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vendredi 22 août 2014

Activité et innocuité d’ibrutinib + rituximab chez des patients atteints de leucémie lymphoïde chronique à haut risque : étude de phase 2 en simple bras

Leucémie lymphoïde chronique - Copyright Inserm, D. Dantchev
Source iconographique et légendaire:  http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/une-nouvelle-piste-pour-freiner-la-croissance-des-tumeurs
L’ibrutinib, un inhibiteur covalent de la Bruton Tyrosine Kinase (BTK), est un traitement efficace de la leucémie lymphoïde chronique (LLC) récidivante. Nous avons étudié l’activité et l’innocuité du cocktail ibrutinib + anticorps monoclonal rituximab chez des patients atteints de LLC à haut risque.

Dans cette étude de phase 2 en simple bras, nous avons recruté des patients adultes atteints de LLC à haut risque au Centre de Traitement du Cancer MD Anderson (Houston, Texas, USA). Tous les participants recrutés présentaient des anomalies cytogénétiques à haut risque (délétion 17p, mutation TP53, ou délétion 11q) ou une survie sans progression de la maladie (PFS) courte (PFS < 36 mois) après administration d’une chimio-immunothérapie de première intention au préalable. Les patients avec maladie symptomatique ont reçu 28 cycles d’administration quotidienne d’ibrutinib 420 mg associé à rituximab (375 mg/m2, par voie intraveineuse, chaque semaine au cours du cycle 1, puis une fois par cycle jusqu’au cycle 6), suivi de l’administration du seul ibrutinib 420 mg jusqu’à progression de la maladie ou jusqu’à apparition d’effets toxiques ou autres complications empêchant la poursuite du traitement. Le critère principal d’évaluation de cette étude en était la survie sans progression de la maladie (PFS) sur la population en intention de traiter. (…).

Entre le 28 février 2012 et le 11 septembre 2012, nous avons recruté 40 patients atteints de LLC à haut risques caractérisés ; 20 d’entre eux présentaient une délétion 17p (del[17p]) ou des mutations TP53 (16 avaient reçu un traitement au préalable, quatre n’avaient pas reçu de traitement au préalable), 13 présentaient une délétion 11q (del[11q]), et sept une PFS < 36 mois après chimio-immunothérapie de première intention. Une PFS de 18 mois a été observée chez 78.0 % des patients de la population prise dans son ensemble (Intervalle de Confiance [IC] 95% 60.6-88.5), et chez 72.4% (45.6-87.6) des patients présentant del[17p] ou une mutation TP53. Les effets toxiques se sont montrés faibles à modérés en termes de sévérité (grade 1-2). 10 (25%) patients ont présenté des diarrhées (grade 1 chez neuf patients et grade 2 chez un patient), 14 (33%) patients ont présenté des saignements (huit grade 1 et cinq grade 2), 15 (38%) patients des nausées ou vomissements (dix grade 1 et cinq grade 2), et sept (18%) patients de la fatigue (quatre grade 1 et trois grade 2). Cinq (13%) patients ont présenté des infections de grade 3 (deux infections pulmonaires, une infection du tractus respiratoire supérieur, une septicémie, et une mucosite) ; aucune infection de grade 4 ou 5 n’a été décelée. Un patient a présenté une neutropénie de grade 4.

L’innocuité et l’activité de cocktail ibrutinib + rituximab se sont révélées encourageantes sur cette population de patients atteints de LLC à haut risque; cette combinaison mérite donc d’être l’objet de futures investigations. Dr Jan A Burger MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 21 août 2014

Financements: Pharmacyclics Inc, Cancer Prevention and Research Institute of Texas, Leukemia and Lymphoma Society, National Cancer Institute, MD Anderson Cancer Center.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ