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jeudi 6 février 2014

Thérapie cognitive destinée aux personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique et ne recevant pas de traitement pharmacologique antipsychotique pour ces pathologies: essai en simple aveugle, randomisé et contrôlé

Cortex temporal (vue de dessous). A gauche: modification du volume cérébral à l'adolescence chez le sujet sain; plus la couleur est chaude, plus la modification est importante (image adaptée de Gogtay et al PNAS 2004). Au centre: sillon collatéral chez un adolescent sain et (à droite) chez un adolescent atteint de schizophrénie.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/schizophrenie
Les médicaments antipsychotiques sont habituellement utilisés comme traitement de première intention de la schizophrénie ; cependant, beaucoup de patients refusent ou interrompent le traitement pharmacologique de leur pathologie. Notre but était d’établir si une thérapie cognitive était efficace pour réduire les symptômes psychiatriques chez les personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique qui avaient choisi de ne suivre aucun traitement pharmacologique.

Nous avons réalisé un essai en simple aveugle, randomisé et contrôlé dans deux centres situés au Royaume – Uni entre le 15 février 2010 et le 30 mai 2013. Les participants, âgés de 16 à 65 ans, atteints de troubles du spectre schizophrénique et qui avaient choisi de ne pas prendre de médicament antipsychotique contre la psychose, ont été assignés de manière aléatoire (1:1) par un système généré par ordinateur avec permutation de blocs (de quatre ou six patients), pour recevoir une thérapie cognitive + traitement selon les pratiques habituelles ou le traitement selon les pratiques habituelles seul. La randomisation a été stratifiée par site. Les évaluateurs de l’essai n’avaient pas accès au tableau de randomisation. Notre paramètre primaire d’efficacité était le score PANSS (Positive and Negative Syndrome Scale) atteint, mesuré à la ligne de base, et aux mois 3, 6, 9, 12, 15, et 18. L’analyse a été effectuée en intention de traiter, à l’aide d’un modèle ANCOVA ajusté pour le site, l’âge, le sexe, et les symptômes évalués à la ligne de base. (…).

74 sujets ont été assignés de manière aléatoire pour recevoir thérapie cognitive + traitement selon les pratiques habituelles (n=37), ou le traitement seul selon les pratiques habituelles (n=37). Le score PANSS total s’est montré significativement plus faible dans le groupe thérapie cognitive que dans le groupe traitement seul selon les pratiques habituelles, avec un effet effectif de groupe estimé à de -6.52 (Intervalle de Confiance [IC] 95% -10.79 à -2.25 ; p=0.003). Nous avons enregistré huit évènements indésirables graves : deux chez des patients du groupe thérapie cognitive (un patient par surdose volontaire et un patient présentant un danger pour les autres, tous deux post-thérapie), et six dans le groupe traitement selon les pratiques habituelles (deux décès, tous deux jugés non associés à leur participation à l’essai ou à leur état mental ; trois hospitalisations obligatoires dû à un acte de démence ; et un par surdose volontaire).

La thérapie cognitive a significativement réduit les symptômes psychiatriques et semble représenter une alternative sûre et acceptable chez des personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique qui ont choisi ne pas prendre de traitement pharmacologique antipsychotique. (…). Toutefois, un essai de plus grande envergure est nécessaire pour pouvoir formellement statuer. Prof Anthony P Morrison D Clin Psy et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 6 février 2014  

Financement: National Institute for Health Research


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ