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vendredi 4 juillet 2014

Échographie en « point de service » chez des patients admis avec symptômes respiratoires : essai en simple aveugle, randomisé et contrôlé

Spirale de la dyspnée chez le malade respiratoire chronique (d'après Young, 1983; Préfaut et coll., 1995). L'origine de la dyspnée est double: une part respiratoire dès l'entrée dans la maladie qui va se compléter, lorsque l'affection se généralise, d'une part musculaire secondaire au déconditionnement.
Source iconographique et légendaire: http://ipubli-inserm.inist.fr/bitstream/handle/10608/97/Chapitre_18.html

Quand il est fait usage de tests standards de diagnostic, l’échographie en « point de service » peut augmenter la proportion de patients avec symptômes respiratoires qui se verront poser un diagnostic correct 4h après admission au service des urgences. Nous avons donc étudié la pratique de l’échographie en « point de service » effectuée au niveau du cœur, des poumons, des veines profondes, en complément des tests de diagnostic initiaux effectués sur cette population de patients.

Dans cette étude prospective, en groupes parallèles, menée au service des urgences de l’Hôpital Universitaire d’Odense, Danemark, des patients (18 ans), montrant une fréquence respiratoire de 20 par minute, une saturation en oxygène inférieure à 95%, placés sous oxygénothérapie, avec dyspnée, toux ou douleurs dans la poitrine, ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’une séquence générée par ordinateur pour soumission à stratégie diagnostique standard (groupe de contrôle) ou des tests de diagnostic standard avec examen d’échographie du cœur, des poumons et des veines profondes en « point de service » en complément (groupe échographie en « point de service »). Le critère principal d’évaluation était le pourcentage de patients attribués d’un diagnostic présomptif correct 4h après admission au service des urgences. Ni les médecins ni les auditeurs de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. Les analyses ont été effectuées en intention de traiter.

Entre le 7 décembre 2011 et le 15 mars 2013, 320 patients ont été assignées au groupe de contrôle (n=160) et au groupe échographie en « point de service » (n=160). L’analyse a été effectuée sur une population de 158 patients du groupe échographie en « point de service » et 157 patients du groupe de contrôle. 4h après admission aux urgences, 139 patients (88.0% ; Intervalle de Confiance -IC- 95% 82.8-93.1) du groupe échographie en « point de service » versus 100 (63.7% ; 56.1-71.3) dans le groupe de contrôle se sont vus attribuer un diagnostic présomptif correct (p<0.0001). À la fois les effets absolus et relatifs étaient de 24.3% (IC 95% 15.0-33.1) et 1.38 (1.01-1.31), respectivement. Aucun évènement indésirable n’a été rapporté.

L’examen d’échographie en « point de service », test de diagnostic sans radiation, réalisé parallèlement aux tests standards de diagnostic, est supérieur aux tests standards de diagnostic réalisés seuls, pour ce qui est de l’établissement d’un diagnostic correct dans les 4h. Il devrait donc être considéré pour utilisation en routine comme faisant partie des tests de diagnostic dans les services des urgences pour les patients admis avec des symptômes respiratoires.

Financement : University of Southern Denmark, Odense University Hospital, et Højbjerg Fund

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ