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mercredi 18 juin 2014

Thérapie anti-angiopoïetine avec trebananib pour le cancer ovarien récidivant (TRINOVA-1) : un essai de phase 3 randomisé, multicentrique, en double-aveugle et contrôlé par placebo

Cellules cancéreuses d'un cancer de l'ovaire vues au microscope électronique à balayage. (...) "90% des cancer ovariens peuvent être guéris s'ils sont pris à temps. Mais aujourd'hui, dans 75% des cas, on le repère encore trop tard", d'après Karen Lu du Centre Anderson pour le cancer au Texas.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/08/30/21176-espoir-depistage-precoce-cancer-lovaire
L’angiogenèse est une cible valide dans le traitement du cancer épithélial ovarien. Le trebananib inhibe la liaison des angiopoïétines 1 et 2 du récepteur Tie2, et inhibe ainsi l’angiogenèse. Notre but était d’étudier si l’adjonction de trebananib à la chimiothérapie par agent unique paclitaxel améliorait la survie sans progression de la maladie chez des patientes atteintes de cancer épithélial ovarien.

Dans cette étude randomisée, en double – aveugle de phase 3 effectuée entre le 10 novembre 2010 et le 19 novembre 2012, nous avons recruté des femmes atteintes de cancer épithélial ovarien basées dans 32 pays. Les critères d’éligibilité comprenaient notamment le fait d’avoir subi trois traitements ou moins, ainsi qu’une période de temps sans traitement au platine pendant moins de 12 mois. Nous avons recruté les patients à l’aide d’un système vocal interactif informatisé, et les patients ont été affectés de manière aléatoire sous ratio 1:1 pour recevoir en aveugle paclitaxel (80 mg/m2) par voie intraveineuse + [placebo ou trebananib (15 mg/kg)], par la méthode de permutation par blocs (blocs de quatre). Les patients ont été stratifiés sur la base de la période de temps au cours de laquelle ils n’ont pas reçu de platine (0 et 6 mois versus  >6 et 12 mois), de présence ou absence de pathologie mesurable, de la région d’origine (Amérique du Nord, Europe de l’Ouest et Australie, ou reste du monde). Ni le sponsor, ni les investigateurs, ni le personnel soignant sur site, ni les patients n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’efficacité était la survie sans progression de la maladie évaluée sur la population en intention de traiter. (…).

919 patientes ont été recrutées, 461 ont été incluses dans le groupe trebananib et 458 dans le groupe placebo. La survie sans progression de la maladie était significativement plus importante dans le groupe trebananib que dans le groupe placebo (7.2 mois [5.8-7.4] versus 5.4 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 4.3-5.5], respectivement, hazard ratio 0.66, IC 95% 0.57-0.77, p<0.0001). L’incidence des évènements indésirables de grade 3 ou plus était similaire entre les groupes de traitement (244 patients [54%] sur 452 du groupe placebo versus 258 patients [56%] sur 461 du groupe trebananib). Le trebananib était associé à un nombre plus élevé d’évènements indésirables liés à une interruption de traitement que le placebo (77 [17%] patients versus 27 [6%] respectivement) de même qu’une incidence plus élevée d’œdèmes (294 [64%] patients montraient des œdèmes de tout grade dans le groupe trebanabib versus 127 [28%] patients dans le groupe placebo). Les évènements indésirables de grade 3 ou plus comprenaient ascites (34 [8%] dans le groupe placebo versus 52 [11%] dans le groupe trebananib), neutropénies (40 [9%] versus 26 [6%]), et douleurs abdominales (21 [5%] versus  22 [5%]). Nous avons noté des évènements indésirables graves chez 125 (28%) patients dans le groupe placebo et 159 (34%) patientes dans le groupe trebananib. Il y avait une différence de 2% ou moins d’évènements indésirables spécifiquement liés au traitement anti-VEGF (hypertension, protéinurie, complications liés à la cicatrisation des plaies, évènements thromboemboliques, perforations gastro-intestinales), sauf saignements, évènements plus communs dans le groupe placebo que dans le groupe trebananib (75 [17%] versus 46 [10%]).

L’inhibition des angiopoïetines 1 et 2 avec trebananib a fourni une prolongation de survie sans progression de la maladie, significative sur le plan clinique. Cette option anti-angiogénique non-VEGF, appliquée chez des femmes atteintes de cancer épithélial ovarien récurrent devrait être objet d’études dans d’autres contextes, et en combinaison avec d’autres médicaments. Bien que les cas d’œdèmes fussent augmentés, les évènements indésirables anti-VGEF associés n’ont pas eu un rôle majeur. Prof Bradley J Monk MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 18 juin 2014

Financement : Amgen

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ