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mercredi 2 juillet 2014

Amnésie dissociative

Source iconographique: http://www.museum-marseille.org/marseille_cerveau_memoire.htm
L’amnésie dissociative est l’un des troubles psychiatriques le plus énigmatique et le plus controversé. Au cours de deux dernières décennies, l’intérêt pour la compréhension de sa physiopathologie a émergé. Dans ce compte rendu, nous passons en revue les nouvelles données relatives à l’épidémiologie, la neurobiologie et la neuroimagerie de l’amnésie dissociative, et montrons comment les avancées dans la recherche dans les domaines de la mémoire et de la neurobiologie de la dissociation nous informent sur  les modèles pathogéniques proposés concernant ce trouble. L’amnésie dissociative se caractérise par une altération fonctionnelle. De plus, des données préliminaires suggèrent que les personnes affectées montrent un risque suicidaire augmenté ; jusqu’à présent sous-estimé. La prévalence de l’amnésie dissociative diffère de manière significative selon les pays et les populations. Les symptômes ainsi que le cours de la maladie sont également très variables, montrant qu’il s’agit d’un trouble hétérogène. Les caractéristiques cliniques qui l’accompagnent diffèrent également selon les groupes culturels. La plupart des amnésies dissociatives sont rétrogrades et avec des altérations de la mémoire, notamment pour ce qui des expériences vécues relevant de la mémoire autobiographique. L’amnésie dissociative antérograde survenant sans altération de la mémoire rétrograde est rare. Les études de neuroimagerie fonctionnelle relatives à l’amnésie dissociative à altération prédominante de la mémoire rétrograde montrent des altérations de régulation des réseaux propres à la mémoire autobiographique. Il n’existe à l’heure actuelle ni traitement élaboré à partir d’observations factuelles pour l’amnésie dissociative,  ni cadre fonctionnel pour la réadaptation des sujets atteints. De futures recherches sont nécessaires pour ce qui est de la neurobiologie, de l’étiologie, et des options de traitement de cette maladie et des stratégies permettant l’amélioration des diagnostics différentiels. Dr Angelica Staniloiu MD et Prof Hans Markowitsch PhD, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 2 juillet 2014


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ