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vendredi 18 septembre 2015

#thelancet #cathéter #infection #chlorexidinealcoolique #polyvidoneiodéealcoolique Antisepsie cutanée avec chlorexidine alcoolique versus polyvidone iodée alcoolique avec ou sans frottement de la peau, pour la prévention des infections liées aux cathétérs intraveineux (CLEAN) : étude multicentrique randomisée en ouvert et contrôlée selon un plan factoriel deux à deux

Source: http://www.revmed.ch/rms/2007/RMS-137/32761
Les infections liées aux cathéters intravasculaires sont des événements mettant la vie en danger des patients sous traitement. L’optimisation de l’antisepsie cutanée est essentielle à la prévention des infections liées aux cathéters pouvant survenir à court terme. Nous avons émis l’hypothèse selon laquelle la chlorexidine alcoolique serait plus efficace que le polyvidone iodée alcoolique comme antiseptique pour la prévention des infections liées aux cathéters.

Dans cette étude multicentrique randomisée en ouvert et contrôlée, selon un plan factoriel deux à deux, nous avons recruté consécutivement des adultes (âge 18 ans) admis dans l’une des 11 unités de soins intensifs situées en France retenues pour cette étude, requérant au moins un cathéter central, d’hémodialyse ou artériel. Avant l’insertion du cathéter, nous avons réparti les patients de manière aléatoire (1:1:1:1) - à l’aide d’un générateur internet de nombre aléatoires (par blocs permutés de 8, stratifiés par centre) - pour subir un cathéthérisme intravasculaire préparé avec de la chlorexidine- alcool isopropylique à 70% (chlorexidine alcoolique) ou  de la polyvidone  iodée éthanol à 69% (polyvidone iodée alcoolique), avec ou sans frottement de la peau avec un détergent avant application antiseptique. À la fois les médecins et les infirmières avaient accès au tableau de randomisation ; ni les microbiologistes ni les évaluateurs de l’étude n’y avaient accès. Le critère principal d’évaluation de l’étude était l’incidence d’infections liées aux cathéters avec chlorexidine alcoolique versus polyvidone iodée alcoolique évaluée dans la population en intention de traiter.

Entre le 26 octobre 2012, et le 12 février 2014, 2546 patients étaient éligibles pour participer à l’étude. Nous avons assigné de manière aléatoire 1181 patients (2547 cathéters) à la chlorexidine alcoolique (594 patients avec  frottement, 587 sans frottement) et 1168 patients (2612 cathéters) à la polyvidone iodée alcoolique (580 patients avec frottement, 588 sans frottement). La chlorexidine alcoolique était associée à une incidence plus faible des infections liées aux cathéters (0.28 versus 1.77 pour 1000 cathéters-jour avec polyvidone iodée alcoolique) ; hazard ratio 0.15, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.05-0.41 ; p=0.0002). Le frottement n’était pas associé à une différence significative de colonisation du cathéter (p=0.3877). Aucun évènement indésirable systémique n’a été rapporté, mais des réactions cutanées sévères sont survenues plus fréquemment chez les patients sous chlorexidine alcoolique (27 [3%] patients versus sept [1%] avec polyvidone iodée alcoolique ; p=0.0017) ayant conduit à l’arrêt de la chlorexidine chez deux  patients.

Pour l’antisepsie de la peau, la chlorexidine alccolique fournit une meilleure protection contre les infections à court terme liées aux cathéters que la polyvidone iodée alcoolique ; la chlorexidine alcoolique devrait donc être incluse dans tous les faisceaux de cathéters pour la prévention des infections intravasculaires liées aux cathéters. Prof Olivier Mimoz, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 17 septembre 2015

Financement : Hôpital Universitaire de Poitiers, CareFusion

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ

mardi 21 mai 2013

Risque de thromboembolisme veineux associé aux cathéters centraux insérés par voie périphérique : revue de littérature systématique et méta-analyse

PICC inséré dans la veine brachiale droite. In Journal de Radiologie, Volume 89, Issues 7-8, July 2008, Pages 907 - 909
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0221036308738824
Les cathéters centraux insérés par voie périphérique (PICCs) sont associés à un risque accru de thromboembolisme veineux. Cependant, l’importance de ce risque, en comparaison de celui induit par d’autres cathéters centraux (CVCs), reste inconnu. Nous avons effectué une revue systématique et une méta-analyse pour comparer le risque de thromboembolisme veineux associé aux PICCs versus celui associé à d’autres CVCs.

Nous avons recherché dans diverses bases de données, notamment Medline, Embase, Biosis, Chochrane Central Register of Controlled Trials, Conference Papers Index, et Scopus. Des études complémentaires ont été identifiées par des recherches bibliographiques effectuées manuellement et des recherches internet ; nous avons contacté par ailleurs des auteurs d’études afin d’obtenir des données non publiées. Toutes les études effectuées chez l’homme; qu'elles soient publiées dans leur intégralité, ou encore sous forme de résumé ou de communication affichée, étaient éligibles. Toutes les études étaient effectuées chez des patients adultes âgés de 18 ans et plus, et qui avaient subi une insertion de cathéter PICC. Les études ont été évaluées à l’aide de l’échelle de Newcastle-Ottawa, pour la prise en compte des biais. Dans les études sans groupe témoin, la fréquence regroupée des cas de thromboembolisme veineux a été calculée chez les patients porteurs d'un cathéter PICC. Dans les études comparant les PICCs avec d’autres CVCs, les résultantes des données de probabilités (ORs – summary of odds ratios dans le texte) ont été calculées à l’aide d’un modèle de méta-analyse à effets aléatoires.   

Sur les 533 citations identifiées, 64 études (12 avec groupe témoin et 52 sans groupe témoin), incluant 29503 patients; ont satisfait aux critères d’éligibilité. Dans les études sans témoin, la fréquence pondérée des thromboses liées aux cathéters PICCs était plus élevée chez les patients gravement malades (13,91% ; Intervalle de Confiance – IC – 95% 7,68-20,14) et chez ceux atteints de cancer (6,67% ; 4,69-8,64). Notre méta-analyse de 11 études comparant le risque de thrombose veineuse profonde liée à un cathéter PICC avec le risque induit par un cathéter CVC a montré que les PICCs étaient associés à un risque accru de thrombose veineuse profonde (OR 2,55 ; 1,54-4,23 ; p<0,0001) mais pas d’embolisme pulmonaire (aucun événement).  (…)

Les cathéters PICCs sont associés à un risque accru de thrombose veineuse profonde notoirement plus élevé que les CVCs, plus spécialement chez les patients gravement malades ou ceux atteints d’une pathologie maligne. La décision de poser un cathéter PICC devrait être guidée par la mesure pondérée du risque de thrombose versus le bénéfice apporté par ces dispositifs. Dr Vineet Chopra MD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 20 May 2013

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ