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jeudi 21 juillet 2016

#thelancetoncology #lymphomedehodgkin #nivolumab Nivolumab comme traitement du lymphome de Hodgkin classique après échec de la transplantation des cellules souches et échec du traitement par brentuximab vedotin

Incidence des différentes catégories d'hémopathies malignes chez l'homme et la femme dans différentes régions du monde (Parkin et coll., 2002)
Les cellules malignes du lymphome de Hodgkin classique se caractérisent par des altérations génétiques au niveau du locus 9p24.1, menant à une surexpression des ligands PD-1 ainsi qu’une évasion de la tumeur à la surveillance immunitaire. Dans une étude de phase 1b, le nivolumab, un anticorps bloquant PD-1, a produit une réponse élevée chez des patients atteints de lymphome de Hodgkin classique, avec un profil d’innocuité acceptable. Notre but était d’évaluer le bénéfice clinique et l’innocuité d’une monothérapie nivolumab chez des patients atteints de lymphome de Hodgkin classique après échec de la transplantation autologue de cellules souches et échec du traitement par brentuximab vedotin.

Dans cette étude de phase 2 simple bras toujours en cours, des patients adultes (âgés de 18 ans et plus) atteints de lymphome de Hodgkin classique récidivant, qui n’avaient répondu ni à une transplantation autologue de cellules souches ni à l’administration d’un traitement brentuximab vedotin, et qui présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, ont été recrutés dans 34 hôpitaux et centres académiques situés en Europe et en Amérique du Nord. Les patients ont reçu le nivolumab par perfusion intraveineuse de 60 minutes – à raison de 3 mg/kg administrés en 60 minutes, une fois toutes les deux semaines jusqu’à progression de la maladie, décès, toxicité non tolérable, ou retrait de l’étude.
Le critère principal d’évaluation était la réponse objective au traitement à l’issue d’une période préspécifiée de suivi de 6 mois, mesuré par un comité d’examen indépendant constitué de spécialistes en radiologie (IRRC). Tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de nivolumab ont été inclus dans les analyses d’innocuité et d’évaluation d’atteinte de l’objectif principal. (…).

Parmi les 80 patients recrutés entre le 26 août 2014 et le 20 février 2015, la médiane du nombre de traitements précédemment administrés était de quatre (Intervalle Interquartile [IQR] 4-7). À la période médiane de suivi de 8.9 mois (IQR 7.8-9.9), 53 (66.3%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 54.8-76.4) patients sur 80 ont obtenu une réponse objectivement mesurable par l’IRRC.
Les évènements indésirables reliés aux médicaments les plus fréquents (ceux survenant chez 15% et plus des patients) incluaient fatigue (20 [25%] patients), réaction due à la perfusion (16 [20%]), et éruption cutanée(13 [16%]). Les évènements indésirables de grade 3 ou de grade 4 liés aux médicaments les plus fréquents étaient neutropénie (quatre [5%] patients) et concentrations en lipase augmentés (quatre [5%]). Les évènements indésirables graves les plus communs (tous grades confondus) étaient pyrexie (trois [4%] patients). Trois patients sont décédés au cours de l’étude ; aucun de ces décès n’a été attribué  aux traitements.

Le nivolumab a eu pour résultats des réponses fréquentes accompagnées d’un profil d’innocuité acceptable chez les patients atteints de lymphome de Hodgkin classique en progression, après transplantation autologue de cellules souches et l’administration de brentuximab vedotin. Ainsi, le nivolumab pourrait représenter une option nouvelle de traitement chez cette population de patients, aux besoins largement insatisfaits à ce jour. Le suivi en cours devrait contribuer à l’évaluation de la durabilité de la réponse au traitement. Prof Anas Younes, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 20 juillet 2016

Financement : Bristol – Myers Squibb

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ