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mardi 21 avril 2015

#thelancet #dystrophiemusculairededuchenne #idebenone #corticostéroïdes Efficacité de l’idebenone sur la fonction respiratoire chez des patients atteints de dystrophie musculaire de Duchenne ne prenant pas de glucocorticoïdes (DELOS) : étude de phase 3 randomisée en double-aveugle et contrôlée par placebo

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD), appelée aussi myopathie ou maladie de Duchenne, a été identifiée en 1858. C'est une maladie génétique qui touche progressivement l'ensemble des muscles de l'organisme : muscles squelettiques, muscle cardiaque et certains muscles lisses. Les premiers symptômes apparaissent dans l'enfance, vers 3 ans. Seuls les garçons sont atteints. La maladie de Duchenne est due à une altération d'un gène du chromosome X entraînant l'absence d'une protéine indispensable au muscle : la dystrophine. Sur cette image, on observe la régénération de quelques fibres musculaires après un traitement de la myopathie de Duchenne. Cette coupe transversale de muscle humain permet d'observer les myofibrilles constituants chaque fibre musculaire.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/myopathie-de-duchenne
L’insuffisance respiratoire est la cause principale de décès dans la dystrophie musculaire de Duchenne. Nous avons étudié l’efficacité et la sécurité de l’idebenone chez des jeunes patients atteints de dystrophie musculaire de Duchenne, dans un protocole élaboré à partir de résultats obtenus dans des études précliniques de phase 2.  

Dans cette étude multicentrique de phase 3 effectuée en Belgique, Allemagne, Pays – Bas, Suisse, France, Suède, Autriche, Italie, Espagne et aux États – Unis, des patients (âgés de 10 à 18 ans) atteints de dystrophie musculaire de Duchenne ont été répartis en deux groupes (ratio 1:1) de manière aléatoire par randomisation en blocs de quatre patients à l’aide d’un système interactif fonctionnant par internet, pour recevoir idebenone (300 mg trois fois par jour) ou le placebo correspondant, par voie orale pendant 52 jours. Ni le personnel de l’étude, ni les patients n’avaient accès au tableau d’attribution des traitements. Le critère principal d’évaluation de l’étude était le changement en débit expiratoire maximal (DEM) exprimé en pourcentage prédit (DEM%p), à partir de la ligne de base (t=0 semaine) jusqu’à t=52 semaines, mesuré par spirométrie. L’analyse a été effectuée sur population en intention de traiter (ITT), et une ITT modifiée (ITTm), a été définie de manière prospective pour exclure les patients avec au moins 20% de différence en termes de changement annuel en DEM%p, par mesures de spirométrie effectuées à l’hôpital et hebdomadairement à domicile à l’aide d’un appareillage de spirométrie adapté. (…).

La population définie comme ITT comprenait 31 patients du groupe idebenone et de 33 patients du groupe placebo ; la population définie comme ITTm comprenait 30 et 20 patients des deux groupes respectivement. L’idebenone a atténué de manière significative la chute de DEM%p à partir de la ligne de base jusqu’à la semaine 52 dans la population ITTm (-3.05%p [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -7.08 à 0.97], p=0.134, versus placebo -9.01%p [de -13.18 à -4.84], p=0.0001; différence 5.96%p [de 0.16 à 11.76, p=0.044) et dans la population ITT (-2.57%p [de -6.68 à 1.54], p=0.215, versus -8.84%p [de -12.73 à -4.95], p<0.0001 ; différence 6.27%p [de 0.61 à 11.93], p=0.031). L’idebenone a aussi eu un effet significatif sur le DEM (L/min), la mesure hebdomadaire de DEM à domicile, la capacité vitale forcée (CVF) ainsi que le volume expiratoire forcé pendant la 1ère seconde (VEF1). L’effet de l’idebenone sur la fonction respiratoire était similaire chez les patients ayant déjà subi un traitement à base de corticostéroïdes que chez les patients naïfs de tout traitement à base de stéroïdes.
Le traitement des patients par idebenone s’est montré sûr et bien toléré, avec des taux d’événements indésirables similaires dans les deux groupes. Nasopharyngites et maux de tête étaient les événements indésirables les plus fréquemment reportés (idebenone : huit [25%] et six [19%] sur 32 patients ; placebo : neuf [26%] et sept [21%] sur 34 patients). Les diarrhées transitoires et bénignes étaient plus communes dans le groupe idebenone que dans le groupe placebo (huit [25%] versus quatre [12%] patients).

L’idebenone a diminué l’altération de la fonction respiratoire et représente une option nouvelle de traitement des patients atteints de dystrophie musculaire de Duchenne. Prof Gunnar M Buyse, MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 20 avril 2015

Financement : Santhera Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

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