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vendredi 23 mars 2018

#thelancet #scléroseenplaques #siponimod Siponimod versus placebo dans le cas d’une sclérose en plaques de forme secondaire progressive (EXPAND) : essai randomisé de phase 3 en double-aveugle

La sclérose en plaques est une maladie évolutive, quelle qu'en soit la forme.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Types_of_multiple_scl%C3%A9rosis.png

Aucun traitement n’a fait montre d’une efficacité consistante pour diminuer la progression de l’invalidité chez les patients atteints de sclérose en plaques de forme secondaire progressive (SPMS). Nous avons évalué l’effet du siponimod, un modulateur sélectif du récepteur1-5 à sphingosine 1-phosphate (S1P), sur la progression de l’invalidité chez les patients atteints de SPMS.

Cet essai de phase 3 (…) en double-aveugle a été réalisé dans 292 centres hospitaliers spécialisés dans le traitement de la sclérose en plaques situés dans 31 pays. Les patients, atteints de SPMS présentant un Index de 3.0-6.5 selon l’échelle EDSS (Échelle élaborée des incapacités) ont été tirés au sort (2:1) pour être placés dans le groupe recevant le siponimod 2mg per os une fois par jour ou le placebo sur une période de temps s’étendant jusqu’à 3 ans ou jusqu’à la survenue d’un nombre précisé à l’avance d’événements indiquant une progression de l’invalidité (CDP). Le critère principal était l’occurrence de CDP relevée à partir de la ligne de base jusqu’à trois mois de traitement. L’efficacité était évaluée sur l’ensemble d’analyse intégral (c'est-à-dire chez tous les patients ayant été randomisés et traités) ; l’innocuité était évaluée sur l’ensemble d’analyse d’innocuité. (…).

1 651 patients ont été répartis de manière aléatoire dans les groupes entre le 5 février 2013 et le 2 juin 2015 (1 105 ont rejoint le groupe siponomod et 546 le groupe placebo). Un patient n’a pas signé le consentement éclairé, et cinq patients n’ont pas reçu le médicament à l’étude À la ligne de base, le temps moyen écoulé depuis les premiers symptômes de sclérose en plaques était de 16, 8 ans (Écart-Type [ET] 8.3), et le temps moyen écoulé depuis l’évolution vers une SPMS était de 3.8 ans (ET : 3.5) ; 1 055 (64%) patients n’avaient pas rechuté au cours des 2 années précédentes, et 918 (56%) patients sur 1 651 avaient besoin d’aide pour marcher. 903 (82%) patients recevant le siponimod et 424 (78%) patients recevant le placebo ont participé à l’étude jusqu’à son terme. 288 (26%) des 1 099 patients recevant le siponimod et 173 (32%) des 545 patients recevant le placebo ont présenté une CDP à 3 mois (hazard ratio 0.79, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.65-0.95 ; réduction du risque relatif : 21% ; p=0.013). Des événements indésirables sont survenus chez 975 (89%) patients sur 1 099 recevant le siponimod versus 445 (82%) patients sur 546 recevant le placebo ; des événements indésirables graves ont été rapportés chez 197 (18%) patients dans le groupe siponimod versus 83 (15%) patients du groupe placebo. Des lymphopénies, des concentrations en transaminase hépatique augmentées, des bradycardies, des bradyarythmies en début de traitement, des oedèmes maculaires, des hypertensions, des réactivations du virus zona-varicelle, et des convulsions, sont survenus plus fréquemment sous siponismod que sous placebo. L’application d’une période initiale d’ajustement posologique a atténué les effets cardiaques de l’administration des premières doses de médicament. La fréquence des infections, des malignités, et des décès n’a pas présenté de différence intergroupe.

Le siponomod a réduit le risque de progression de l’invalidité avec un profil d’innocuité similaire à celui présenté par d’autres modulateurs S1P et représente ainsi un traitement utile de la SPMS. Prof Ludwig Kappos, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 22 mars 2018

Financement : Novartis Pharma AG

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ