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mardi 14 octobre 2014

#VIH #antirétroviraux #OMS Efficacité et rapport coût-efficacité de potentielles interventions face à la croissance des niveaux de transmission de la résistance aux médicaments contre le VIH dans des populations de patients en début de traitement n’ayant pas reçu de thérapie antirétrovirale préalable

Le CHU de Tours héberge le Centre National de Référence du VIH (CNR VIH)
Source iconographique: http://www.chu-tours.fr/le-centre-national-de-reference-du-vih-cnr-resistance-aux-antiretroviraux/
Avec le déploiement continu des thérapies antirétrovirales (ART) dans des milieux à ressources limitées, se développe en parallèle une transmission de la résistance aux médicaments au VIH. Notre but était de comparer l’efficacité et le rapport coût-efficacité des différentes interventions des autorités de santé publique, face aux niveaux importants de transmission de la résistance aux médicaments

Nous avons créé un modèle de transmission du VIH, de sa progression, et des effets de l’ART sur le développement de la résistance, sa transmission, et la disparition de la résistance des virus en l’absence de pression médicamenteuse. Nous avons simulé 5000 scénarios programmés avec des niveaux détectables de prévalence de résistance chez les personnes commençant une ART en 2017 (t0), n’ayant pas été exposés aux médicaments antirétroviraux au préalable. Nous avons utilisé un modèle de prédiction du rapport coût-efficacité des potentiels changements de politique thérapeutique dus aux différents niveaux de prévalence de résistance aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTIs) mesurés dans la population débutant une ART.

Les tests de résistance individuelle avant le début d’une ART ne se sont généralement montrés coûteux, abstraction faite du seuil de rapport coût-efficacité qualifié de correct. À un seuil acceptable de rapport coût-efficacité de 500 $ US par année de vie pondérée par la qualité (QALY), aucun changement de stratégie de traitement n’était classée coûteux  (c’est-à-dire que zero changement de stratégie de traitement impliquerait une valeur inférieure à 500 $ par QALY gagnée), abstraction faite de la prévalence de la résistance aux NNRTIs avant le traitement, du fait de l’augmentation des coûts dus à l’adoption de stratégies alternatives. À un seuil de rapport coût-efficacité de QALY de 1000 $ ou plus, et avec une prévalence de la résistance aux NNRTIs plus élevée que 10%, une stratégie de mesure de la charge virale 6 mois après l’initiation d’une ART montrait un bon rapport coût-efficacité. L’option stratégique consistant à changer le traitement de première ligne standard pour adopter des inhibiteurs des protéases renforcés s’est révélée rentable en situation de prévalence d’une résistance aux NNRTIs plus élevée que 15% et un seuil de rapport coût-efficacité de QUALY supérieur à 2000 $.

Les rapports coût-efficacité des stratégies potentielles à adopter, en réponse à différentes niveaux de résistance aux médicaments contre le VIH avant traitement dépend des compromis entre les priorités budgétaires, représentés par la notion de seuil de rapport coût-efficacité correct. Les résultats obtenus à partir de notre modèle représenteront une substantielle contribution à d’éventuels amendements des recommandations édictées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), relatives au suivi de la résistance aux médicaments chez les patients en début d’ART.  Prof Andrew N Phillips PhD et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant – première, 14 octobre 2014

Financement : OMS (avec contribution de la Fondation Bill & Melinda Gates), CHAIN (Commission Européenne)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ