La
chirurgie bariatrique mène à une rapide et durable rémission du diabète de type
2 (T2D) chez les sujets obèses. Ce phénomène survient
indépendamment de la perte de poids, probablement par le truchement d’une combinaison
de facteurs. À date, on dit de l’hormone incrétine GLP-1 qu’elle représente un facteur
critique, dans ce cadre. Cependant, de récentes données indiquent que l’élévation
des taux d’une autre hormone intestinale, le Peptide Tyrosine-Tyrosine (PYY)
pourrait représenter la force motrice des effets bénéfiques de la chirurgie.
Ici, nous discutons des récentes découvertes relatives au contrôle de l’homéostasie
glucidique par le PYY - ainsi que de son rôle dans le diabète, dans le contexte
de ce que l’on connaît sur le GLP-1. L’identification de facteurs produisant l’augmentation
de l’expression du PYY suivant une chirurgie bariatrique et l’élucidation de
son rôle dans la suppression du diabète pourrait représenter un argument en
faveur de son application dans le cadre d’une thérapie non chirurgicale du T2D.
Claudia Guida, et al, dans Trends in Endocrinology and Metabolism, publication
en ligne en avant-première, 19 mai 2017
Jusqu'au 30 juin 2022, le blog Actualités Scientifiques - Médicales vous a proposé des traductions en français adaptées de résumés d'articles originaux, tout récemment parus et relayés sur site internet. Actualités Scientifiques - Médicales. A partir du 1er septembre 2022, ce blog vous propose des billets d'opinion relatifs à l'actualité scientifique et médicale, selon un rythme qui reste à définir.
Affichage des articles dont le libellé est chirurgie bariatrique. Afficher tous les articles
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lundi 22 mai 2017
#trendsinendocrinologyandmetabolism #diabètedetype2 #obésité #PYY #GLP-1 Rôle du PYY dans la Physiologie de l’Ilôt Pancréatique et dans le Contrôle Chirurgical du Diabète
mercredi 17 février 2016
#thelancet #chirurgiebariatrique #altérationsmésentériques Réduction des altérations mésentériques en chirurgie de dérivation gastrique par laparoscopie
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| Source iconographique : http://iucpq.qc.ca/fr/soins-et-services/axes/obesite/programme-de-chirurgie-bariatrique/chirurgies-offertes |
L’obstruction de l’intestin grêle due à une hernie interne est une
complication fréquente et potentiellement grave survenant après chirurgie de
dérivation gastrique par laparoscopie. La question était d’évaluer si la
réduction des altérations mésentériques dues à la chirurgie pouvait réduire
l’incidence ; ainsi, nous avons réalisé un essai de grande ampleur afin d’approfondir
cette question.
Cette étude était un essai multicentrique randomisé à bras parallèles réalisé
dans 12 centres de chirurgie bariatrique en Suède. Il a été proposé à tous les
patients planifiés pour subir une chirurgie de dérivation gastrique par
laparoscopie d’être inclus dans cet essai. Au cours de l’opération, une enveloppe
scellée a été ouverte et le patient était désigné de manière aléatoire pour subir
une réduction des altérations mésentériques sous la jéjuno-jéjunostomie et au
niveau du trou de Petersen ou ne pas subir cette réduction. Après
chirurgie, la poursuite de la démarche était effectuée en ouvert. Les résultats
principaux étaient la mesure de l’incidence de réopération en cas d’occlusion de
l’intestin grêle et des complications postopératoires. Les données des
résultats et d’innocuité recueillies étaient analysées dans la population en
intention de traiter. (…).
Entre le 1er mai 2010 et le 14 novembre 2011, 2 507 patients
ont été recrutés pour l’étude et répartis dans les groupes ; pour subir
une opération de réduction des altérations mésentériques (n=1 259) ou ne pas subir cette opération de
réduction des altérations mésentériques (n=1 248). 2 503 (99.8%)
patients ont été suivis pour réopération du fait d’une obstruction de l’intestin
grêle à 25 mois. Trois ans après la chirurgie, l’incidence cumulée de
réopération du fait d’une obstruction de l’intestin grêle était significativement
plus faible dans le groupe réduction (probabilité cumulée 0.055 pour le groupe
réduction versus 0.102 pour le groupe
non-réduction, hazard ratio 0.56, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.41-1.76, p=0.0002). La réduction des altérations
mésentériques a augmenté le risque de complications postopératoires sévères (54
[4.3%] patients pour le groupe réduction versus
35 [2.8%] patients pour le groupe non-réduction, odds ratio 1.55, IC 95% 1.01-2.39, p=0.044), principalement du fait de l’entortillement
de la jéjuno-jéjunostomie.
Les résultats de notre étude soutiennent la réduction en routine des
altérations mésentériques dans la chirurgie de dérivation gastrique par
laparoscopie. Cependant, la réduction des altérations mésentériques pourrait
être associée à un risque augmenté d’obstruction de l’intestin grêle du fait de l’entortillement
de la jéjuno-jéjunostomie. Dr Erik Stenberg, MD, et al, dans The Lancet,
publication en ligne en avant-première, 16 février 2016
Financement : Conseil du
comté de Örebro, Conseil du comté de la ville de
Stockholm, et Fondation de la famille Erling-Persson
mardi 29 septembre 2015
#thelancetdiabetes&endocrinology #maladiecardiovasculaire #mortalité #obésité #diabètedetype2 #chirurgiebariatrique Maladie cardiovasculaire et mortalité chez des patients atteints de diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : étude observationnelle de cohorte à sujets appariés effectuée à l’échelon national
Chez les patients spécifiquement atteints de diabète et d’obésité, aucune
étude n’a examiné la mortalité après chirurgie bariatrique. Nous avons effectué une
étude à l’échelon national en Suède, afin d’étudier les risques de maladie
cardiovasculaire et de mortalité chez les patients obèses et diabétiques ayant
subi une chirurgie bariatrique (dérivation gastrique Roux-en-Y 5[RYGB]).
Dans cette étude observationnelle de cohorte à sujets appariés, effectuée à
l’échelon national, nous avons mutualisé les données de patients ayant subi une
RYGB et inclus dans le Registre Scandinave de Chirurgie de l’Obésité et d’autres bases de données nationales, et identifié des témoins appariés (sur la
base du sexe, de l’âge, de l’IMC, et du temps calendaire [année]) ; et qui
n’avaient pas subi de chirurgie bariatrique, d’après le Registre National du
Diabète. Nous avons étudié les risques de maladie cardiovasculaire et de décès
à l’aide du modèle de régression aléatoire proportionnelle de Cox ainsi que
d’autres méthodes de mesure des effets d’un traitement permettant de tenir
compte de l’effet résiduel de confusion. Les critères principaux d’évaluation
étaient : 1. mortalité totale, 2. décès du fait de maladie
cardiovasculaire, et 3. infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non
fatale.
Entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2014, nous avons
obtenu les données de 6 132 patients qui avaient subi une RYGB et de
6 132 patients qui n’avaient pas subi cette intervention. La période
médiane de suivi était de 3.5 années (Intervalle Interquartile [IQR] 2.1-4.7).
Nous avons relevé une réduction de 58% du risque relatif (hazard ratio [HR]
0.42, IC 95% 0.30-0.57 ; p<0.0001)
de mortalité globale dans le groupe RYGB en comparaison du groupe de contrôle.
Le risque d’infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non fatale était de
49% plus bas (HR 0.51, 029-0.91 ; p=0.021) et celui de décès par maladie
cardiovasculaire de 59% plus bas (0.41, 0.19-0.90 ; p=0.026) dans le
groupe RYGB que dans le groupe de contrôle. Les risques absolus de décès sur 5
ans étaient de 1.8% (IC 95% 1.5-2.2) dans le groupe RYGB et de 5.8% (5.0-6.8)
dans le groupe de contrôle.
Nos résultats soutiennent les bénéfices d’une chirurgie RYGB chez des
patients atteints d’obésité et de diabète de type 2. Les causes de ces effets
bénéfiques peuvent s’expliquer par la perte de poids en tant que telle, les
changements physiologiques et métaboliques, l'amélioration des soins et des
traitements prodigués, l’amélioration du mode de vie et des facteurs de risque,
ou une combinaison de tous ces facteurs. Björn Eliasson, MD et al, dans The
Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 28
septembre 2015
Financement : Swedish
Association of Local Authorities and Regions et Region Västra Götaland.
mardi 4 novembre 2014
#obésité #chirurgiebariatrique #diabète #diabètedetype2 Incidence du diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : étude de cohorte appariée basée sur une population
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| Source iconographique: http://www.institutdanone.org/objectif_nutrition_themes/nutrition-et-maladies/ |
L’effet de la chirurgie bariatrique sur le développement du diabète de type
2 chez les personnes obèses, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, reste peu
connu. Notre but était d’évaluer l’effet de la chirurgie bariatrique sur le
développement du diabète de type 2 sur une large population de sujets obèses.
Nous avons effectué une étude de cohorte appariée d'adultes (âgés de 20 à
100 ans) identifiés à partir d’une base de données d’amplitude nationale au
Royaume Uni, mutualisant des données de leurs pratiques familiales, qui étaient obèses
(IMC ≥ 30 kg / m2) et non diabétiques. Nous avons ainsi recruté 2 167
patients qui avaient subi une chirurgie bariatrique entre le 1er
janvier 2002 et le 30 avril 2014, et les avons appariés en fonction de l’IMC, de l’âge, du
sexe, de l’année de référence, de leur taux d’HbA1c – avec 2 167
sujets témoin qui n’avaient pas subi de chirurgie. Les procédures chirurgicales
comprenaient la mise en place d’un anneau gastrique ajustable par voie
laparoscopique (n=1 053), le pontage gastrique (n=795), la gastrectomie
longitudinale - sleeve gastrectomy dans
le texte – (n=317) (…). Le résultat principal était donné par la mesure de
l’incidence de développement d’un diabète cliniquement diagnostiqué, selon les dossiers
médicaux électroniques. Les analyses ont été ajustées pour ce qui est des
variables d’appariement, des comorbidités, des facteurs de risques
cardiovasculaires, et pour ce qui est de l’utilisation de médicaments antihypertenseurs et de médicaments
abaissant le taux de lipides.
Sur une période de suivi de 7 ans au maximum, (durée médiane 2.8 ans [Intervalle
Interquartile - IQR – 1.3-4.5]), 38 cas nouveaux de diabète ont été diagnostiqués
chez les sujets ayant subi la chirurgie bariatrique et 177 chez les sujets
témoin. À l’issue de la période de suivi de 7 ans, 4.3% (Intervalle de Confiance
[IC] 95% 2.9-6.5) des sujets ayant subi la chirurgie bariatrique et 16.2%
(13.3-19.6) des sujets témoin appariés avaient développé un diabète. L’incidence
de diagnostic de diabète était de 28.2 (IC 95% 24.4-32.7) pour 1 000 personnes-années
chez les sujets témoins et de 5.7 (4.2-7.8) pour 1 000 personnes-années
chez les sujets ayant subi la chirurgie bariatrique ; le rapport de risque
ajusté (hazard ratio ajusté) était de 0.20 (IC 95% 0.13 – 0.30, p<0.0001). Cette estimation était fiable,
dépendant toutefois de la constitution du groupe de comparaison dans les
analyses de sensibilité, excluant le diabète gestationnel ou permettant la
présence de sujets à risque de mortalité concurrente.
La chirurgie bariatrique est associée à une incidence réduite de diabète cliniquement
diagnostiqué chez les patients obèses sans diabète déclaré à la ligne de base,
jusqu’à 7 ans après la procédure chirurgicale. Helen Booth MSc et al, dans The
Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première,
3 novembre 2014
Financement: UK National Institute for Health Research.
lundi 14 avril 2014
Obésité : état actuel des connaissances
L’obésité est une
spécialité nouvelle en médecine, qui se bat pour être reconnue comme telle. Les
traitements actuels comprenant régime, exercice, et modification du mode de vie
montrent un taux d’échec élevé. Il existe quelques médicaments contre
l’obésité, ils ne sont toutefois pas très efficaces. La recherche en devrait braquer ses objectifs sur la compréhension des mécanismes, les
différentes étiologies des obésités, et le développement de médicaments
nouveaux. La compréhension des mécanismes de la chirurgie bariatrique, qui est
une technique efficace de réduction de l’obésité, mènera vers le développement
de médicaments nouveaux et de meilleurs traitements. Richard L Atkinson, dans
Trends in Encocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première,
12 avril 2014
Source : Science Direct / Traduction et
adaptation : NZ
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