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jeudi 14 avril 2016

#thelancetpsychiatry #prisonnier #actesdeviolence #drogue #alcool Prédiction de récidive de perpétration d’actes de violence après sortie de prison : dérivation et validation externe d’un outil évolutif

Avant-bras de prisonnier.
Source iconographique: https://lorrainenationaliste.files.wordpress.com/2014/12/prisonnier-22.jpg
Plus de 30 millions de personnes sortent de prison chaque année dans le monde, incluant un groupe de personnes à haut risque de perpétration d’actes de violence interpersonnelle. Du fait de l’importante incohérence et de l’inefficace identification de ceux qui pourraient bénéficier d’interventions dans le but de réduire ce risque, nous avons développé et validé une règle pour la prédiction du risque de violences commises chez les prisonniers relâchés.

Nous avons effectué une étude de cohorte sur une population de personnes venant de purger leur peine de prison (incarcération effective), en Suède. Grâce aux couplages effectués à l’aide de registres basés sur la population, nous avons développé des modèles prédictifs de dérivation dans le but de déterminer la force de l’historique de criminalité obtenue en routine, ainsi que les facteurs cliniques et sociodémographiques à l’aide du modèle de régression  aléatoire proportionnelle de Cox (Cox), et les avons testés par validation externe. Nous avons mesuré la discrimination et la calibration pour prédiction de notre critère principal de prédiction d’évaluation de récidive de perpétration d’actes de violence à 1 an et 2 ans après libération, en utilisant les seuils de 10% pour le risque à 1 an et de 20% pour le risque à 2 ans.

Nous avons identifié une cohorte de 47 326 prisonniers ayant purgé leur peine d’incarcération en Suède entre 2001 et 2009, avec 11 263 incidents de récidive de perpétration d’actes de violence au cours de cette période. Nous avons développé un modèle de dérivation en 14 paramètres mesurés pour la prédiction de récidive d’actes de violence et l’avons testé en validation externe (assignant 37 100 sujets au groupe de dérivation et 10 226 au groupe de validation). Le modèle a permis des mesures fiables de discrimination (index c de Harrel 0.74) et de calibration. Pour ce qui est du risque de récidive d’actes de violence à un an, la sensibilité était de 76% (Intervalle de Confiance -IC- 95% 73-79) et la spécificité de 61% (IC 95% 60-62). Les résultats prédictifs positifs et négatifs étaient de 21% (IC 95% 19-22) et de 95% (IC 95% 94-96), respectivement. À 2 ans, la sensibilité était de 67% (IC 95% 64-69) et spécificité était de 70% (IC 95% 69-72). Parmi les sujets avec risque prédictif de récidive d’actes de violence de 50% ou plus, 88% présentaient des troubles dus à la consommation de stupéfiants et d’alcool. Nous avons utilisé le modèle pour générer un calculateur de risque (OxRec) simple, accessible en libre accès sur internet.

Nous avons développé, dans une population de prisonniers incarcérés  en Suède, un modèle prédictif de décision de libération de prisonniers incarcérés par identification de ceux qui présentent un faible risque futur de perpétration d’actes de violence, et de ceux présentant un risque élevé de récidive de perpétration d’actes de violence et pour qui un traitement contre l’abus de stupéfiants et d’alcool serait bénéfique. Prof Seena Fazel, MD, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 13 avril 2016

Financement : Wellcome Trust, the Swedish Research Council, and the Swedish Research Council for Health, Working Life and Welfare.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ