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vendredi 18 avril 2014

Précision du diagnostic par imagerie TEP et IRM fonctionnelle dans les troubles de la conscience : étude clinique de validation

Des chercheurs du CNRS (...) et de NeuroSpin (Inserm/CEA) montrent que des nourrissons possèdent dès cinq mois une forme de conscience similaire à celle des adultes (Science, 19 avril 2013). Présent cliché: (...) bébé de cinq mois qui a participé à cette étude avec sa mère.
Source iconographique et légendaire: http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3079.htm
Les examens cliniques au chevet du patient montrent des taux élevés d’erreurs de diagnostic de syndrome de veille non répondant (état végétatif) ou état de conscience minimal. Le diagnostic et l’utilité des approches de diagnostic par neuro-imagerie n’ont pas été établies dans un contexte clinique. Nous avons effectué une étude de validation à l’aide de deux méthodes de diagnostic mises en œuvre sur la base de techniques de neuro-imagerie : imagerie TEP et IRM fonctionnelle (IRMf).

Dans cette étude clinique de validation, nous avons inclus des patients admis à l’Hôpital Universitaire de Liège, Belgique, entre janvier 2008 et juin 2012, chez lesquels ont été posés les diagnostics de syndrome de veille non répondant, de syndrome de verrouillage, ou d’état de conscience minimal du fait de causes traumatiques et non-traumatiques, par notre unité. Nous avons effectué des évaluations cliniques standardisées répétées à l’aide d’une version mise à jour de l’Échelle CRS-R de récupération du coma, de la TEP cérébrale au 18F-fluorodeoxyglucose (FDG), et de l’IRMf au cours de l’activation cérébrale pendant des tâches cognitives. Nous avons calculé la précision du diagnostic des deux méthodes d’imagerie à l’aide du diagnostic CRS-R comme référence. Nous avons mesuré le résultat obtenu après 12 mois à l’aide d’une échelle adaptée de l’Échelle de Glasgow.

Nous avons inclus 41 patients atteints de syndrome de veille non répondant, quatre atteints de syndrome de verrouillage, et 81 atteints d’état de conscience minimal (48=traumatique, 78=non traumatique, 110=chronique, 16=subaigu). La TEP au 18F-FDG a montré une sensibilité élevée pour ce qui est de l’identification de patients atteints d’état de conscience minimal (93%, Intervalle de Confiance -IC- 85-98) et une congruence élevée (85%, 77-90) avec les mesures CRS-R. La méthode d’IRMf active était moins sensible au diagnostic d’état de conscience minimal (45%, 30-61) et montrait une congruence globale plus faible avec les mesures des scores comportementaux (63%, 51-73) que celle d’imagerie TEP. La TEP au 18FDG a permis de prédire correctement le résultat obtenu chez 75 des 102 patients (74%, 64-81), et l’IRMf chez 36 des 65 patients (56%, 43-67). 13 des 42 (32%) patients non répondants sur le plan comportemental  (c’est-à-dire diagnostiqués comme non répondants à l’aide du CRS-R) ont montré une activité cérébrale compatible avec un état de conscience (minimal) (c’est-à-dire, activité associée avec la conscience, mais diminuée en comparaison de celle observée chez les sujets pleinement conscients) avec au moins un test de neuro-imagerie ; 69% d’entre eux (9 patients sur 13) ont recouvré la conscience.

La TEP cérébrale par 18F-FDG pourrait être utilisée en complément des examens au chevet du patient, et de prédire le rétablissement des patients atteints de syndrome de veille non répondant. Une IRMf active pourrait également être utile dans le diagnostic différentiel, mais semble moins précis. Johan Stender MD et  al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 16 avril 2014

Financement : Fonds National Belge pour la Recherche Scientifique (FNRS), Fonds Léon Fredericq, Commission Européenne, Fondation James McDonnell, the Mind Science Foundation, Communauté d’Action de Recherche Concertée de Langue Française, the University of Copenhagen, Université de Liège

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ