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mercredi 31 octobre 2018

#thelancetinfectiousdiseases #entérovirus #PCR Évaluation du test PCR de mesure de l’entérovirus sanguin dans des population pédiatriques atteintes de fièvre d’origine inconnue, de maladie apparentée au sepsis, ou avec suspicion de méningite : étude de cohorte multicentrique observationnelle et prospective

Entérovirus 71
Source iconographique et légendaire: https://www.flickr.com/photos/ajc1/8405362662

Les entérovirus sont la cause la plus fréquente de méningite aigüe, on les rencontre avec une fréquence croissante dans les maladies apparentées au sepsis et dans les fièvres de source inconnue dans la population pédiatrique. La détection de l’entérovirus dans des échantillons de liquide céphalorachidien (CSF) par la technique PCR représente la référence absolue des tests de dépistage en termes de fiabilité. Notre but était d’évaluer la méthode de détection de l’entérovirus dans des échantillons sanguins par PCR.

Nous avons effectué cette étude multicentrique observationnelle et prospective dans 35 services de pédiatrie et d’urgence, dans 16 hôpitaux situés sur le territoire Français. Nous avons recruté des nouveaux-nés (âge 28 jours) et des nourrissons (d’âge > 28 jours à âge 2 ans) atteints de fièvre d’origine inconnue, de maladie apparentée au sepsis, ou avec suspicion de méningite, et des enfants (d’âge > 2 ans à âge 16 ans) avec suspicion de méningite, qui étaient définis comme admissibles dans les hôpitaux participant à l’étude. Nous avons utilisé un formulaire standard pour recueillir les données démographiques, cliniques, de laboratoire, sous forme anonymisée. Les tests PCR de détection de l’entérovirus étaient effectués dans des échantillons de sang et de liquide céphalorachidien.

Entre le 1er juin 2015 et le 31 octobre 2015, et entre le 1er juin 2016 et le 31 octobre 2016, nous avons recruté 822 patients, dont 672 ont subi des tests de détection de l’entérovirus dans des échantillons de sang et de liquide céphalorachidien. 
L’entérovirus était détecté chez 317 (47%) patients dans le sang ou le liquide céphalorachidien, ou les deux, (chez 71 nouveaux-nés, 83 nourrissons, et 163 enfants). 
La détection de l’entérovirus était plus fréquente dans les échantillons de sang que dans les échantillons de liquide céphalorachidien chez les nouveaux-nés (70 [99%] sur 71 versus 62 [87%] sur 71 ; p=0.011) et les nourrissons (76 [92%] sur 83 versus 62 [75%] sur 83 ; p=0.008) ; elle était moins fréquente dans les échantillons sanguins que dans les échantillons de liquide céphalorachidien chez les enfants (90 [55%] sur 163 versus 148 [91%] sur 163 ; p<0.0001). 
La détection de l’entérovirus était moins fréquente dans les échantillons de sang que dans les échantillons de liquide céphalorachidien chez les nourrissons âgés de deux ans ou moins atteints de fièvre d’origine inconnue (55 [100%] sur 55 versus 41 [75%] sur ; p=0.0002) ou atteints de maladie apparentée au sepsis (16 [100%] sur 16 versus neuf [56%] sur 16 ; p=0.008). 
La détection de l’entérovirus était moins fréquente dans le sang que dans le liquide céphalorachidien chez les patients avec suspicion de méningite (165 [67%] sur 246 versus 222 [90%] sur 246 ; p<0.0001).

Le test de détection de l’entérovirus par la technique PCR devrait faire partie intégrante des directives cliniques de pratique diagnostique chez les nourrissons âgés de deux ans ou moins. Ce test devrait permettre la diminution du temps de séjour à l’hôpital et pourrait réduire le temps d’exposition aux antibiotiques chez les patients à faible risque admis aux services des urgences pour maladie fébrile. Jérémy Lafolie, Pharm D, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 30 octobre 2018

Financement : CHU de Clermont – Ferrand, France

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 8 mai 2015

#thelancet #vintage #méningite #méningocoque #nasopharynx Note sur un cas de méningite cérébro-spinale : La ténacité du méningocoque

Le soldat Louis Etienne Gougnard mobilisé au 138ème R.I.T, est mort à l'hôpital Aufrédy, La Rochelle, France, le 7 mai 1915 , d'une méningite cérébro-spinale.
Source: http://milleansabouhet.pagesperso-orange.fr/html/fichier-photo/guerre14-18/pages/hopital.aufredy.htm
Le cas dont la présentation est faite ci-après, peut-être d’intérêt pour ce qui est de montrer la période de temps au cours de laquelle il est encore possible d’observer la présence du méningocoque dans le nasopharynx après guérison apparente de la maladie.

Un cas de méningite cérébro-spinale m’a personnellement été notifié le 2 mars 1915, le matin même du décès du patient après 5 jours de maladie. C’était un garçon de 9 ans. Après enquête à propos de ce cas précisément, j’ai découvert que son frère aîné était rentré de Deal (Royaume – Uni), après son renvoi de l’armée le 2 février 1915. Il se sentait malade, souffrant de maux de tête et de douleur au niveau des membres ; partageant le même lit que son jeune frère déjà mentionné. Une semaine plus tard, se sentant mieux, il s’en est rentré chez lui, dans sa ville, et repris un travail. Le 31 mars, j’ai prélevé un échantillon au niveau de son nasopharynx, et l’ai immédiatement envoyé pour examen au Laboratoire de Bactériologie du comté, à Weston-super-Mare, et ai reçu le 4 avril un certificat du Dr. W. G. Savage statuant « Méningocoque présent ».
Le cas est intéressant, du fait qu’il montre que malgré une survie de seulement cinq heures dans un prélèvement, le méningocoque survit pendant au moins deux mois au niveau du nasopharynx. Henry J. Alford, M.D. Lond., Medical Officer of Health of Taunton ; dans The Lancet, 8 mai 1915

Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ