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vendredi 3 février 2017

#thelancetoncology #mélanome #ipilimumab Qualité de la vie liée à la santé sous ipilimumab en adjuvant versus placebo après résection complète d’un mélanome à haut risque de stade III (EORTC 18071) : résultats secondaires d’un essai de phase 3 multinational, randomisé, en double-aveugle

Différents stades de développement du mélanome.
Epidermis = Epiderme
Dermis = Derme
Fat layer = Tissu adipeux
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Diagram_showing_the_T_stages_of_melanoma_CRUK_373.svg
L’essai EORTC 18071 évaluait l’ipilimumab en adjuvant en comparaison du placebo chez des patients atteints d’un mélanome de stade III. Le critère principal évalué de cette étude, à savoir la survie sans récidive, était significativement plus longue dans le groupe ipilimumab que dans le groupe placebo. Les effets toxiques de l’ipilimumab rapportés par l’investigateur consistait en des évènements indésirables  cutanés, gastrointestinaux, endocriniens, et hépatiques, liés à l’immunité. Le traitement ipilimumab en adjuvant dans ce contexte a été approuvé en octobre 2014 par la FDA américaine sur la base des résultats principaux obtenus sur cet essai. Ici, nous rendons compte des résultats secondaires, à savoir les résultats obtenus en termes de qualité de vie liée à la santé (QVS), sur cet essai.

EORTC 18071 était un essai de phase 3 multinational, en double aveugle, randomisé, effectué chez des patients atteints d’un mélanome cutané de stade III (excluant les métastases ganglionnaires ≤ 1 mm ou les métastases en transit) dans 19 pays dans le monde. Les participants étaient répartis de manière aléatoire (1:1) par un système vocal interactif centralisé, pour recevoir l’ipilimumab 10 mg/kg ou le placebo en quatre doses toutes les trois semaines, puis tous les trois mois sur une période de temps totale de 3 ans au maximum. La randomisation a été stratifiée selon de stade de la maladie et la région géographique à l’aide d’une méthode de minimisation. La QVS était évaluée avec le dispositif qualité de vie EORTC QLQ-C30 à la ligne de base, aux semaines 4, 7, 10, et 24, et toutes les 12 semaines par la suite pendant deux années au maximum, indépendamment de la progression de la maladie. Les résultats sont résumés de manière longitudinale pour chaque point dans le temps dans la population en intention de traiter. Deux scores sommaires étaient calculés pour chaque échelle QVS : le score moyen rapporté au cours de la phase d’induction (ipilimumab ou placebo à une dose de 10 mg/kg administré en prise unique au début des jours 1, 22, 43, et 64 – c’est - à - dire quatre doses en 3 semaines), et le score moyen rapporté après l’induction. Un seuil prédéfini d’une différence de 10 points entre les brans était considéré comme significatif sur le plan clinique. Le critère principal QVS considéré était l’échelle de santé globale, avec l’hypothèse préalablement déclarée de la non-existence de différences cliniquement pertinentes entre les groupes après la phase d’induction de traitement. (…).

Entre le 10 juillet 2008 et me 1er août 2011, 951 patients ont été répartis de manière aléatoire : 475 ont rejoint le groupe recevant ipilimumab et 476 ont rejoint le groupe recevant le placebo. 893 (94%) patients sur 951 ont complété le questionnaire QVS à la ligne de base, 693 (75%) sur 924 à la semaine 24 et 354 (51%) sur 697 à la semaine 108. Les scores moyens de santé étaient de (77.32 [Ecart Standard -ES- 17.36] versus 72.96 [17.82] ; p=0.00011) pendant l’induction et de (76.48 [17.52] versus 72.32 [18.60] ; p=0.00067) après l'induction; ils présentaient une différence intergroupe significative sur le plan statistique, mais sans pertinence clinique. 
Les scores moyens de santé globale ont montré les différences les plus fortes à la semaine 7 (77 [ES 19] dans le groupe placebo versus 72 [22] dans le groupe ipilimumab) et à la semaine 10 (77 [20] versus 70 [23]). Les scores QVS moyens ont présenté des différences de plus de 10 points à la semaine 10 entre les groupes pour ce qui est des diarrhées (7.67 [ES 17.05] pour le placebo versus 18.17 [28.35] pour ipilimumab) et insomnie (15.17 [22.53] versus 25.60 [29.19]).

Malgré une toxicité croissante, qui a conduit la majorité des patients à interrompre la prise du traitement au cours de la phase d’induction d’administration de l’ipilimumab, la QSV, mesurée avec le dispositif EORTC QLC-C30, était similaire entre les deux groupes, comme aucune différence significative cliniquement pertinente (10 points ou plus) n’était observée en termes de score QVS, que ce soit pendant ou après l’induction. Pris dans leur ensemble (…), les résultats de cet essai montrent que le traitement avec ipilimumab a pour résultat une survie sans récidive plus longue en comparaison du traitement placebo, avec peu d’altération en termes de QVS malgré la survenue d’événements indésirables de grade 3-4 rapportés par les investigateurs. Corneel Coens, MSc, et al, publication en ligne en avant-première, 2 février 2017

Financement : Bristol-Myers Squibb

Source rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ