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mercredi 22 octobre 2014

#schizophrénie #phénotypage #cannabis Accumulation des risques environnementaux déterminant l’âge du début de la schizophrénie : étude approfondie basée sur le phénotypage

Schizophrénie: les chercheurs mettent au point une modélisation informatique des conversations entre thérapeutes et patients.
Source iconographique et légendaire: https://lejournal.cnrs.fr/articles/mieux-diagnostiquer-la-schizophrenie
La schizophrénie est causée par la conjonction de facteurs génétiques et environnementaux, comme l’ont initialement montré les études effectuées chez les jumeaux. Des efforts substantiels ont été consentis dans l’identification des racines génétiques de la schizophrénie, incluant des études d’association pangénomiques de grande ampleur; toutefois, ces travaux n’ont recueilli que des données relatives à un nombre réduit de marqueurs individuels. Dans cette étude, notre but était d’étudier la contribution relative d’études dérivées d’association pangénomiques versus facteurs environnementaux comme déterminants cruciaux de la sévérité de la schizophrénie : âge du début de la maladie, sévérité de la maladie, et mesures socio-économiques prises.

Dans cette analyse parallèle, nous avons étudié 750 patients de sexe masculin, provenant de la base de données de la Göttingen Research Association for Schizophrenia (GRAS), atteints de schizophrénie, et pour qui des données portant à la fois sur leurs polymorphismes de nucléotide simple (SNP) et leur phénotypage approfondi étaient disponibles. Nous avons plus spécifiquement porté nos investigations sur les effets potentiels des allèles à risque dans le déclenchement de la schizophrénie, identifiés dans les études d’association pangénomiques de grande ampleur les plus récentes versus les effets des aléas environnementaux (c. à. d. dommages cérébraux périnataux, consommation de cannabis, neurotraumatisme, psychotraumatisme, urbanicité, et migration) en tant que tels et après cumulation desdits effets, expression du prodrome*, et paramètres socioéconomiques.

Dans cette étude, nous avons pu déterminer que les facteurs environnementaux fréquemment rencontrés se révèlent être des facteurs de risque pour un début de schizophrénie tôt dans la vie, par effets cumulés (manifestation du prodrome jusqu’à 9 années plus tôt ; p=2.9x10-10). En particulier, la consommation de cannabis représente un facteur risque environnemental à très forte corrélation avec une manifestation du prodrome à un plus jeune âge (p=3.8x10-20). En revanche, l’évaluation des risques à partir d’études d’association pangénomiques polygéniques n’ont pas montré d’effets détectables sur les différents phénotypes de schizophrénie rencontrés.

Ces résultats devraient servir à l’élaboration de mesures préventives permettant de réduire les facteurs de risque environnementaux de la schizophrénie, du fait que l’âge de début de la maladie reste un paramètre crucial pour l’avenir le sujet qui en est atteint, ainsi que sur le coût socioéconomique de la maladie. Beata Stepniak MSc et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 22 octobre 2014

Financement:  German Research Foundation (Research Center for Nanoscale Microscopy and Molecular Physiology of the Brain), Max Planck Society, Max Planck Förderstiftung, EXTRABRAIN EU-FP7, ERA-NET NEURON.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

*ensemble des symptômes annonciateurs d'un état pathologique (doctissimo)