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mardi 2 décembre 2014

#BPCO #MPOC #vitamineD3 #hydroxyvitamineD Supplémentation en vitamine D3 chez des patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) : un essai multicentrique, en double – aveugle, randomisé et contrôlé

Différence entre un poumon sain et un poumon atteint de BPCO (MPOC)
Source iconographique et légendaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bronchopneumopathie_chronique_obstructive
Les patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) présentent souvent une déficience en vitamine D, associée à une susceptibilité augmentée à des infections des voies respiratoires supérieures – représentant une cause majeure d’exacerbations. Des essais multicentriques relatifs à la supplémentation en vitamine D en prévention des exacerbations des voies respiratoires supérieures chez les patients MPOC manquent. Nous avons donc poursuivi des investigations pour déterminer si la supplémentation en vitamine D3 (colécalciférol) réduit l’incidence des exacerbations de la MPOC modérées à sévères et les infections du tractus respiratoire supérieur.

Nous avons effectué en essai de supplémentation en vitamine D3 randomisé, en double – aveugle, contrôlé par placebo,  chez des adultes atteints de MPOC admis dans 60 cliniques de médecine générale et quatre cliniques nationales de médecine urgentiste de Londres, Royaume – Uni. Les patients ont été répartis pour recevoir une dose de 3 mg vitamine D3 per os ou le placebo tous les deux mois pendant un an (ratio 1:1). La randomisation a été effectuée par blocs permutés selon une séquence générée par ordinateur.  Ni les patients participants à l’étude, ni le personnel hospitalier n’avait accès au tableau de randomisation. Les paramètres principaux mesurés étaient le temps écoulé avant la première exacerbation modérée ou sévère et la première infection du tractus respiratoire supérieur. L’analyse a été effectuée en intention de traiter. Une analyse de  sous – groupe programmée à l’avance a été effectuée, pour évaluer si les effets de l’intervention sur les paramètres principaux étaient modifiés par le statut de la vitamine D à la ligne de base. (…).

240 patients ont été répartis de manière aléatoire dans le groupe vitamine D3 (n=122) ou dans le groupe placebo (n=118). La vitamine D3 n’a pas eu d’effet sur le temps écoulé avant la première exacerbation modérée ou sévère de MPOC (hazard ratio ajusté 0.86, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.60-1.24, p=0.42) ou le moment d’apparition de la première infection du tractus respiratoire supérieur (0.95, 0.69-1.31, p=0.75). L’analyse de sous-groupe programmée à l’avance a montré que la vitamine D3 était protectrice contre les exacerbations modérées à sévères  chez les participants présentant des concentrations sériques en 25-hydroxyviatmine D inférieures à 50 nmol/L à la ligne de base (0.57, 0.35-0.92, p=0.021), mais pas chez ceux dont les niveaux d’hydroxyvitamine D étaient d’au moins 50 nmol/L (1.45, 0.81-2.62, p=0.21 ; p=0.021 pour ce qui est de l’interaction entre le groupe de patients et le statut en hydroxyvitamine D). Les statut en vitamine D à la ligne de base n’a pas modifié l’effet de l’intervention sur le risque d’infection du tractus respiratoire supérieur (Pinteraction=0.41).

La supplémentation en vitamine D3 produit un effet protecteur contre les exacerbations modérées à sévères mais pas contre les infections du tractus respiratoire supérieur, chez les patients atteints de MPOC et qui présentent des niveaux d’hydroxyvitamine D inférieurs à 50 nmol/L à la ligne de base. Nos résultats suggèrent que la correction de la déficience en vitamine D chez les patients atteints de MPOC réduit le risque d’exacerbations modérées à sévères. Prof Adrian R Martineau PhD et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant – première,  2 décembre 2014

Financement : UK National Institute for Health Research.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mardi 8 octobre 2013

Efficacité et sécurité de l’hormone parathyroïdienne humaine recombinante (1-84) dans l’hypoparathyroïdie (REPLACE) : une étude de phase 3 en double – aveugle, randomisée et contrôlée par placebo

Environnement anatomique de la glande parotide.
Source iconographique: www.univ-brest.fr
 
L’hypoparathyroïdie a pour réslutats une altération de l’homéostasie minérale, incluant hypocalcémie et hyperphosphatémie. Les traitements,  comprenant du calcium à doses élevées et de la vitamine D administrés per os, n’ont pas pour effet le contrôle adéquat et consistant des index biochimiques, et peuvent ainsi mener à de sérieuses complications à long terme. Notre but était d’étudier l’efficacité, la sécurité et la tolérance de l’administration monoquotidienne de  parathormone humaine recombinante 1-84 (rhPTH[1-84]) chez des adultes atteints d’hypoparathyroïdie.

Dans cette étude de phase 3, randomisée, en double-aveugle et contrôlée par placebo (REPLACE), nous avons recruté des patients atteints d’hypoparathyroïdie (durée ≥18 mois) âgés de 18 à 35 ans provenant de 33 sites situés dans huit pays. Après une période d’optimisation, au cours de laquelle les doses de calcium et la vitamine D active administrées de manière à atteindre des doses sériques correctes, corrigées en fonction de l’albumine ; les patients ont été répartis de manière aléatoire (2:1) par un système vocal interactif pour recevoir 50 μg par jour de rhPTH (1-84) ou le placebo pendant 24 semaines. La vitamine D active et le calcium ont progressivement diminué, les doses de rhPTH (1-84) ont pu simultanément être augmentées progressivement de 50 μg à 75 μg, et ensuite 100 μg (semaines 0-5). Le critère principal mesuré était la proportion de patients ayant atteint une diminution de 50% des doses de calcium et de vitamine D active administrés per os à partir des doses administrées au départ; tout en maintenant une concentration en calcium plus grande ou équivalente aux concentrations observées à la ligne de base – et plus petite ou égale à la dose limite définie comme normale. Les résultats obtenus ont été analysés sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 23 juin 2009 et le 28 février 2011, 134 patients éligibles ont été recrutés et répartis de manière aléatoire pour recevoir le rhPTH(1-84) ou le placebo (n=44). Six patients du groupe rhPTH (1-84) et sept patients du groupe placebo sont sortis de l’étude avant la fin. 48 (53%) patients du groupe rhPTH (1-84) ont atteint les critères d’efficacité du traitement en comparaison d’un patient (2%) du groupe placebo (différence de pourcentage : 51,1% ; intervalle de confiance – IC – 95% 39,9 – 62,3 ; p<0,0001). La proportion de patients  ayant présenté au moins un événement indésirable était similaire entre les deux groupes (84[93%] patients dans le groupe rhPTH[1-84] versus 44 [100%] dans le groupe placebo), l’hypocalcémie, les spasmes musculaires, les paresthésies, les maux de tête et les nausées étant les événements indésirables les plus communs. La proportion de patients présentant des événements indésirables graves était également similaire entre les deux groupes rhPTH(1-84) ; (dix [11%] patients) et le groupe placebo (quatre [9%] patients).

L’administration en ambulatoire de 50 μg, 75 μg, ou 100 μg par jour de rhPTH(1-84) par voie sous cutanée, est efficace et bien tolérée comme thérapie PTH de remplacement chez des patients atteints d’hypoparathyroïdie. Dr Michael Mannstadt MD et al, in The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 7 octobre 2013

Financement : NPS pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 26 août 2013

Vitamine D et diabète: un couple particulier

Les grandes étapes de la biosynthèse de la vitamine D. In Archives de Pédiatrie, Volume 17, Issue 12, December 2010, Pages 1687-1695
Source iconographique et légendaire: http://ac.els-cdn.com/S1043276013001215/1-s2.0-S1043276013001215-main.pdf?_tid=45b08b46-0e1d-11e3-ba21-00000aab0f01&acdnat=1377500643_652adbeb747882674cb35b3495fd944b
Les effets bénéfiques d’une supplémentation en vitamine D dans certaines situations pathologiques, notamment pour la prévention du diabète, sont l’objet d’intenses discussions. Des données extraites d’études épidémiologiques suggèrent une corrélation entre déficience en vitamine D et prévalence augmentée des diabètes de type 1 et de type 2 (T1D et T2D). Chez les modèles animaux, une déficience en vitamine D prédispose au diabète, alors qu’une supplémentation en vitamine D possède un effet protecteur contre la maladie. Quoi qu’il en soit, manquent encore à l’arsenal des arguments des études cliniques d’intervention correctement conçues. Nous discutons ici des évidences permettant d’attribuer un rôle clair de la vitamine D dans le diabète et proposons que la déficience en vitamine D soit évitée, particulièrement chez les personnes à risque. Cela devrait être possible par la mise en place de directives au niveau mondial en mettant l’accent sur la supplémentation alimentaire en vitamine D à petites doses. Tom L. Van Belle, Conny Gysemans and Chantal Mathieu, in Trends in Endocrinology and Metabolism, online 21 August 2013, in press

Source: Science Direct / Traduction et adaptation: NZ

mardi 25 juin 2013

Vitamine D et broncho-pneumopathie chronique obstructive: effet d’annonce ou fait établi?

Courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) - ou courbe sensibilité / spécificité des différentes combinaisons de facteurs prédictifs de mortalité des pneumopathies hospitalisés à 30 jours selon le score PSI (Pneumonia Severity Index)  seul, le taux de vitamine D seul, et la combinaison des deux. (...). In Revue des Maladies Respiratoires Actualités Volume 4, Issue 7, December 2012, Pages 689 - 696. [pour exemple rapport pneumopathie - vitamine D] - note traducteur
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877120312703361
D'abondantes découvertes effectuées en laboratoire montrent le rôle important de la vitamine D sur le système immunitaire inné et adaptatif. Chez les êtres humains, des études observationnelles ont associé déficience en vitamine D et risque augmenté de diverses maladies inflammatoires, infectieuses et autoimmunes. Concernant la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), des données conflictuelles ont été rapportées. La plupart des études épidémiologiques effectuées jusqu’à présent l’ont été sur groupes restreints ; ainsi, des études longitudinales plus importantes effectuées sur des échantillons de la population et sur des cohortes de patients atteints de BPCO sont recommandées. Une explication des résultats discordants obtenus sur la BPCO pourraient être reliés à la complexité des voies de signalisation intracellulaires de la vitamine D ; ce qui, notamment, n’est pas reflété par les niveaux systémiques du précurseur 25-hydroxyvitamine D. Pour la BPCO en particulier, notre hypothèse est que la régulation négative du « signal » vitamine D au niveau du récepteur et au-delà, pourrait expliquer pourquoi mécanismes pro-inflammatoires des voies aériennes sont insuffisamment contrôlés - ou ne sont pas contrôlés du tout - par des mécanismes vitamine D dépendants. Dans une maladie dont une caractéristique est la résistance aux glucocorticoïdes, l’activation potentielle et la réactivation d’un système intrinsèque complet de contrôle immunitaire devrait attirer une attention plus soutenue dans la mise au point d’interventions à potentiel thérapeutique prometteur. Dr Wim Janssens MD et al, in The Lancet Respiratory Medicine, Early Online Publication, 24 June 2013-06-25

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ 

jeudi 6 janvier 2011

Hautes doses de vitamine D3 pendant la phase de traitement antimicrobien intensif de la tuberculose pulmonaire: essai randomisé contrôlé en double aveugle

Bactéries de la tuberculose. Source: Science Photo Library
La vitamine D était utilisée comme traitement de la tuberculose avant l'existence des antibiotiques; ses métabolites induisant une immunité anti myco-bactérienne in vitro. Des essais cliniques pour la mise en évidence des effets de l'adjonction de vitamine D sur la transformation des cultures d'expectorations n'ont pas été réalisés jusqu'à présent.

La présente étude est un essai multicentrique réalisé à Londres (Royaume - Uni) au cours duquel est testé l'effet de l'administration de vitamine D chez des adultes positifs au frottis d'expectoration. (...) Le paramètre principal mesuré était celui du temps écoulé entre le début du traitement et l'observation de transformation des cultures d'expectoration. Les patients ont été génotypés pour les polymorphismes Taql et Fokl du récepteur à vitamine D et des analyses effectuées pour déterminer l'influence du génotype du récepteur à vitamine D sur la réponse à la vitamine D3. (...)

126 adultes on été inclus dans l'analyse d'efficacité primaire (62 individus recevant le traitement à la vitamine D et 64 individus recevant le placebo). (...)

L'administration de 4 doses de 2.5 mg de vitamine D3 a provoqué une augmentation des concentrations sériques en 25-hydroxyvitamine D chez les patients en phase de traitement intensif de la tuberculose pulmonaire. L'administration de la vitamine D3 n'a pas eu d'effet significatif sur la transformation des cultures d'expectorations sur la population prise globalement; mais ce traitement a eu un effet significatif sur la transformation des cultures d'expectorations chez les sujets porteurs du génotype tt du polymorphisme Taql du récepteur à vitamine D. Adrian R Martineau et al, in The Lancet, Early Online Publication, 6 January 2011

Source: http://www.thelancet.com/ Traduction et adaptation: NZ