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mercredi 8 octobre 2014

#néoplasie #cidofovir #imiquimod Activité, innocuité, et faisabilité de l’administration de cidofovir et imiquimod pour le traitement de la néoplasie vulvaire intraépithéliale (RT3VIN) : un essai de phase 2 multicentrique, ouvert et randomisé

Source: http://revue.medhyg.ch/article.php3?sid=33519
La néoplasie vulvaire intraépithéliale est un trouble de la peau affectant la vulve qui peut devenir cancéreux s’il n’est pas traité. La chirurgie reste le traitement standard chez les patientes atteintes de néoplasie vulvaire intraépithéliale, mais cette approche ne garantit pas la guérison ; de plus, elle peut être défigurante, causant des problèmes à la fois physiques et physiologiques, particulièrement chez les femmes d’âge reproductif. Notre but était d’étudier l’activité, l’innocuité et la faisabilité de deux traitements topiques – à savoir cidofovir et imiquimod – comme alternative à la chirurgie chez des patientes atteintes de néoplasie vulvaire intraépithéliale.

Nous avons recruté des patientes (âge 16 ans) dans 32 centres pour participer à un essai de phase 2, ouvert et randomisé. Les critères d’éligibilité étaient la présence d’une néoplasie vulvaire intraépithéliale de grade 3 confirmée par biopsie et au moins une lésion pouvant être adéquatement mesurée. Nous avons réparti les patientes à un traitement topique avec soit cidofovir 1% (fourni sous forme de gel en tube de 10 g, prévu pour une durée de traitement de 6 semaines) soit  imiquimod 5% (un sachet de 250 mg pour chaque application), à auto-appliquer trois fois par semaine sur une période maximale de 24 semaines. La randomisation (1 :1) a été effectuée par minimisation stratifiée par un système informatique centralisé, avec stratification par hôpital, localisation de la maladie, et stade d’évolution.
Le critère principal d’évaluation était la réponse complète confirmée par histologie effectuée  lors de la  consultation médicale effectuée 6 semaines après le début du traitement et lors de la visite médicale de fin de traitement (30 semaines maximum après le début du traitement). L’analyse des données recueillies pour évaluation du critère principal a été effectuée sur population en intention de traiter. Le critère secondaire d’évaluation était la mesure des effets toxiques (pour évaluation de l’innocuité) et de l’adhésion au traitement (pour évaluation de faisabilité). Nous présentons les résultats après que toutes les patientes aient subi l’évaluation de la réponse au traitement à 6 semaines ; le suivi sur 2 ans des sujets à réponse complète se poursuit encore à ce jour. (…).

Entre le 21 octobre 2009 et le 11 janvier 2013, 180 participantes ont été recrutées pour cette étude ; 89 patientes ont été réparties de manière aléatoire pour recevoir cidofovir et 91 patientes pour recevoir imiquimod. À la visite d’évaluation d’efficacité de traitement, une réponse complète avait été rapportée par 41 (46% ; Intervalle de Confiance [IC] 90% 37.0 – 55.3) patientes sous cidofovir et par 42 (46% ; 37.2-55.3) patientes sous imiquimod. Après 6 semaines de traitement, 156 (87%) patientes (78 dans chaque groupe) avait adhéré aux protocoles respectifs. Cinq patientes du groupe cidofovir et sept patientes du groupe imiquimod se sont retirées de l’étude ou ont été perdues de vue avant la première visite d’évaluation de l’innocuité, à 6 semaines. Les événements indésirables de grade 3 ou plus ont été rapportés chez 31 (37%) patientes sur les 84 sous cidofovir et 39 (46%) sur les 84 sous imiquimod ; les événements de grade 3 et de grade 4 les plus fréquents étant douleur vulvaire, prurit, fatigue, et mal de tête.

Cidofovir et imiquimod se sont montrés actifs, sûrs, et fiables pour le traitement de la néoplasie vulvaire intraépithéliale, ainsi, des études de phase 3 sont à recommander pour de futures investigations. Les deux médicaments représentent des alternatives efficaces à la chirurgie chez des patientes atteintes de néoplasie vulvaire intraépithéliale, après exclusion de l’hypothèse de pathologie invasive occultée.  Amanda Tristram MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 8 octobre 2014

Financement : Cancer Research UK

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ