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lundi 8 juin 2015

#thelancetinfectiousdiseases #VIH #VIH-1 #atazanavir #ritonavir #lamivudine #nucléoside #nucléotide Double traitement avec atazanavir-ritonavir plus lamivudine versus triple traitement avec atazanavir-ritonavir plus deux nucléos(t)ides chez des patients virologiquement stables atteints par le VIH-1

Particules virales du virus de l'immunodéficience humaine (VIH)
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/vih-et-sida
Les problèmes communément associés à toute thérapie antirétrovirale devant être poursuivie pendant toute la vie, comme par exemple le besoin d’une stricte observance, les effets toxiques reliés, les difficultés liées au calendrier de prise des traitements, le coût ; signifient qu’une simplification des stratégies devrait être recherchée. Notre but était d’explorer l’efficacité et la sécurité d’un traitement double avec atazanavir – ritonavir plus lamivudine comme option de changement de traitement - à la place d’une triple thérapie antirétrovirale standard - chez des patients atteints d’infection VIH-1 virologiquement supprimés.

Pour cet essai de non-infériorité randomisé, ouvert, nous avons recruté des patients âgés de 18 ans et plus dans 30 hôpitaux situés en Espagne, atteints d’infection VIH-1 chronique et n’ayant montré ni résistance ou ni échec préalables aux traitements, présentant un titre de d’ARN du VIH-1 inférieur à 50 copies par mL depuis au moins 6 mois, négatifs pour ce qui est des antigènes de surface du virus de l’hépatite B, et affichant par ailleurs une bonne santé générale. Les critères d’exclusion étaient les suivants : changement de thérapie antirétrovirale au cours des 4 derniers mois, échec virologique préalable, grossesse ou allaitement, syndrome de Gilbert, absorption de médicaments contrindiqués, anomalies de laboratoire de grade 4, et intolérance préalable aux médicaments à l’étude.
Nous avons réparti les patients de manière aléatoire (1:1 ; stratifiés selon le statut d’infection au virus de l’hépatite C et traitement préalable, à l’aide d’une séquence de nombres aléatoires générée par ordinateur) à un traitement double avec atazanavir per os (300 mg une fois par jour) et ritonavir (300 mg une fois par jour) plus lamivudine (300 mg par jour) ou traitement triple avec atazanavir per os (300 mg une fois par jour) et ritonavir (100 mg par jour) plus deux inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse, au choix des investigateurs.
Le critère principal était la réponse virologique, définie par un titre d’ARN de VIH-1 inférieur à 50 copies par mL à la semaine 48 dans la population per-protocole, avec une marge de non-infériorité de 12%. Nous avons inclus les patients qui recevaient au moins une dose du médicament à l’étude dans l’analyse de sécurité. (…).

Entre le 29 septembre 2011 et le 2 mai 2013, nous avons réparti 286 patients (143 [50%] dans chaque groupe). À la semaine 48 dans la population per protocole, 112 (84%) des 133 patients ont montré une réponse virologique dans le groupe traitement double versus 105 (78%) sur 135 dans le groupe traitement triple (différence 6% Intervalle de Confiance [IC] 95% de -5 à 16%), montrant ainsi une non-infériorité au niveau précisé au départ. 14 (5%) patients ont présenté des événements indésirables (traitement double : six [4%] ; traitement triple huit [6%]) ; aucun de ces événements n’a été imputé aux médicaments à l’étude. Les événements indésirables de grade 3-4 étaient similaires entre les groupes (traitement double : 77 [55%] sur 140 ; triple traitement 78 [55%] sur 141). Les interruptions de traitement (sortie d’étude) étaient moins nombreuses dans le groupe traitement double (trois [2%]) que dans le groupe traitement triple (dix [7%] ; p=0.047).

Dans notre essai, le traitement double s’est révélé efficace, sûr, et non – inférieur au traitement triple chez les patients atteints d’infection VIH-1 virologiquement supprimés qui changent de thérapie antirétrovirale du fait d’effets toxiques, d’intolérance, ou de simplification. Cette combinaison a le potentiel de supprimer certains des effets toxiques à long terme associés aux inhibiteurs nucléosidiques et/ou nucléotidiques de la transcriptase inverse, de préserver du futures options de traitement, et de réduire les coûts de la thérapie antirétrovirale. José A Perez-Molina, PhD et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 7 juin 2015

Financement : Bristol Myers-Squibb et Fundación SEIMC-GESIDA.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ