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vendredi 26 septembre 2014

Interventions psychologiques et pharmacologiques relatives au trouble d’anxiété sociale chez les adultes : revue systématique et méta-analyse en réseau

Angoisse, crise de panique, phobie scolaire... Les anxieux - près de 1 Français sur 5 - n'ont jamais été si nombreux, ni si discrets sur leurs troubles. Pourtant, des méthodes permettent de mieux gérer son stress et même d'en tirer profit.
Source iconographique et légendaire: http://www.lexpress.fr/styles/psycho/anxiete-angoisse-crise-de-panique-phobie-scolaire-comment-en-sortir_1250722.html
Le trouble d’anxiété sociale – maladie chronique difficile à vivre, génératrice d’une gêne considérable -  peut être soigné à l’aide d’interventions pharmacologiques, psychologiques et d’entraide. Notre but était de comparer ces interventions et d’identifier quelles sont les plus efficaces pour le traitement aigu du syndrome d’angoisse sociale chez les adultes.

Nous avons effectué une revue de littérature systématique et une méta-analyse en réseau des interventions  entreprises auprès d’adultes souffrant du trouble d’anxiété sociale, identifiés à partir de sources publiées et non publiées, entre 1988 et le 13 septembre 2013. Nous avons analysé les interventions par catégorie de patients et individuellement. Les résultats des interventions étaient exprimés en mesures validées du trouble d’anxiété sociale, rapportés en termes de différences moyennes standardisées (DMSs), en comparaison d’une liste d’attente de référence.

Nous avons inclus 101 essais cliniques (13164 participants) relatives à 41 interventions ou conditions de contrôle (17 catégories) dans les analyses. Les catégories d’interventions pharmacologiques montrant les meilleurs effets sur les résultats des groupes à l’étude par rapport à la liste d’attente de patients étaient les inhibiteurs de la monoamine oxydase (DMS -1.01, Intervalle de Confiance [IC] 95% de -1.56 à -0.45), les benzodiazépines (-0.96, de -1.36 à -0.36), les inhibiteurs de la recapture sélective de la sérotonine et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRS et IRSNA ; -0.91, de -1.23 à -0.60), et les anticonvulsivants (-0.81, de -1.36 à -0.28). En comparaison de la liste d’attente, les catégories efficaces des interventions psychologiques étaient la thérapie cognitive et comportementale (TCC ; DMS -1.19, IC 95% de -1.56 à -0.60), la TCC de groupe (-0.92, de -1.33 à -0.51), les techniques d’ouverture sociale de soi vers les autres (-0.86, de -1.42 à -0.29), l'entraide avec soutien (-0.86, de -1.36 à -0.36), l'entraide sans soutien (-0.75, de -1.25 à - 0.26), et psychothérapie psychodynamique (-0.62, de -0.93 à -0.31). 
Les TCCs individuelles en comparaison d’un placebo psychologique (DMS -0.56, IC 95% de -1.00 à -0.11), les IRS et IRSNA comparées à un cachet placebo (-0.44, de -0.67 à -0.22) étaient les seules catégories d’intervention avec des effets plus importants sur les résultats que leur placebo correspondant. Les TCCs individuelles ont également produit un effet plus important que la psychothérapie psychodynamique (DMS -0.56, IC 95% de -1.03 à -0.11) et la psychothérapie interpersonnelle,  la médiation, et la thérapie de soutien (-0.82, de -1.41 à -0.24).

La TCC individuelle (à propos de laquelle d’autres études ont montré qu’elle engendrait moins de risques d’effets secondaires que la pharmacothérapie) est associée à des effets de grande ampleur. Elle devrait donc être considérée comme la meilleure intervention comme traitement initial contre le trouble d’angoisse sociale. Pour les sujets qui n’adhèrent pas aux interventions psychologiques, ce sont les IRS qui montrent les meilleures évidences de bénéfice thérapeutique. Dr Evan Mayo-Wilson DPhil et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 26 septembre 2014

Financement : National Institute of Health and Care Excellence

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ