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lundi 18 novembre 2013

Résistance aux antibiotiques – Nécessité de solutions globales

Antibiogramme. Test de résistance bactérienne à différents antibiotiques. Prof Patrick Linder, Université de Genève
Source iconographique et légendaire: http://www.rts.ch/decouverte/sante-et-medecine/corps-humain/microbes/2011375-quand-les-microbes-se-rebellent-les-resistances.html
Les causes de résistance aux antibiotiques sont complexes, et comprennent notamment une composante de comportement humain à de nombreux niveaux de la société ; les conséquences de la résistance aux antibiotiques affectant toutes les populations de la planète. Des parallélismes avec le changement de climat semblent aujourd’hui évidents. De nombreux efforts ont été entrepris pour décrire les différents aspects de la résistance aux antibiotiques et des interventions sont nécessaires afin d'en relever les défis. Cependant, des actions politiques coordonnées manquent cruellement, à la fois au niveau national comme au niveau international. Les antibiotiques ont tracé la route d’un développement médical – et social par ricochet – qui se révèle indispensable dans tous les systèmes de santé. 

Les progrès de la médecine moderne dans les domaines de la chirurgie lourde, la transplantation d’organe, les soins donnés aux prématurés, et la chimiothérapie du cancer; qui paraissent aujourd’hui évidentes; n’auraient pas été possibles sans l’accès aux traitements efficaces contres les infections bactériennes. Dans quelques années, nous aurons peut-être à faire face à de terribles revers  sur le plan médical, social, et économique, à moins que des actions coordonnées sans précédent soient immédiatement réalisées. Ici, nous décrivons la situation globale de la résistance aux antibiotiques, ses causes majeures et ses conséquences, et identifions les domaines clé pour lesquels une action d’urgence est nécessaire. Ramanan Laxminarayan PhD, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant – première 17 novembre 2013

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 25 janvier 2013

Effet de la décontamination sélective sur la résistance aux agents antimicrobiens dans les unités de soins intensifs: revue systématique et méta-analyse

Taux de résistance aux antibiotiques de B.fragilis et des autres espèces du groupe. In Médecine et Maladies Infectieuses Volume 38, Issue 5, May 2008, Pages 256-263
Source: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0399077X08000796

Beaucoup de méta-analyses ont montré des réductions de taux d’infection et de mortalité associés à l’utilisation de la décontamination digestive sélective (DDS) ou de la décontamination oro-pharyngée sélective (DOS) dans les unités de soins intensifs (USI). Ces interventions n’ont pas été généralisées, du fait que leur utilisation pourrait conduire au développement d’une résistance aux antimicrobiens des agents pathogènes. Notre but était d’étudier les effets de la DDS et de la DOS sur les taux de résistance aux antimicrobiens chez les patients hospitalisés en USI.

Nous avons passé en revue de manière systématique les effets de la DDS et de la DOS sur les taux de colonisation et/ou d’infection dus à des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, chez des patients gravement atteints. Nous avons effectué des recherches de comptes rendus d’études à l’aide des bases de données Medline, Embase et Cochrane ; publiés dans toutes les langues et sans limites définies en termes de date de publication, de type de protocole appliqué, ou encore d’évaluation de la qualité des études.  Nous avons inclus toutes les études portant sur la décontamination sélective impliquant une application prophylactique d’agents antimicrobiens topiques recouverts d’une enveloppe non-absorbable au niveau de l’estomac ou de l’oropharynx, chez des patients admis dans les USI, avec ou sans administration d’agents antimicrobiens systémiques additionnels. Nous avons exclus les études d’intervention utilisant des agents antiseptiques ou biocides comme la chlorexidine, à moins que des agents antimicrobiens aient été aussi inclus au régime. Nous avons fait usage du modèle de Mantel – Haenszel avec effets aléatoires pour le calcul des taux de probabilité ajustés groupés.

Nous avons analysé 64 études originales de DDS et de DOS effectuées dans des USI ; 47 d’entre elles étaient des études randomisées contrôlées et 35 incluaient des données de détection de résistance aux agents antimicrobiens. Lorsque nous avons comparé les données pour les patients dans les groupes d’intervention (ceux qui recevaient DDS ou DOS) versus les données des groupes de contrôle (sans intervention), nous n’avons pas identifié de différence dans la prévalence de colonisation ou infection par pathogènes Gram-positifs d’intérêt résistant aux agents antimicrobiens ; Staphylococcus aureus (rapport des chances – odds ratio – 1,46 ; Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,90-2,37) et entérocoques résistants à la vancomycine (0,63 ; 0,39-1,02) inclus. Parmi les bacilles Gram-négatifs, nous n’avons détecté aucune différence en termes de résistance à l’aminoglycoside (0,73 ; 0,51-1,05) ou à la fluoroquinolone (0,52 ; 0,16-1,68), mais nous avons détecté une diminution chez les bacilles Gram-négatifs résistants à la polymixine (0,58 ; 0,46-0,72) et un bacille Gram-négatif résistant à la cephalosporine de troisième génération (0,33 ; 0,20-0,52) chez les patients ayant subi une décontamination sélective, en comparaison des patients n’en ayant pas reçu.

Nous n’avons détecté aucun lien entre l’utilisation de la DDS ou de la DOS et le développement d’agents pathogènes résistant aux agents antimicrobiens chez des patients dans les USI, suggérant que le risque de dommage perçu lié à une décontamination sélective, ne peut être justifié en vertu des données disponibles. Cependant, notre étude indique que l’effet de la décontamination sur les taux de résistance aux agents antimicrobiens au niveau des USI est largement sous-étudié. Ainsi, nous recommandons l’inclusion d’études randomisées non  - croisées contrôlées par groupe pour de futures recherches dans l’étude des variations des taux de résistance au niveau des USI. Dr Nick Daneman MD et al, in The Lancet Infectious Diseases, Early Online Publication 25 January 2013, in press

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ