mercredi 11 septembre 2019

#thelancet #réfugiés #médecinehumanitaire Une responsabilité de médecin : reportage sur les camps de réfugiés à Paris

Tentes installées au bord d'une route. Copyright: Harriet Crooke

Nous approuvons les Rédacteurs en Chef décrétant que les professionnels de santé ont un devoir de diligence, à l’égard des populations vulnérables plus particulièrement. Nous faisons état de la situation des réfugiés en France. Depuis la fermeture du camp de réfugiés de Calais, connu sous le nom « Jungle de Calais », en automne 2016, de plus en plus de réfugiés ont déménagé en direction des rues de Paris.

Beaucoup de réfugiés, jeunes enfants et femmes enceintes y compris, vivent maintenant dans des camps, en prise aux inondations et aux rats, situés dans la zone délimitée par la Porte de la Chapelle et la Porte d’Aubervilliers au nord de Paris. Un grand nombre de ces réfugiés viennent d’Afghanistan, d’Érythrée, et de Somalie. Beaucoup de ces réfugiés sont malades, atteints notamment de maladies respiratoires, de gale, de malnutrition et de blessures - souvent par arme blanche - et ils n’ont que peu d’accès aux soins.  

La police met en place de régulières évacuations de masse, confisquant tentes, sacs de couchage, et effets personnels. À travers l’Europe entière, beaucoup de réfugiés doivent subir la prise de leurs empreintes digitales avant d’atteindre la France ; mettant ce faisant leur candidature à l’asile politique en France dépendante de la Législation de Dublin. Ainsi, les demandes d’asile de ces réfugiés ne seront pas examinées avant 18 mois suivant leur arrivée, leur rendant logement et soins inaccessibles.

En tant que professionnels de santé, nous condamnons l’introduction du Règlement de Dublin par l’UE et son application pour les autorités Françaises ; nous considérons cela inacceptable et cruel sur le plan de l’éthique, et irrespectueux des droits fondamentaux humains à la santé selon la Constitution de l’OMS de 1946. Nous avons le devoir de soigner tout patient qui en a besoin, abstraction fait de son statut de réfugié, et continuons de protester auprès des gouvernements européens et autres personnes morales appliquant ces lois responsables de leurs actions. Andia Mirbagheri et Harriet Crook, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 6 septembre 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

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