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lundi 26 juin 2017

#thelancet #syndromedefatiguechronique Exercice progressif guidé d’auto-développement plus soins prodigués par un spécialiste versus seuls soins prodigués par un médecin spécialiste pour le traitement du syndrome de fatigue chronique (GETSET) : essai pragmatique randomisé contrôlé

Syndrome de fatigue chronique.
Les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique sont fréquemment fatigués et ont un sommeil non réparateur.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Chronic_fatigue_syndrome.JPG
La thérapie par exercice progressif est un traitement efficace et sûr du syndrome de fatigue chronique; toutefois, il s’agit d’une démarche thérapeutique intensive et son accessibilité est limitée. Notre but était de tester l’efficacité et l’innocuité d’une thérapie par exercice progressif autoguidé.

Dans cet essai pragmatique randomisé contrôlé, nous avons recruté des patients adultes (âgés de 18 ans et plus) satisfaisant aux critères d’Excellence en matière de Soins de l’Institut National de la Santé du Royaume-Uni pour la prise en charge du syndrome de fatigue chronique, dans des établissements de soins secondaires au Royaume-Uni. Les patients ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir les seuls soins prodigués par un médecin spécialiste (SPMS) [groupe contrôle] ou SPMS+ exercice guidé d’auto-développement (EGAD). La randomisation par blocs (nombre de patients – taille des blocs variant de manière aléatoire) était effectuée à l’aide d’une séquence générée par ordinateur et stratifiée par centre, score de dépression, et sévérité  de l’invalidité physique. À la fois les patients, et les physiothérapeutes avaient accès au tableau d’attribution des traitements (SPMS ou [SPMS + EGAD]) ; le statisticien, en revanche, n’y avait pas accès. 
Les SPMSs étaient assurés par des médecins spécialistes, sans être standardisés ; l’EGAD consistait en un livret d’usage autonome décrivant un programme en six étapes graduelles mettant environ 12 semaines à effectuer, et jusqu’à quatre séances de guidage avec un physiothérapeute sur 8 semaines (d’une durée de 90 minutes au total). Les critères principaux d’évaluation étaient la fatigue (mesurée à l’aide du Questionnaire de Fatigue Chadler) et l’état physique fonctionnel (mesuré à l’aide du questionnaire Short Form-36 [SF36]) ; tous deux faisant l’objet d’une évaluation par les patients 12 semaines après la randomisation et analysés chez tous les patients randomisés pouvant présenter des résultats au suivi (c’est-à-dire sur population en intention de traiter). Les événements indésirables ont été relevés, événements indésirables graves inclus. Nous avons utilisé l’analyse de régression linéaire pour comparer SPMS avec EGAD, ajustée par rapport à la ligne de base et aux facteurs de stratification. (…).

Entre le 15 mai 2 012 et le 24 décembre 2 014, nous avons recruté 211 patients éligibles, dont 107 ont été intégrés au groupe EGAD et 104 au groupe Contrôle. À 12 semaines, en comparaison du groupe contrôle, le score de fatigue moyenne était de 19.1 (Déviation Standard [DS] 7.6) dans le groupe EGAD, et 22.9 (6.9) dans le groupe Contrôle (différence ajustée -4.2 points, Intervalle de Confiance [IC] de -6.1 à -2.3, p<0.0001 ; impact de l’effectif 0.53) score d'état physique fonctionnel moyen était de 55.7 (23.3) dans le groupe EGAD et de 50 dans le groupe Contrôle (différence ajustée 6.3 points, de 1.8 à 10.8, p=0.006 ; 0.20). Aucun événement indésirable grave n’a été enregistré ; et, aucune autre mesure de paramètre de sécurité d’essai n’a présenté de différence entre les groupes, après qu’il fût tenu compte des données manquantes. 
     
L’EGAD demeure une intervention qui pourrait avoir pour effet de diminuer la fatigue et, dans une moindre mesure, les infirmités physiques chez les patients atteints du syndrome de fatigue chronique. Ces résultats nécessitent confirmation et testés dans d’autres milieux de soins de santé. Dr Lucy V Clark, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 22 juin 2017

Financement: Programme de Recherche sur le Programme de Bénéfice du Patient, Institut National de Recherche sur la Santé du Royaume-Uni et Fonds Sue Estermann.


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ