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lundi 17 juillet 2017

#thelancet #télémédecine #maladieinflammatoiredelintestin Télémédecine et gestion de la maladie inflammatoire de l’intestin (mylBDcoach) : essai pragmatique, multicentrique, randomisé et contrôlé

Télémédecine: Le Dr Juan Manuel Romero, cardiologue à l’hôpital de Ciudad Obregon, Mexique, effectue une consultation préopératoire avec Alma Guadalupe Xoletxilva et son médecin traitant, Edgar Cuevas, basés à 400 km de distance à La Paz, Basse Californie. 
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Telemedicine_Consult.jpg
Un contrôle rigoureux et personnalisé de la maladie inflammatoire de l’intestin dans un cadre classique est un défi, du fait de la complexité de cette pathologie et de la forte pression exercée sur les établissements de soins externes du fait d’une incidence en augmentation de cette pathologie. Nous comparons les effets d’une autogestion à l'aide d'un système de télémédecine, développé pour tous les sous-types de maladie inflammatoire de l’intestin, sur son application en soins de santé et sur la qualité de vie du patient sous ce régime versus un traitement standard.

Nous avons réalisé cet essai pragmatique, randomisé, dans deux hôpitaux universitaires et deux hôpitaux non-universitaires situés aux Pays-Bas. Des patients externes, âgés de 18-75 ans, atteints d’une maladie inflammatoire de l’intestin avec ou sans anastomose iléo-anale ou iléo-rectale, qui avaient accès à internet et la maîtrise du flamand, étaient répartis de manière aléatoire (1:1) dans les groupes de soins ; soit par le truchement d’un système de télémédecine (mylBDcoach) monitorant et enregistrant l’activité de la maladie ou des soins standard et suivis sur une période de 12 mois. La randomisation a été effectuée à l’aide d’une séquence générée par ordinateur en appliquant d’une méthode de minimisation. Ni les participants, ni les prestataires de soins, ni le personnel en charge de l’évaluation des résultats n’avaient accès au tableau de randomisation. Les critères principaux d’évaluation étaient le nombre de visites de patients externes ainsi que la qualité de vie autoévaluée par le patient (à l’aide d’une échelle visuelle analogique s’échelonnant entre 0 et 10). Les critères d’innocuité comprenaient  le nombre de poussées, le nombre de traitements par corticostéroïdes, le nombre d’admissions à l’hôpital, de visites aux services d’urgences et le nombre de chirurgies pratiquées. Les analyses ont été réalisées par intention de traiter. (…).

Entre le 9 septembre 2014 et le 18 mai 2015, 909 patients ont été répartis de manière aléatoire : 465 sujets ont rejoint le groupe télémédecine et 444 sujets ont rejoint le groupe traitement classique. À 12 mois, le nombre moyen de visites de patients ambulatoires chez le gastroentérologue ou l’infirmière était significativement plus faible dans le groupe télémédecine (1.55 [Déviation Standard -DS- 1.50] que dans le groupe traitement classique (2.34 [1.64] ; différence -0.79 [Intervalle de Confiance -IC- de -0.98 à -0.59] ; p<0.0001), de même que le nombre moyen d’admissions à l’hôpital (0.05 [0.28] versus 0.10 [0.43] ; différence -0.05 [de -0.10 à 0.00] ; p=0.046). 
À 12 mois, les deux groupes présentaient scores moyens élevés de qualité de vie autoévaluée  (8.16 [1.37] dans le groupe télémédecine versus 8.27 [1.28] dans le groupe traitement standard ; différence 0.10 [de -0.13 à 0.32] ; p=0.411). Le nombre moyen de poussées, d’administration de traitements à base de corticoïdes, de visites aux urgences, et de chirurgies n’ont pas présenté de différence intergroupe.

La télémédecine s’est montrée sûre et a permis de réduire les visites de patients en ambulatoire à l’hôpital, en comparaison du traitement standard. Cet outil d’autogestion de la maladie pourrait être utile dans la réorganisation des soins prodigués aux personnes atteintes de maladie inflammatoire de l’intestin dans le cadre d’une prise en charge personnalisée; permettant des soins à haute valeur ajoutée. Marin J de Jong, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 14 Juillet 2017

Financement : Maastricht University Medical Centre and Ferring

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ