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mercredi 8 février 2017

#thelancetoncology #carcinomebasocellulaire #naevusbasocellulaire #vismodegib Deux régimes posologiques intermittents chez des patients atteints de carcinome basocellulaire multiple (MIKIE) : essai de phase 2 randomisé, en double-aveugle, au régime posologique contrôlé

Carcinome basocellulaire avant traitement (cliché de gauche) et après traitement (cliché de droite)
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tumeur_basocellulaire.jpg
Le vismodegib, inhibiteur de la voie de signalisation Hedgehog dans une nouvelle classe thérapeutique de médicaments, est approuvé pour le traitement du carcinome basocellulaire avancé chez les adultes. Les patients atteints de carcinome basocellulaire multiple, incluant ceux atteints d’un syndrome du naevus basocellulaire (syndrome de Gorlin) , nécessitent un traitement prolongé. Nous avons évalué la sécurité et l’activité de deux schémas posologiques vismodegib intermittents à long terme chez des patients atteints de carcinomes basocellulaires multiples.

Dans cet essai de phase 2 randomisé, au régime posologique contrôlé, en double aveugle, nous avons recruté des patients adultes atteints de carcinomes basocellulaires multiples, incluant ceux atteints de syndrome du naevus basocellulaire, qui présentaient au moins six carcinomes basocellulaires cliniquement apparents - avec confirmation par histologie d’au moins l'un d’entre eux. Les patients ont été randomisés à l’aide d’un système interactif de réponse vocale ou par internet (1:1) pour assignation au groupe de traitement A (150 mg / jour de vismodegib per os pendant 12 semaines, puis trois cycles de 8 semaines de traitement quotidien placebo suivi de 12 semaines de 150 mg / jour de vismodegib) ou au groupe de traitement B (150 mg / jour de vismodegib per os pendant 24 semaines, puis 3 cycles de 8 semaines de traitement quotidien placebo suivi de 8 semaines 150 mg / jour de vismodegib). L’attribution des traitements était stratifiée en fonction du diagnostic de syndrome du naevus basocellulaire, de la région géographique, et du statut d’immunosuppression. Le critère principal d’évaluation de l’étude était le pourcentage de réduction du nombre de carcinomes basocellulaires cliniquement apparents à la semaine 73. L’analyse principale des résultats a été effectuée sur population en intention de traiter. La population d’évaluation de sécurité de l’essai a inclus tous les patients qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude. (…). La présente étude est toujours en cours.

Entre le 30 avril 2013 et le 9 avril 2014, 229 patients ont été répartis de manière aléatoire dans les groupes de traitement ; 116 ont rejoint le groupe de traitement A et 113 ont rejoint le groupe de traitement B. À la semaine 73, Le nombre moyen de lésions identifiées comme carcinome basocellulaire avait diminué de 62.7% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 53.0-72.3) dans le groupe de traitement A et de 54.0% (43.6-64.4) dans le groupe de traitement B.
216 (95%) des 227 patients inclus dans l’analyse de sécurité de l’essai présentaient au moins un évènement indésirable apparaissant au cours du traitement et apparemment lié au traitement (chez 107 [94%] des 114 patients du groupe de traitement A et chez 109 [97%] des 113 patients du groupe de traitement B. 
L’événement indésirable de grade 3 ou plus lié au traitement le plus fréquent était spasmes musculaires (quatre [4%] patients dans le groupe de traitement A versus 12 [11%] dans le groupe de traitement B), créatine phosphokinase augmentée (une [1%] versus quatre [4%]), et hypophosphatémie (zéro versus trois [3%]). 
Des événements indésirables graves liés au traitement étaient notés chez 22 (19%] patients du groupe de traitement A et chez 19 (17%) patients du groupe de traitement B. Quatre (2%) patients sont décédés du fait des événements indésirables ; l’un d’entre eux (embolie pulmonaire dans le groupe de traitement A) était vraisemblablement lié au traitement vismodegib.

Les deux régimes posologiques vismodegib intermittents semblent avoir montré une bonne activité sur le long terme chez les patients atteints de carcinomes basocellulaires multiples ; justifiant ce faisant la poursuite des investigations par de nouvelles études. Prof Brigitte Dréno, MD, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 7 février 2017

Financement : F Hoffmann-La Roche

Source rédactionnelle: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ