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mercredi 16 septembre 2015

#thelancetpsychiatry #opiacés #thérapiedesubstitution #buprenorphine #méthadone Risque de mortalité d’une thérapie de substitution des opiacés : comparaison de la substitution par méthadone versus substitution par buprenorphine : étude rétrospective de cohorte

La dépendance aux opiacés est un diagnostic médical caractérisé par l’incapacité d’un individu à stopper la prise d’opiacés (héroïne, morphine, oxycodone, codéine, hydrocodone, etc.).
Cette dépendance est très difficile à gérer, mais elle peut être traitée efficacement.
Source iconographique et légendaire:http://www.desintoxicationdrogue.fr/traitement-des-symptomes-de-manque-aux-opiaces-et-de-la-dependance 
La dépendance aux opiacés augmente le risque de mortalité prématurée. La thérapie de substitution des opiacés par la méthadone ou la buprenorphine réduit le risque de mortalité, spécialement par overdose. Les directives cliniques recommandent la méthadone comme traitement de substitution aux opioïdes de première intention. Notre but était de tester si un traitement à base de buprenorphine induisait un risque de mortalité plus base qu’un traitement à base de méthadone, en comparant la mortalité toutes causes confondues et la mortalité liée à l’overdose de médicament au cours du traitement par induction, après passage à d’autres médicaments pendant le traitement, et après l’interruption du traitement.

Nous avons effectué une étude rétrospective de cohorte chez tous les patients présentant une dépendance aux opiacés (n=32 033) dans la région de la Nouvelle Galle du Sud, Australie, qui avaient commencé un traitement à base de méthadone ou buprenorphine à partir du 1er août 2001 jusqu’au 31 décembre 2010, incluant 190 232.6 personnes-années au suivi. Nous avons comparé les taux bruts de mortalité (CMRs) toutes causes confondues versus mortalité par overdose de médicament, ainsi que les ratios des taux de mortalité (MRRs) en fonction de l’âge, du sexe, de la période de temps avec ou sans traitement, du type de médicament, et du passage à un autre médicament au cours du traitement.

Les patients qui ont commencé leur traitement avec la buprenorphine ont présenté une diminution de la mortalité toutes causes confondues et de la mortalité liée au médicament au cours des 4 premières semaines de traitement, en comparaison de ceux qui avaient commencé leur traitement avec la methadone (MRR ajusté pour toutes causes confondues 2.17, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.29-3.67 ; MRR ajusté en fonction du médicament 4.88, 1.73-13.69). Pour la période de temps restant à passer sous traitement, le risque de mortalité due au médicament n’a pas montré de différence (MRR ajusté 1.18, IC 95% 0.89-1.56), mais de ténus éléments de preuve ont suggéré que la mortalité toutes causes confondues était plus basse sous buprenorphine que sous méthadone (1.66, 1.40-1.96). Dans les 4 semaines suivant l’interruption du traitement, la mortalité toutes causes confondues est restée constante, toutefois, la mortalité due au médicament s’est révélée plus faible (MRR ajusté pour toutes causes 1.12, 0.79-1.59 ; MRR ajusté en fonction du médicament 0.50, 0.29-0.86). Les patients étant passés de la buprenorphine à la méthadone pendant le traitement ont présenté une mortalité plus basse au cours des 4 semaines sous méthadone que les contrôles appariés qui n’avaient reçu que de la méthadone (différence en CMR : 7.1 pour 1000 personnes-années, IC 95% 0.1-14.0) ; aucune différence de mortalité n’a été montrée entre les passages de la buprenorphine à la méthadone et  les passages à de méthadone à buprenorphine, au-delà des 4 premières semaines de traitement.

Dans un cadre avec risque de mortalité élevé au cours des 4 premières semaines de thérapie de substitution des opiacés, la buprenorphine semblait réduire la mortalité au cours de cette période, toutefois, peu de différence entre buprenorphine et méthadone n’a été notée par la suite, ou pour ce qui est des passages à un autre médicament pendant le traitement. La corroboration de nos résultats avec d’autres  cohortes, de même que la poursuite d’évaluations du modèle de traitement par étapes est recommandée. Dr Jo Kimber, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 15 septembre 2015

Financement : Australian National Health et Medical Research Council

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ        

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