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lundi 22 mai 2017

#trendsinendocrinologyandmetabolism #diabètedetype2 #obésité #PYY #GLP-1 Rôle du PYY dans la Physiologie de l’Ilôt Pancréatique et dans le Contrôle Chirurgical du Diabète

Rôle du PYY dans la régulation du Glucose.
(A). A la suite de la prise alimentaire, le PYY (1-36) est sécrété par les cellules L du tractus gastro-intestinal, avant d’être sécrété dans la veine mésentérique. (…). Dans le cerveau, l’intéraction du PYY (3-36) avec le récepteur présynaptique NPY2R - inhibiteur des neurones à Neuropeptide Y (NPY) - soumet à régulation l’effet anorexigène, provoquant une réduction de la prise alimentaire. (…). Les niveaux plasmatiques de GLP-1 actif (également sécrété par les cellules L) et de PYY atteignent le pancréas, où ils exercent un effet modulateur dans la sécrétion des hormones par les ilôts pancréatiques.  
(B). Dans les cellules β-pancréatiques, le glucose est métabolisé ; pour produire des molécules d’ATP à haute énergie, causant une augmentation du rapport ATP/ADP, fermant les canaux potassiques (K+ ATP) sensibles à l’ATP. Des niveaux élevés de potassium intracellulaire conduit à une dépolarisation de la membrane, qui, à son tour, ouvre les canaux calciques dépendant du voltage, augmentant ce faisant la concentration en ions calcium dans le cytoplasme. Cela stimule le relâchement de l’insuline à partir des vésicules de sécrétion. (…). La liaison du GLP-1 à son récepteur provoque une augmentation d’AMPc et une activation de la protéine kinase A ; l’inhibition des canaux K+ ATP, empêchent la repolarisation de la cellule β, sensibilisant également les canaux calciques du réticulum endoplasmique (ER) et permet le relâchement du calcium à partir des réserves intracellulaires, aidant à l’exocytose de l’insuline.  L’engagement chronique du récepteur NPY1R par le PYY amplifie également par l’intermédiaire de mécanismes encore non-identifiés. (…). Dans les cellules α, le GLP-1 et le PYY stimulent la suppression du glucagon induite par le glucose par des voies de signalisation directes et indirectes qui restent à caractériser. (…).         
La chirurgie bariatrique mène à une rapide et durable rémission du diabète de type 2 (T2D) chez les sujets obèses. Ce phénomène survient indépendamment de la perte de poids, probablement par le truchement d’une combinaison de facteurs. À date, on dit de l’hormone incrétine GLP-1 qu’elle représente un facteur critique, dans ce cadre. Cependant, de récentes données indiquent que l’élévation des taux d’une autre hormone intestinale, le Peptide Tyrosine-Tyrosine (PYY) pourrait représenter la force motrice des effets bénéfiques de la chirurgie. Ici, nous discutons des récentes découvertes relatives au contrôle de l’homéostasie glucidique par le PYY - ainsi que de son rôle dans le diabète, dans le contexte de ce que l’on connaît sur le GLP-1. L’identification de facteurs produisant l’augmentation de l’expression du PYY suivant une chirurgie bariatrique et l’élucidation de son rôle dans la suppression du diabète pourrait représenter un argument en faveur de son application dans le cadre d’une thérapie non chirurgicale du T2D. Claudia Guida, et al, dans Trends in Endocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première, 19 mai 2017

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 17 février 2016

#thelancet #chirurgiebariatrique #altérationsmésentériques Réduction des altérations mésentériques en chirurgie de dérivation gastrique par laparoscopie

Source iconographique :  http://iucpq.qc.ca/fr/soins-et-services/axes/obesite/programme-de-chirurgie-bariatrique/chirurgies-offertes
L’obstruction de l’intestin grêle due à une hernie interne est une complication fréquente et potentiellement grave survenant après chirurgie de dérivation gastrique par laparoscopie. La question était d’évaluer si la réduction des altérations mésentériques dues à la chirurgie pouvait réduire l’incidence ; ainsi, nous avons réalisé un essai de grande ampleur afin d’approfondir cette question.

Cette étude était un essai multicentrique randomisé à bras parallèles réalisé dans 12 centres de chirurgie bariatrique en Suède. Il a été proposé à tous les patients planifiés pour subir une chirurgie de dérivation gastrique par laparoscopie d’être inclus dans cet essai. Au cours de l’opération, une enveloppe scellée a été ouverte et le patient était désigné de manière aléatoire pour subir une réduction des altérations mésentériques sous la jéjuno-jéjunostomie et au niveau du trou de Petersen ou ne pas subir cette réduction. Après chirurgie, la poursuite de la démarche était effectuée en ouvert. Les résultats principaux étaient la mesure de l’incidence de réopération en cas d’occlusion de l’intestin grêle et des complications postopératoires. Les données des résultats et d’innocuité recueillies étaient analysées dans la population en intention de traiter. (…).

Entre le 1er mai 2010 et le 14 novembre 2011, 2 507 patients ont été recrutés pour l’étude et répartis dans les groupes ; pour subir une opération de réduction des altérations mésentériques (n=1 259) ou ne pas subir cette opération de réduction des altérations mésentériques (n=1 248). 2 503 (99.8%) patients ont été suivis pour réopération du fait d’une obstruction de l’intestin grêle à 25 mois. Trois ans après la chirurgie, l’incidence cumulée de réopération du fait d’une obstruction de l’intestin grêle était significativement plus faible dans le groupe réduction (probabilité cumulée 0.055 pour le groupe réduction versus 0.102 pour le groupe non-réduction, hazard ratio 0.56, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.41-1.76, p=0.0002). La réduction des altérations mésentériques a augmenté le risque de complications postopératoires sévères (54 [4.3%] patients pour le groupe réduction versus 35 [2.8%] patients pour le groupe non-réduction,  odds ratio 1.55, IC 95% 1.01-2.39, p=0.044), principalement du fait de l’entortillement de la jéjuno-jéjunostomie.

Les résultats de notre étude soutiennent la réduction en routine des altérations mésentériques dans la chirurgie de dérivation gastrique par laparoscopie. Cependant, la réduction des altérations mésentériques pourrait être associée à un risque augmenté d’obstruction de l’intestin grêle du fait de l’entortillement de la jéjuno-jéjunostomie. Dr Erik Stenberg, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 16 février 2016

Financement : Conseil du comté de Örebro, Conseil du comté de la ville de Stockholm, et Fondation de la famille Erling-Persson

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mardi 29 septembre 2015

#thelancetdiabetes&endocrinology #maladiecardiovasculaire #mortalité #obésité #diabètedetype2 #chirurgiebariatrique Maladie cardiovasculaire et mortalité chez des patients atteints de diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : étude observationnelle de cohorte à sujets appariés effectuée à l’échelon national

Entre 2006 et 2014 s'est opéré un véritable "boom" des techniques chirurgicales non-réversibles. Comme le rappelait le rapport de l'Assurance maladie en 2013, de nombreuses études soulignent la plus grande efficacité des techniques irréversibles, en termes "d'amélioration, voire de guérison, des différentes comorbidités (en particulier du diabète)", et "d'amélioration de qualité de vie", ce qui pourrait expliquer cet essor.
Source iconographique et légendaire: http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-chirurgie-de-l-obesite-toujours-plus-d-interventions-non-reversibles_12980.html
Chez les patients spécifiquement atteints de diabète et d’obésité, aucune étude n’a examiné la mortalité après chirurgie bariatrique. Nous avons effectué une étude à l’échelon national en Suède, afin d’étudier les risques de maladie cardiovasculaire et de mortalité chez les patients obèses et diabétiques ayant subi une chirurgie bariatrique (dérivation gastrique Roux-en-Y 5[RYGB]).

Dans cette étude observationnelle de cohorte à sujets appariés, effectuée à l’échelon national, nous avons mutualisé les données de patients ayant subi une RYGB et inclus dans le Registre Scandinave de Chirurgie de l’Obésité et d’autres bases de données nationales, et identifié des témoins appariés (sur la base du sexe, de l’âge, de l’IMC, et du temps calendaire [année]) ; et qui n’avaient pas subi de chirurgie bariatrique, d’après le Registre National du Diabète. Nous avons étudié les risques de maladie cardiovasculaire et de décès à l’aide du modèle de régression aléatoire proportionnelle de Cox ainsi que d’autres méthodes de mesure des effets d’un traitement permettant de tenir compte de l’effet résiduel de confusion. Les critères principaux d’évaluation étaient : 1. mortalité totale, 2. décès du fait de maladie cardiovasculaire, et 3. infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non fatale.

Entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2014, nous avons obtenu les données de 6 132 patients qui avaient subi une RYGB et de 6 132 patients qui n’avaient pas subi cette intervention. La période médiane de suivi était de 3.5 années (Intervalle Interquartile [IQR] 2.1-4.7). Nous avons relevé une réduction de 58% du risque relatif (hazard ratio [HR] 0.42, IC 95% 0.30-0.57 ; p<0.0001) de mortalité globale dans le groupe RYGB en comparaison du groupe de contrôle. Le risque d’infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non fatale était de 49% plus bas (HR 0.51, 029-0.91 ; p=0.021) et celui de décès par maladie cardiovasculaire de 59% plus bas (0.41, 0.19-0.90 ; p=0.026) dans le groupe RYGB que dans le groupe de contrôle. Les risques absolus de décès sur 5 ans étaient de 1.8% (IC 95% 1.5-2.2) dans le groupe RYGB et de 5.8% (5.0-6.8) dans le groupe de contrôle.

Nos résultats soutiennent les bénéfices d’une chirurgie RYGB chez des patients atteints d’obésité et de diabète de type 2. Les causes de ces effets bénéfiques peuvent s’expliquer par la perte de poids en tant que telle, les changements physiologiques et métaboliques, l'amélioration des soins et des traitements prodigués, l’amélioration du mode de vie et des facteurs de risque, ou une combinaison de tous ces facteurs. Björn Eliasson, MD et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 28 septembre 2015

Financement :  Swedish Association of Local Authorities and Regions et Region Västra Götaland. 

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ  

mardi 4 novembre 2014

#obésité #chirurgiebariatrique #diabète #diabètedetype2 Incidence du diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : étude de cohorte appariée basée sur une population

Source iconographique: http://www.institutdanone.org/objectif_nutrition_themes/nutrition-et-maladies/
L’effet de la chirurgie bariatrique sur le développement du diabète de type 2 chez les personnes obèses, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, reste peu connu. Notre but était d’évaluer l’effet de la chirurgie bariatrique sur le développement du diabète de type 2 sur une large population de sujets obèses.

Nous avons effectué une étude de cohorte appariée d'adultes (âgés de 20 à 100 ans) identifiés à partir d’une base de données d’amplitude nationale au Royaume Uni, mutualisant des données de leurs pratiques familiales, qui étaient obèses (IMC 30 kg / m2) et non diabétiques. Nous avons ainsi recruté 2 167 patients qui avaient subi une chirurgie bariatrique entre le 1er janvier 2002 et le 30 avril 2014, et les avons  appariés en fonction de l’IMC, de l’âge, du sexe, de l’année de référence, de leur taux d’HbA1c – avec 2 167 sujets témoin qui n’avaient pas subi de chirurgie. Les procédures chirurgicales comprenaient la mise en place d’un anneau gastrique ajustable par voie laparoscopique (n=1 053), le pontage gastrique (n=795), la gastrectomie longitudinale - sleeve gastrectomy dans le texte – (n=317) (…). Le résultat principal était donné par la mesure de l’incidence de développement d’un diabète cliniquement diagnostiqué, selon les dossiers médicaux électroniques. Les analyses ont été ajustées pour ce qui est des variables d’appariement, des comorbidités, des facteurs de risques cardiovasculaires, et pour ce qui est de l’utilisation de médicaments antihypertenseurs et de médicaments abaissant le taux de lipides.

Sur une période de suivi de 7 ans au maximum, (durée médiane 2.8 ans [Intervalle Interquartile - IQR – 1.3-4.5]), 38 cas nouveaux de diabète ont été diagnostiqués chez les sujets ayant subi la chirurgie bariatrique et 177 chez les sujets témoin. À l’issue de la période de suivi de 7 ans, 4.3% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 2.9-6.5) des sujets ayant subi la chirurgie bariatrique et 16.2% (13.3-19.6) des sujets témoin appariés avaient développé un diabète. L’incidence de diagnostic de diabète était de 28.2 (IC 95% 24.4-32.7) pour 1 000 personnes-années chez les sujets témoins et de 5.7 (4.2-7.8) pour 1 000 personnes-années chez les sujets ayant subi la chirurgie bariatrique ; le rapport de risque ajusté (hazard ratio ajusté) était de 0.20 (IC 95% 0.13 – 0.30, p<0.0001). Cette estimation était fiable, dépendant toutefois de la constitution du groupe de comparaison dans les analyses de sensibilité, excluant le diabète gestationnel ou permettant la présence de sujets à risque de mortalité concurrente.

La chirurgie bariatrique est associée à une incidence réduite de diabète cliniquement diagnostiqué chez les patients obèses sans diabète déclaré à la ligne de base, jusqu’à 7 ans après la procédure chirurgicale. Helen Booth MSc et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 3 novembre 2014

Financement: UK National Institute for Health Research.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 14 avril 2014

Obésité : état actuel des connaissances

Imagerie en fluorescence de cellules endothéliales fraîchement isolées de tissu adipeux humain au laboratoire du département. (...). L'obésité n'est plus considérée comme simple conséquence de la "gloutonnerie": les recherches des dernières décennies ont montré qu'il s'agit d'une maladie chronique liée à l'altération du dialogue entre le tissu adipeux et le reste de l'organisme. Et les facteurs à l'origine de cette altération sont loin de se résumer à la nutrition. (...).
Source iconographique et légendaire:  http://www.inserm.fr/50-ans/grandes-avancees/de-l-obesite-aux-maladies-du-tissu-adipeux
L’obésité est une spécialité nouvelle en médecine, qui se bat pour être reconnue comme telle. Les traitements actuels comprenant régime, exercice, et modification du mode de vie montrent un taux d’échec élevé. Il existe quelques médicaments contre l’obésité, ils ne sont toutefois pas très efficaces. La recherche en devrait braquer ses objectifs sur la compréhension des mécanismes, les différentes étiologies des obésités, et le développement de médicaments nouveaux. La compréhension des mécanismes de la chirurgie bariatrique, qui est une technique efficace de réduction de l’obésité, mènera vers le développement de médicaments nouveaux et de meilleurs traitements. Richard L Atkinson, dans Trends in Encocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première, 12 avril 2014


Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ