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lundi 22 juillet 2013

Erlotinib versus docetaxel comme traitement de deuxième ligne chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules avancé avec tumeurs porteuses du gène EGFR de type sauvage (TAILOR) : un essai randomisé contrôlé.

Place des Epidermal Growth Factor Receptor Tyrosine Kinase inhibitors dans le traitement des cancers bronchiques non à petites cellules avancés. (...). In Revue des Maladies Respiratoires Volume 28, Issue 4, April 2011, Pages 565 - 577
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S076184251100132X
L’erlotinib est un médicament répertorié, indiqué dans le traitement de tous les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC). Cependant, son efficacité dans le traitement de patients dont les tumeurs sont porteuses du gène EGFR de type sauvage – incluant la grande majorité des patients – reste controversée. Nous avons étudié l’efficacité de l’erlotinib en comparaison d’une chimiothérapie standard de deuxième ligne chez ces patients.

Nous avons effectué  cet essai randomisé contrôlé dans 52 hôpitaux situés en Italie. Nous avons recruté des patients atteints de NSCLC métastatique, qui avaient reçu une chimiothérapie à base de platine, et dont les tumeurs avaient été confirmées porteuses du gène EGFR de type sauvage par séquençage direct. Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir soit l’erlotinib per os à raison de 150 mg/jour soit le docetaxel par voie intraveineuse à raison de 75 mg/m2 tous les 21 jours ou 35 mg/m2 aux jours 1, 8, et 15, tous les 28 jours. La randomisation était stratifiée par centre, stade de développement de la maladie, type de chimiothérapie de première ligne et d’indice fonctionnel. À la fois les patients, les investigateurs et le personnel d’évaluation de l’étude avant analyse avaient accès au tableau d’allocation des traitements ; en revanche, les investigateurs en charge de l’analyse des résultats l’ont effectuée en aveugle. (…).

Nous avons testé 702 patients ; 540 d’entre eux ont été génotypés. 222 patients ont été retenus pour recrutement (110 pour recevoir le docetaxel versus 112 pour recevoir l’erlotinib). La survie médiane était de 8,2 mois (Intervalle de Confiance – IC – 95% 5,8 – 10,9) avec le docetaxel versus 5,4 mois avec l’erlotinib (Hazard Ratio ajusté [HR] 0,73 ; IC 95% 0,53 – 1,00 ; p=0,05). La survie sans progression de la maladie était significativement meilleure chez les patients sous docetaxel que chez les patients sous erlotinib : la survie sans progression était de 2,9 mois (IC 95% 2,4 – 3,8) avec docetaxel versus 2,4 mois (2,1 – 2,6) avec erlotinib (HR ajusté 0,71 ; IC 95% 0,53 – 0,95 ; p=0,02). Les effets toxiques de grade 3-4 les plus communément relevés étaient : nombre absolu de neutrophiles faible (21 [20%] patients sur les 104 du  groupe docetaxel versus aucun patient sur les 107 du groupe erlotinib), effets toxiques dermatologiques (aucun versus 15 [14%]) et asthénie (dix [10%] versus six [6%]).

Nos résultats montrent que la chimiothérapie est plus efficace que l’erlotinib comme traitement de deuxième ligne pour les patients atteints de NSCLC avec tumeurs porteuses du gène EGFR de type sauvage. Marina Chiara Garassino MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 22 July 2013

Financement: Agenzia Italiana del Farmaco


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ