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mercredi 5 avril 2017

#thelancetoncology #carcinomeurothélial #vinflunine Traitement d’entretien avec vinflunine plus meilleurs soins de soutien versus meilleurs soins de soutien seuls chez des patients souffrant de carcinome urothélial ayant obtenu une réponse lors d’une chimiothérapie de première intention (MAJA ; SOGUG 2011/02) : essai multicentrique de phase 2 randomisé, contrôlé, ouvert

Carcinome urothélial (...).
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nested_variant_of_urothelial_carcinoma_-_very_high_mag.jpg
Le traitement d’entretien améliore les résultats dans divers types de tumeurs, mais les effets toxiques cumulés sont limitants pour ce qui est du choix des médicaments. Nous avons poursuivi des investigations afin de définir si un traitement d’entretien avec la vinflunine pouvait retarder la progression de la maladie chez des patients souffrant de carcinome urothélial avancé qui avaient déjà obtenu un contrôle de leur maladie à l’aide d’une chimiothérapie de première ligne.

Nous avons effectué un essai de phase 2 randomisé, contrôlé, en ouvert, dans 21 hôpitaux situés en Espagne. Les patients éligibles souffraient d’un carcinome urothélial des cellules transitionnelles non résecable ou métastatique, présentaient une fonction adéquate des organes et un contrôle de leur maladie après quatre à six cycles de cisplatine et de gemcitabine (carboplatine permise après le cycle quatre). Les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir de la vinflunine ou les meilleurs soins de soutien jusqu’à progression de la maladie. Nous avons initialement utilisé la randomisation par blocs de six. Quatre listes ont été créées pour les deux facteurs de stratification, à savoir la dose initiale de vinflunine et la présence de métastases hépatiques. À la suite d’un amendement au protocole, le nombre de cycles de cisplatine et de gemcitabine a été ajouté comme facteur de stratification; puis huit listes ont été créées en utilisant à nouveau des blocs de six. Finalement, nous sommes passés à processus de minimisation pour la pondération des risques de déséquilibre entre les groupes. 
La vinflunine était administrée à raison d’une perfusion intraveineuse de 320 mg/m2 ou 280 mg/m2 sur une durée de 20 minutes tous les 21 jours chez les patients présentant un score de performance ECOG de 1, âgés de 75 ans ou plus, qui avaient précédemment subi une radiothérapie pelvienne, ou qui présentaient une clairance de la créatinine inférieure à 60 mL/min. Le critère principal de l’étude était une période médiane de survie sans progression de la maladie plus élevée que 5.3 mois dans le groupe vinflunine, évaluée sur la population en intention de traiter modifiée. La comparaison de la survie sans progression entre les groupes de traitement était un critère secondaire.

Entre le 12 avril 2012 et le 29 janvier 2015, nous avons recruté 88 patients, dont 45 étaient assignés pour administration du traitement à la vinflunine et 43 pour recevoir les meilleurs soins de soutien. Un patient du groupe vinflunine a été perdu de vue au suivi immédiatement après la randomisation, et a été exclu des analyses. Un patient du groupe meilleurs soins de soutien s’est retrouvé inéligible et n’a donc pas reçu de traitement du fait d’un retard de recrutement ; il a toutefois été inclus dans l’analyse d’efficacité sur la population en intention de traiter. Après une durée médiane de suivi de 15.6 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 8.5-26.0), 29 (66%) patients sur 44 du groupe vinflunine présentaient une progression de leur maladie et 24 (55%) étaient décédés, en comparaison des 36 (84%) patients sur 43 présentant une progression de leur maladie et des 32 (74%) décès dans le groupe meilleurs soins de soutien.
La médiane de survie sans progression était de 6.5 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 2.0-11.1) dans le groupe vinflunine et de 4.2 mois (2.1-6.3) dans le groupe meilleurs soins de soutien (hazard ratio 0.59, IC 95% 0.37-0.96, p=0.031). Les événements indésirables de grade 3 ou 4 les plus communément rencontrés étaient neutropénie (huit [18%] patients sur 44 dans le groupe vinflunine versus aucun dans le groupe meilleur soins de soutien), asthénie ou fatigue (huit [16%] versus un [2%]), et constipation (six [14%] versus aucun). 18 événements indésirables graves ont été rapportés dans le groupe vinflunine et 14 dans le groupe meilleur soins de soutien. Un patient du groupe vinflunine est décédé d’une pneumonie jugée liée au traitement.

Chez les patients ayant obtenu un contrôle de leur maladie après une chimiothérapie de première intention, la survie sans progression a dépassé le seuil acceptable avec la thérapie vinflunine de maintien. De plus, la survie sans progression était plus longue avec la thérapie vinflunine de maintien qu’avec les meilleurs soins de soutien. La thérapie vinflunine de maintien a présenté un profil d’innocuité acceptable. De futures études sur le rôle de la vinflunine se justifient. Jesus Garcia-Donas, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 4 avril 2017

Financement : Pierre-Fabre Médicament

Source : The Lancet Oncology / Traduction et adaptation : NZ          

mercredi 22 mai 2013

Nanoparticule de paclitaxel liée à l’albumine comme traitement de deuxième intention du carcinome urothélial métastatique : une étude multicentrique de phase 2 à groupe unique

Récidive d'un carcinome urothélial de la vessie de stade initial T2 G2, traité par résection endoscopique.  Une scanographie de suivi montre un épaississement de la paroi latéro-vésicale gauche fortement suspect de récidive. La première tomographie par émission de positons couplée à la scanographie (TEP/TDM) au 18F-FDG réalisée sans préparation particulière ne permet pas de se prononcer quant à la présence ou non de récidive tumorale. (A).
L'administration de furosémide (40 mg iv) et une hydratation intraveineuse permettent d'obtenir une diminution suffisante de l'activité urinaire et de visualiser clairement la récidive tumorale (flèche rouge). (B).
La TEP réalisée après la chimiothérapie montre une absence de captation de 18F-FDG en faveur d'une réponse
complète. (C). In Cancer Radiothérapie Volume 15, Issue 4, July 2011, Pages 307 - 315
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1278321811000497
Il n’existe pas de traitement standard pour les patients atteints de cancer urothélial réfractaire au platine. Les taxanes et la vinflunine sont communément utilisés, mais la réponse obtenue s’élève à moins de 20%, sans aucun bénéfice pour ce qui est de la survie. Dans la présente étude de phase 2, nous avons étudié l’efficacité et la tolérance de l’administration d’un médicament en développement composé d’une nanoparticule de paclitaxel liée à l’albumine [nab-paclitaxel] dans le cancer utothélial réfractaire au platine.

Nous avons effectué une étude ouverte  à deux niveaux, à groupe unique, dans cinq centres situés au Canada. Nous avons recruté des patients âgés de 18 ans et plus, atteints d’un cancer urothélial métastatique confirmé par histologie, évaluable et localement avancé ; dont la progression était décrite sur le cours de 12 mois de traitements reçu, dont un à base de platine. Les patients ont reçu le nab-paclitaxel à raison de 260 mg/m2 par voie intraveineuse, tous les trois mois ; le traitement a été poursuivi, jusqu’à progression de la maladie ou occurrence d’effets toxiques non – supportables. Le critère principal de mesure était la réponse objective de la tumeur au traitement, définie par une réponse complète (CR) ou une réponse partielle (PR) selon les critères RESIST (version 1.0), qui comprennent uniquement une mesure unidimensionnelle (plus grand diamètre) des tumeurs solides.  La réponse tumorale et la sécurité de l’essai ont été étudiées chez tous les patients qui avaient reçu au moins un cycle de nab-paclitaxel. (…).

Nous avons recruté 48 patients entre le 16 octobre 2008 et 23 juin 2010. Les patients ont reçu un nombre médian de six cycles (éventail allant de 1 à 15 cycles). 47 patients ont pu être évalués ; un (2,1%) patient a montré une CR et 12 (25,5%) ont montré des PRs, résultant en une réponse globale de 27,7% (Intervalle de Confiance – IC – 95% 17,3-44,4). Les événements indésirables les plus fréquemment relevés, indépendamment de leur grade, étaient fatigue (38 sur 48 ; 79%), douleur (37 sur 48 ; 77%), alopécie (34 sur 48 ; 71%), et neuropathie (30 sur 48 ; 62%). 
Les événements indésirables de grade 3 ou plus les plus fréquemment relevés étaient douleur (11 sur 48 ; 23%), fatigue (cinq sur 48 ; 10%), hypertension (trois sur 48 ; 6%), neuropathie (trois sur 48, 6%), et raideurs articulaires ou douleur (deux sur 48 ; 4%).

Le nab-paclitaxel a été bien toléré sur cette population de patients, atteints d’un cancer urothélial avancé prétraité ; avec une réponse tumorale encourageante. Ces résultats justifient clairement la mise en œuvre d’études complémentaires sur le nab-paclitaxel comme traitement de deuxième ligne du cancer urothélial. Dr Yoo-Joung Ko MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 22 May 2013

Financement: Abraxis Bioscience, Celegene

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ