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jeudi 1 septembre 2016

#thelancetrespiratorymedicine #insuffisancecardiaque #fractiond’éjection #ventilationassistée Mécanismes sous-jacents liés au risque augmenté de mortalité chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque et fraction d’éjection réduite assignés au hasard à une ventilation assistée contrôlée (étude SERVE-HF) : résultat d’une analyse par modélisation secondaire multi-états

Insuffisance cardiaque
Source iconographique:http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/06/20/10278-insuffisance-cardiaque-defi-progres 
Un essai randomisé de grande ampleur a montré (SERVE-HF) que le traitement de l’apnée centrale du sommeil  à l’aide de la ventilation assistée contrôlée chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque et d’une fraction d’éjection réduite (HFREF) augmentait la mortalité, bien que l’analyse de cette composante du critère principal d’évaluation (temps écoulé jusqu’au premier décès de quelque cause que ce soit, intervention cardiovasculaire salvatrice, ou admission non planifiée à l’hôpital du fait d’une aggravation de l’insuffisance cardiaque) eût montré qu’elle était sans effet. Cette analyse de modélisation secondaire multi-états des données SERVE-HF étudiait l’association entre la ventilation assistée contrôlée et les composantes individuelles du critère principal d’évaluation dans la tentative d’une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents de l’augmentation de mortalité observée.

Dans l’essai SERVE-HF, les participants étaient répartis de manière aléatoire pour recevoir soit le traitement médical optimal pour l’insuffisance cardiaque seule (groupe de contrôle), ou ce même traitement en combinaison avec une ventilation assistée contrôlée. Nous avons analysé les composantes individuelles du critère principal d’évaluation de l’essai SERVE-HF de manière individuelle par modélisation multi-états, avec ou sans les trois covariables suggérées pour la modification de l’effet (défibrillateur automatique implantable à la ligne de base, fraction d’éjection ventriculaire gauche [LVEF], et respiration de Cheyne-Stokes [CSR]). (…).

L’analyse univariée a montré un risque accru de mort cardiovasculaire sans admission préalable à l’hôpital (hazard ratio [HR] 2.59, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.54-4.37, p<0.001) et de mort cardiovasculaire après évènement salvateur (1.57, 1.01-2.44, p=0.045) dans le groupe recevant la ventilation assistée versus le groupe de contrôle.  L’analyse corrigée a montré que le risque accru de mort cardiovasculaire attribué à la ventilation assistée dans la mort cardiovasculaire - sans admission préalable à l’hôpital pour aggravation de l’insuffisance cardiaque - a varié en fonction en fonction de la LVEF et que le risque attribué à l’application d’une ventilation assistée contrôlée à l’admission à l’hôpital pour aggravation de l’insuffisance cardiaque a varié en fonction de la LVEF et de  la CSR. Chez les patients avec une LVEF inférieure ou égale à 30%, l’utilisation d’une ventilation assistée contrôlée a augmenté le risque de mort cardiovasculaire sans admission préalable à l’hôpital de manière significative (HR 5.21, IC 95% 2.11-12.89, p=0.026).

La ventilation assistée contrôlée est associée à une augmentation du risque de mort cardiovasculaire chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque et de fraction d’éjection réduite (LVEF  ≤ 45%), traités pour une apnée centrale du sommeil. Cette analyse de modélisation secondaire multi-états montre que ce risque de mort cardiovasculaire est augmenté chez les patients non admis à l’hôpital au préalable, vraisemblablement du fait d’une mort subite, et chez des patients à faible fonction ventriculaire gauche.  Dr Christine Eulenburg, PhD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 31 août 2016

Financement : ResMed

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ