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lundi 5 décembre 2016

#thelancethaematology #lymphomedumanteau #rituximab #bendamustine #cytarabine Rituximab, bendamustine et cytarabine à faible dose comme thérapie d’induction chez des patients âgés atteints de lymphome du manteau : étude de phase 2 de la Fondazione Italiana Linfomi

Lymphome du manteau
Source: https://zh.wikipedia.org/wiki/File:Mantle_cell_lymphoma_-_intermed_mag.jpg
La combinaison de rituximab, bendamustine, et de cytarabine (R-BAC) a montré une forte activité dans une étude pilote sur le lymphome du manteau, mais son utilisation s’est trouvée restreinte du fait d’une toxicité hématologique élevée. Notre but était d’évaluer l’efficacité et l’efficacité d’un régime R-BAC avec cytarabine à faible dose (RBAC 500).

Dans cette étude multicentrique de phase 2, nous avons recruté des patients naïfs de tout traitement dans 29 centres de la Fondazione Italiana Linfomi situés en Italie, atteints de lymphome du manteau histologiquement diagnostiqué. Les patients devaient être âgés de plus de 65 ans, en bonne forme physique selon l’examen complet d’évaluation gériatrique, ou âgés de 60 à 65 ans s’ils n’étaient pas éligibles pour recevoir une chimiothérapie à haute dose + une transplantation de cellules souches autologues; qu’ils soient en bonne forme physique ou non. Tous les patients ont reçu RBAC 500 (rituximab 375 mg/m2 au jour 1, bendamustine aux jours 2 et 3, et cytarabine aux jours 2-4 ; tous administrés par voie intraveineuse) toutes les 4 semaines jusqu’à six cycles au maximum. Les critères principaux d’évaluation étaient la proportion de patients présentant une réponse complète à la fin du traitement ainsi que la toxicité, définie par l’occurrence de tout épisode conduisant à interrompre le traitement ou tout épisode de toxicité décelable. Tous les patients qui avaient eu un cycle de RBAC500 étaient inclus dans l’analyse principale et l’analyse d’innocuité. En appliquant efficacité et toxicité combinés comme critère principal d’évaluation, nous avons statué que le résultat global d’étude était positif si plus de 28 patients sur les 57 inclus présentaient une réponse complète au traitement et que moins de 18 patients sur les 57 inclus faisaient état d’effets toxiques chez eux. (…).

Entre le 2 mai 2012 et le 25 février 2014, nous avons recruté 57 patients (âge médian 71 ans, Intervalle Interquartile [IQR] 67-75). 54 (95%) patients ont reçu au moins quatre cycles de RBAC500 (trois d’entre eux ont interrompu le traitement du fait de toxicités), et 38 (67%) patients ont accompli six cycles de traitement. Deux (4%) patients ont présenté une progression de leur maladie (un patient après le quatrième cycle de traitement et un patient après le sixième cycle de traitement).
Tous les 52 (91%, limite inférieure unilatérale IC 95% : 85%) autres patients restants dans l’étude ont présenté une réponse complète à la fin du traitement. 23 (40%, limite supérieure unilatérale de IC 95% : 53%) patients sur 57 pont présenté au moins une toxicité décelable. Les toxicités hématologiques de grade 3-4 les  plus fréquemment rencontrées étaient neutropénie (149 [49%] sur 304 cycles) et thrombocytopénie (158 [52%]). La plupart des évènements indésirables non-hématologiques liés au traitement étaient de grade 1-2, les plus fréquemment rencontrés étant fatigue (14 [25%] patients), nausée ou vomissements (12 [21%]), réactions liées aux perfusions ou syndrome de lyse tumorale (12 [21%]). Une diminution des doses administrées a été nécessaire chez 41 (72%) patients. 12 patients sont décédés au cours de l’étude, mais aucun décès n’était lié aux traitements.

RBAC500 s’est révélé comme traitement efficace chez les patients âgés atteints de lymphome du manteau ; et, bien que les limites d’innocuité spécifiées à l’avance aient été dépassées, les toxicités hématologiques sont restées gérables avec à la fois des soins de support appropriés et une réduction des doses. Du fait que la thérapie de maintien n’est pas requise, RBAC500 devrait être considérée comme option de traitement et être objet d’essais de phase 3. Dr Carlo Visco, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 4 décembre 2016

Financement : Fondazione Italiana Linfomi et Mundipharma

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ