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vendredi 29 mai 2015

#thelancetoncology #cancerdelaprostate #privationandrogénique #gosereline #docetaxel #estramustine Privation androgénique plus docetaxel et estramustine versus privation androgénique seule pour traitement du cancer de la prostate localisé à haut risque (GETUG 12) : essai de phase 3 randomisé et contrôlé

Le Professeur Karim Fizazi est oncologue et spécialiste du cancer de la prostate (...). Pour ce qui est du cancer de la prostate, " Les tumeurs localisées sont classées en différents stades. 1. Les cancers de bon pronostic.  Ceux de pronostic intermédiaire. 3. Ceux à haut risque."
Source iconographique et légendaire:  http://www.parismatch.com/Actu/Sante/Cancer-de-la-prostate-a-haut-risque-les-benefices-d-un-nouveau-protocole-151719

La chimiothérapie stratifiée selon les risques est le traitement standard des cancers mammaire, colorectal, et pulmonaire mais pas du cancer de la prostate localisé à haut risque. Le cocktail docetaxel et estramustine améliore la survie chez les patients atteints de cancer de la prostate résistant à la castration. Nous avons étudié les effets du cocktail docetaxel et estramustine sur la récidive chez des patients atteints de cancer de la prostate localisé à haut risque.

Nous avons effectué cet essai de phase 3 randomisé dans 26 hôpitaux situés en France. Nous avons recruté des patients atteints de cancer de la prostate n’ayant pas reçu de traitement au préalable et présentant au moins un facteur de risque (c’est – à – dire pathologie au stade T3-T4, score de Gleason 8, concentration en antigène spécifique de la prostate > 20 ng/mL, ou ganglions pathologiques positifs). Tous les patients ont été soumis à dissection et stadification de leurs ganglions lymphatiques pelviens. Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) soit à un traitement par privation androgénique (ADT ; gosereline 10.8 mg tous les 3 mois pendant 3 ans) plus quatre cycles de docetaxel au jour 2 à une dose de 70 mg/m2 et d’estramustine 10 mg/kg par jour aux jours 1-5, tous les 3 jours, ou ADT seule. La randomisation était effectuée par ordinateur de manière centralisée, et stratifiée par facteur de risque. Le traitement local était administré à 3 mois. À la fois patients et investigateurs avaient accès au tableau d’attribution des traitements. Le critère principal d’efficacité était la survie sans récidive dans la population en intention de traiter. Le suivi relatif aux autres critères d’évaluation est encore en cours. (…).

Nous avons réparti de manière aléatoire 207 patients dans le groupe ADT plus docetaxel et estramustine et 206 patients dans le groupe ADT seule. La durée médiane de suivi était de 8.8 années (Intervalle Interquartile [IQR] 8.1-9.7). 88 (43%) des 207 patients du groupe ADT plus docetaxel et estramustine ont présenté un événement (récidive ou décès) versus 111 (54%) sur 206 dans le groupe ADT seule. La survie sans récidive à 8 ans était de 62% (Intervalle de Confiance [IC] 55-69) dans le groupe ADT plus docetaxel et estramustine versus 50% (44-57) dans le groupe ADT seule (hazard ratio ajusté [HR] 0.71, IC 95% 0.54-0.94, p=0.017). Sur les patients qui étaient traités par radiothérapie et présentant des données disponibles, 31 (21%) sur 151 du groupe ADT plus docetaxel et estramustine versus 26 (18%) sur 143 du groupe ADT seule ont présenté un effet secondaire de grade 2 ou plus (p=0.61). Nous n’avons pas enregistré d’excès de cancers secondaires (26 [13%] sur 207 versus 22 [11%] sur 206 ; p=0.57), et il n’y a pas eu de décès liés au traitement.

La chimiothérapie à base de docetaxel améliore la survie sans récidive chez les patients atteints de cancer de la prostate localisé à haut risque. Un suivi sur une période de temps plus importante serait nécessaire pour évaluer si ce bénéfice se traduit par une amélioration de la survie sans métastase et de la survie globale. Prof Karim Fizazi, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 28 mai 2015

Financement : Ligue Contre le Cancer, Sanofi-Aventis, AstraZeneca, Institut National du Cancer.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

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