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mardi 1 décembre 2015

#thelancetdiabetes&endocrinology #maladiescardiométaboliques #préhypertension #mHealth Efficacité d’une intervention de santé mobile afin d’améliorer le profil cardiométabolique chez les personnes atteintes de préhypertension en milieu urbain à faibles ressources en Amérique Latine : un essai randomisé contrôlé

mHealth. Monitorage de signes vitaux sur smartphone.
Source iconographique: http://www.healthitoutcomes.com/doc/mhealth-needs-evidence-evaluation-0001
Mauvaise alimentation et sédentarité sont les causes les plus importantes de l’épidémie de maladies cardiovasculaires, toujours en croissance dans le monde. Les interventions de santé par réseau de téléphonie mobile interposée (mHealth) se sont avérées utiles, pour ce qui est de leur capacité à favoriser la perte de poids et l’exercice physique ; elles représentent par ailleurs une approche attrayante pour des systèmes de santé aux ressources limitées. Notre étude visait à évaluer la capacité du système mHealth - assorti d’une série de recommandations pour l’amélioration du mode de vie - à réduire la pression artérielle, à favoriser la perte de poids, à améliorer l’alimentation et l’activité physique chez des personnes atteintes de préhypertension, vivant en milieu urbain à faibles ressources en Amérique Latine.

Dans cette étude à groupes parallèles, randomisée et contrôlée, nous avons recruté des personnes (âgées entre 20 et 60 ans) présentant une pression artérielle systolique entre 120 et 139 mm Hg, une pression artérielle diastolique entre 80 et 89 mm Hg, ou les deux, dans des centres de santé, lieux de travail, et centres communautaires situés en milieu urbain à faibles ressources en Argentine, Guatemala, et Pérou. Les participants ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir des appels de consultation motivationnels ou des messages textes personnalisés sur leur téléphone portable pendant 12 mois, relatifs à la qualité des comportements alimentaires ou d’activité physique à adopter, ou sur les soins courants. La randomisation a été stratifiée par pays, par sexe et par groupe d’âge. Le personnel de l’étude chargé de la collecte et de l’analyse des données n’avait pas accès au tableau de randomisation. Les critères principaux d’évaluation de l’étude étaient la différence moyenne intergroupe du changement en pression artérielle systolique et diastolique, à partir de la ligne de base à 12 mois. L’analyse sur population en intention de traiter concernait tous les participants ayant achevé les évaluations à 12 mois. Les critères secondaires d’évaluation étaient les changements en poids corporel, tour de taille, et en comportements cibles à partir de la ligne de base à 12 mois. (…).

Entre le 1er mars 2012, et le 30 novembre 2012, nous avons réparti de manière aléatoire 637 participants pour être soumis à intervention (n=316) ou soins courants (n=321). 266 (84%) participants du groupe d’intervention et 287 (89%)  du groupe de contrôle ont été évalués à 12 mois. L’intervention n’a pas affecté le changement en pression artérielle systolique (changement moyen net -0.37 mm Hg [Intervalle de Confiance -IC- de -2.15 à 1.40] ; p=0.43) ou pression artérielle diastolique (0.01 mm Hg [de -1.29 à 1.32]; p=0.99) en comparaison des résultats obtenus par soins courants. Cependant, nous avons noté une réduction significative en poids corporel (-0.66 kg [-1.24 à -0.07] ; p=0.04) et prise d’aliments riches en graisses et en sucres (-0.75 [de -1.30 à -0.20] ; p=0.008] dans le groupe d’intervention en comparaison du groupe de contrôle.
Dans une analyse de sous-groupe prévue à l’avance, nous avons trouvé que les participants du groupe d’intervention qui recevaient plus de 75% des appels (neuf ou plus, jusqu’à 12) présentaient une réduction en poids corporel plus importante (-4.85 [de -8.21 à -1.48]) et en tour de taille (-3.31 [de -5.95 à -0.67]) que les participants du groupe de contrôle. Par ailleurs, les participants du groupe d’intervention ont montré une consommation accrue de fruits et de légumes et une diminution de prise d’aliments riches en sodium, graisses, et sucres simples, par rapport aux participants du groupe de contrôle. Cependant, nous n’avons noté aucun changement en pression artérielle systolique, pression artérielle diastolique ou activité physique dans le groupe de participants recevant plus de 75% des appels, comparé au groupe qui recevaient moins de 50% des appels.

Notre intervention mHealth n’a pas eu d’effet sur les changements  en pression artérielle différant de ceux obtenus par soins courants, mais elle était associée avec une petite réduction en poids corporel et une amélioration des habitudes alimentaires. Nous avons noté un effet dose-réponse, signalant ce faisant de potentielles opportunités d’obtention d’effets plus importants générés par des interventions similaires dans d’autres milieux à faibles ressources. Des recherches supplémentaires concernant mHealth sont nécessaires, plus particulièrement parmi les personnes à faibles revenus et affectées de manière disproportionnée par l’épidémie de maladies cardiovasculaires, et nécessitant des interventions efficaces et abordables pour combler l’écart en matière d’équité dans la gestion des facteurs de risque cardiométaboliques. Professor Adolfo Rubinstein, PhD et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 30 novembre 2015

Financement :  National Heart, Lung, and Blood Institute (US National Institutes of Health) and the Medtronic Foundation.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ