules du système lymphatique appelées les lymphocytes B. (...)

 

L'obinutuzumab administré en monothérapie a montré une efficacité prometteuse dans le traitement du lymphome du manteau. Notre but était d’étudier l’activité de [obinutuzumab plus DHAP (dexamethazone, cytarabine à haute dose, et cisplatine)], par la mesure d’une pathologie résiduelle par PCR quantitative (qPCR) dans la moëlle osseuse après quatre cycles.

L’essai LyMa- 101 est un essai de phase 2 propsectif, ouvert, à simple bras. Les participants ont été recrutés dans 28 hôpitaux situés en France. Les patients nouvellement diagnostiqués d’un lymphome du manteau (âgés de 18 ans à < 66 ans) qui étaient éligibles pour transplantation autologue de cellules souches, ont reçu quatre cybles d’obinutuzumab plus DHAP (obinutuzumab 1000 mg/m2 par voie intraveineuse aux jours 1, 8, et 15 du cycle 1 et au jour 1 des cycles 2, 3, et 4 ; 40 mg de dexamethasone par voie intraveineuse aux jours 1-4, 2g/m2 de cytarabine par voie intraveineuse toutes les 12 h au jour 1 ; et, selon l’investigateur, 100 mg / m2 de cisplatine par perfusion continue sur 24 h au jour 1 ou carboplatine […] ou 130 mg / m2 oxaliplatine) tous les 21 jours avant transplantation, et  1 000 mg / m2 d’obinutuzumab tous les 2 mois pendant 3 ans comme traitement de maintien suivi d’un traitement obinutuzumab à la demande (…). Le critère principal d’évaluation était la reste minimal de maladie résiduelle basé sur la demande du traitement de maintien à l’obinutuzumab plus DHAP à la fin de l’induction, par la mesure des paramètres d’efficacité (mesure de pathologie résiduelle par les données de moëlle osseuse et de sang périphérique chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose d’obinutuzumab). La combinaison [Obinutuzumab plus DHAP] était considérée comme efficace si la pathologie résiduelle minimale dans la moëlle osseuse était relevée chez 70% de la population en intention de traiter. (…).

86 patients ont été recrutés entre le 29 novembre 2016 et le 2 mai 2018. 81 patients ont suivi le traitement d’induction jusqu’à son terme, 73 d’entre eux ont bénéficié de la transplantation autologue de cellules souches, et 69 ont commencé le traitement de maintien. 55 (75%) patients sur 73 ont satisfait aux critères d’efficacité et atteint le seuil correspondant au niveau de pathologie résiduelle minimale dans la moëlle osseuse au terme de la période d’induction. (…) Les événements indésirables de grade 3-4 apparaissant pendant le traitement, les plus communément rencontrés étaient anémie (grade 3, 26 [31%] patients sur 85 ; grade 4, trois [4%] patients sur 85) et neutropénie (grade 3, 13 [15%] patients sur 85 ; grade 4, 32 [38%] patients sur 85). 58 évènements indésirables graves sont survenus au cours de la phase d’induction. Aucun décès lié aux traitements n’a été relevé.

La combinaison [Obinutuzumab plus DHAP] représente un régime de traitement bien toléré et possède une bonne activité d’induction d’une pathologie résiduelle minimale chez les patients éligibles à une chimiothérapie d’induction, accompagnée d’une pathologie résiduelle minimale de la moëlle osseuse, prédictive d’un contrôle à long terme de la maladie. Prof Steven Le Gouill, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 21 septembre 2020

Financement : Roche SAS

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 15 septembre 2020

#thelancetoncology #cancerdelaprostate #métastase #cabazitaxel #abiraterone #enzalutamide Qualité de vie chez les patients atteints de cancer de la prostate métastasé suivant un traitement avec cabazitaxel versus abiraterone ou enzalutamide (CARD) : analyse d’une étude multicentrique de phase 4 randomisée, multicentrique, ouverte

 

Adénocarcinome de la prostate avancé (...) présentant des métastases osseuses chez un homme de 70 ans.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Osteoplastic_bone_metastasis_prostate_cancer_01.jpg


Dans l’étude CARD, le cabazitaxel  a amélioré de manière significative la suivie sans progression de la maladie et la survie globale versus abiraterone ou enzalutamide chez des patients atteints de cancer de la prostate métastasé résistant à la castration précédemment traité avec docetaxel et l’inhibiteur alternatif ciblant la signalisation des androgènes. Ici, nous rapportons les résultats de la collecte de données de qualité de vie de l’étude CARD.

CARD était une étude randomisée multicentrique, ouverte, de phase 4 impliquant 62 sites de recherche clinique situés dans 13 pays d’Europe. Les patients (âge ≥ 18 ans, indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group Performance Status dans le texte ≤ 2), atteints de cancer de la prostate métastasé résistant à la castration, étaient répartis au hasard (1 :1) à l’aide d’un système internet de réponse interactive pour recevoir cabazitaxel (25 mg / m2 par voie intraveineuse toutes les 3 semaines, 10 mg / jour de prednisone, et facteur de croissance des colonies granulocytaires humaines) versus abiraterone (1000 mg per os une fois par jour + 5 mg de prednisone deux fois par jour) ou enzalutamide (160 mg per os par jour). Les facteurs de stratification comprenaient l’indice de performance ECOG, la période de temps écoulée jusqu’à progression de la maladie lors de l’administration du précédent inhibiteur ciblant la signalisation des androgènes, ainsi que le calendrier d’administration du précédent inhibiteur ciblant la signalisation des androgènes. Le critère principal était la survie sans progression de la maladie mesurée par radiographie ; ici, nous présentons des analyses plus détaillées de la douleur ressentie (mesurée selon l’échelle Brief Pain Inventory -…- [BPI-SF-3]) ainsi que les événements squelettiques symptomatiques, en simultané avec les comptes rendus des patients, évalués à l’aide du questionnaire  de mesure fonctionnelle fonctionnelle des effets du traitement contre le cancer de la prostate (FACT-P) , ainsi que l’évaluation EuroQoL – à 5 dimensions, 5 niveaux (EQ-5D-5L). Les analyses d’efficacité ont été réalisées sur la population en intention de traiter. La réponse algique était analysée sur population en intention de traiter avec au moins une mesure à la ligne de base et une mesure post ligne de base du BPI-SF-3 ; et les résultats rapportés par les patients (PROs) étaient analysés dans la population en intention-de-traiter présentant des données à la ligne de base et post-ligne de base soit FACT-P ou EQ-5D-5L (population PRO). Des analyses d’événements liés au squelette ont également été réalisées dans la population en intention de traiter. (…).

Entre le 17 novembre 2015 et le 28 novembre 2018, sur les 303 patients examinés, 255 ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir cabazitaxel (n=129) ou abiterone ou enzalutamide (n=126). La durée médiane de suivi était de 9.2 mois [Intervalle Interquartile (IQR 5.6 – 13.1)]. La réponse algique était observée chez 51 (46%) des 111 patients recevant le cabazitaxel et 21 (19%) des 109 patients recevant l’abiraterone ou l’enzalutamide (p<0.00001). La période de temps s’écoulant jusqu’à progression de la douleur n’était pas estimable (NE* ; Intervalle de Confiance [IC] 95% NE-NE) avec le cabazitaxel et de 8.9 mois (4.9-NE) avec abiraterone ou enzalutamide (hazard ratio [HR] 0.55, IC 95% O.32-0.97 ; valeur de p avec test logarithmique par rangs =0.35). La période médiane de temps s’écoulant jusqu’à survenue d’évènements squelettiques était NE (IC 95% 20.0 – NE) avec le cabazitaxel et de 16.7 mois (10.8-NE) avec abiraterone ou enzalutamide (HR 0.59, IC 95% 0.35-1.01 ; valeur de p avec test logarithmique par rangs = 0.50). La période médiane de temps s’écoulant jusqu’à altération du score FACT-P total était de 14.8 mois (IC 95% 6.3-NE) avec cabazitaxel et de 8.9 mois (6.3-NE) avec abiraterone ou  enzalutamide (HR 0.72, IC 95% 0.44-1.20 ; p(test log-rang)=0.21). Il a été observé un effet significatif du traitement en termes de changements à partir de la ligne de base du score au test d’utilité EQ-5D-5L en faveur du cabazitaxel par rapport à l’abiraterone ou l’enzalutamide (p=0.030) ; toutefois, aucune différence n’a été observée entre les groupes de traitement pour ce qui est d’un changement à partir de la ligne de base du score au test visuel analogique EQ-5D-5L (p=0.060).

Du fait que le cabazitaxel a amélioré la réponse algique, la période de temps écoulée jusqu’à progression de la douleur, du temps écoulé jusqu’à survenue d’événements squelettiques, et les résultats au test d’utilité EQ-5D-5L, à la fois les cliniciens et les patients peuvent être rassurés sur le fait que le cabazitaxel ne réduira pas la qualité de vie en comparaison d’un traitement par un second inhibiteur ciblant la signalisation des androgènes. Prof Karim Firazi, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 11 septembre 2020

*NE=non évaluable 

Financement : Sanofi

Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ



mercredi 9 septembre 2020

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #COVID-19 #vaccin Le Vaccin Russe contre la COVID-19

COVID-19 - Copyright: Ramon Andrade 3Dciencia/Science Photo Library
 

En date du 11 août 2020, la Russie est devenue le premier pays au monde à approuver un vaccin contre le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SARS-Cov-2). Ce vaccin, fabriqué à partir de deux vecteurs adénovirus, a été développé par le Centre National d’Epidémiologie et de Microbiologie Gamaleya (Moscou, Russie). Son approbation a été annoncée par le Président Vladimir Poutine. « Je sait qu’il [le vaccin] est efficace, aide à développer une immunité solide, et qu’il a subi tous les tests nécessaires », à déclaré Poutine lors d’un conseil des ministres. Quoi qu’il en soit, cette approbation est prématurée, selon une opinion très répandue. Au moment de son approbation, non seulement ce vaccin n’était même pas entré en phase 3 d’essais cliniques, il n’avait, de plus, été l’objet d’aucune publication s’agissant des résultats obtenus lors d’essais cliniques de phases plus précoces.

Depuis lors, les résultats de phase 1/2 ont été publiés dans The Lancet. Ce vaccin a induit une forte réponse immunitaire chez les 76 participants à cet essai. De fait, le Ministre Russe de la Santé doit avoir eu accès à ces résultats. Du point de vue des autorités régulatrices comme la Food and Drug Administration (FDA) des USA et l’Agence Européenne du Médicament, les seules données de réponse immunitaire ne doivent pas, en général, représenter une base suffisante pour l’approbation d’un vaccin. « La réponse immunitaire peut ne pas être directement proportionnelle au degré de protection – il n'est permis de statuer [sur l’effet protecteur d’un vaccin]* qu'à la suite d’essais réalisés à grande échelle seulement », explique Peter Openshaw, professeur de médecine expérimentale à l’Imperial College de Londres (Londres, Royaume Uni).

Le vaccin Russe est nommé Spoutnik V, en mémoire au programme spatial de l’ère Soviétique. La fille du président a été vaccinée. « Elle se sent bien, et la concentration des anticorps est élevée » déclare Poutine. « La chose la plus importante est d’assurer que ce vaccin est d’une sûreté et d’une efficacité en toute situation ». Sa production massive devrait commencer en septembre 2020. La Russie, qui comptabilise presque 1 million de cas de COVID-19, annonce qu’elle sera capable de fournir 500 millions de doses de Spoutnik V par an.

« Nous ne savons absolument pas si ce vaccin est sûr, et s’il fonctionne » dit Ashish Jha, Doyen de l’Université de Santé Publique Brown (Providence, RI, USA). « Il est préoccupant de voir que l’on court-circuite les processus standard en vigueur de développement d’un vaccin ». Les personnes développant le vaccin Russe ont eu une réponse combative à ces critiques. Un site internet officiel a été construit avec pour but affiché de « produire une information précise et mise à jour en permanence sur le Spoutnik V et combattre la campagne de désinformation lancée par les médias internationaux contre lui ».

Le vaccin est financé par le Fonds Russe d’Investissements Directs (RDIF), il s’agit là d’un fonds sanitaire souverain dans ce pays. Kirill Dmitriev, Directeur Général du RDIF, s’est plaint : « au lieu de se pencher sur la science sur laquelle repose la pertinence de ce vaccin à vecteur adénoviral que la Russie a développé, quelques politiques et médias internationaux ont choisi prioritairement de saper la crédibilité du vaccin Russe ». Des essais cliniques de grande ampleur, impliquant plus de 40 000 sujets, vont être entrepris et commenceront au cours de la dernière semaine d’août. » Un bon nombre de pays comme les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, les Philippines, l’Inde ou le Brésil, se joindront localement aux essais cliniques Spoutnik V », a déclaré le site internet officiel.

Dimitriev a confirmé que la Russie avait reçu des demandes s’élevant à un milliard de doses de  vaccin, au niveau international. Le 26 août 2020, l’agence de presse TASS a déclaré que le pays fournirait plus de 2 millions de doses de Spoutnik V au Kazakhstan. Openshaw souligne que ceux qui ont exprimé un intérêt pour ce vaccin ne commenceront à l’administrer à grande échelle que lorsqu’ils seront assurés de son innocuité et de son efficacité. « Il y a une différence énorme entre le fait que la Russie diffuse le vaccin à l’intérieur de ses frontières, ce qu’elle est en droit de faire, et son approbation au niveau international ou une préqualification par l’  « OMS », a-t-il dit. (…). Talha Khan Burki, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 4 septembre 2020

*ajout de l'éditeur du présent post de blog

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 8 septembre 2020

#trendsincellbiology #photorecepteur #disque #ectosome Disques des Photorécepteurs : Bâtis comme des Ectosomes

Outer segment = Segment extérieur
Inner segment = Segment intérieur
Axoneme = Axonème
Basal body = Corps basal
Primary cilium = Cil primaire
Rod = Batonnet
Cone = Cône
Les Segments Externes des Photorécepteurs Sont des Cils Primaires Hautement Modifiés
Un cil primaire et ses segments externes des cones et des batonnets des cellules de photorécepteurs sont illustrés afin d’en souligner leur similarité. Chaque structure est stabilisée par un axonème microtubulaire se déployant à partir d’un corps basal. Les disques des photorécepteurs se forment à la base du segment externe sous forme d’évagination de la membrane plasmique ciliaire. Dans les bâtonnets, les disques s’insèrent dans la membrane externe. Dans les cônes des vertébrés inférieurs (comme dans l’illustration), les disques n’y sont que partiellement intégrés. L’encadré rouge souligne la périodicité de l’intervalle entre chaque disque.  L’encadré bleu illustre que les disques nouvellement formés sont connectés au segment interne par des structures de liaison.  


Le segment externe du photorécepteur de vertébré est un cil modifié rempli de centaines de membranes aplaties sous forme de disques qui fournissent d’immenses surfaces d’absorption de lumière. Le segment externe est constamment renouvelé avec de nouveaux disques s’ajoutant à sa base chaque jour. Ce processus continuel est essentiel à la viabilité des photorécepteurs. Dans cette revue de littérature, nous dérivons les récentes percées dans la compréhension de la morphogénèse des disques, en nous axant sur les mécanismes moléculaires responsables du déclenchement de la formation des disques à partir de la membrane ciliaire. Nous soulignons les découvertes indiquant que ce mécanisme a évolué à partir d’un processus ciliaire inné de relargage de petites vésicules extracellulaires, ou ectosomes ; et qu’ à la fois la formation des disques et celle des ectosomes reposent sur l’actine du cytosquelette. William J. Spencer, et al, dans Trends in Cell Biology, publication en ligne en avant-première, 6 septembre 2020

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ