vendredi 15 novembre 2019

#thelancet #myélomemultiple #isatuximab #pomalidomide #dexamethasone Isatuximab plus pomalidomide et dexamethasone à faible dose versus pomalidomide et dexamethasone à faible dose chez des patients atteints de myélome multiple récidivant et réfractaire (ICARIA-MM) : étude de phase 3 ouverte, randomisée et multicentrique

Plasmocytes chez un patient atteint de myélome multiple.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Plasma_Cells_in_Multiple_Myeloma_patient.jpg

L’isatuximab est un anticorps monoclonal qui se lie à un épitope spécifique du récepteur humain CD38 et qui présente une activité antitumorale par le truchement de multiples mécanismes d’action. Dans une précédente étude de phase 1b, environ 65% des patients atteints de myélome multiple récidivant et réfractaire ont obtenu une réponse globale avec un traitement composé d’isatuximab avec pomalidomide et dexamethasone à faible dose. Le but de cette étude était de déterminer le bénéfice de survie sans progression du traitement [isatuximab + pomalidomide et dexamethasone] en comparaison du traitement [pomalidomide et dexamethasone] chez des patients atteints de myélome multiple réfractaire et récidivant.

Nous avons réalisé une étude de phase 3 ouverte, randomisée, multicentrique, dans 102 hôpitaux situés dans 24 pays d’Europe, d’Amérique du Nord, et d’Asie-Pacifique. Les participants éligibles étaient des patients adultes atteints de myélome multiple réfractaire et récidivant qui avaient reçu au moins deux lignes de traitement, incluant lenalidomide et un inhibiteur du protéasome. Les patients étaient exclus s’ils étaient réfractaires au précédent traitement avec l’anticorps monoclonal anti-CD38. 
Nous avons réparti les patients au hasard (1:1) pour recevoir [isatuximab 10 mg/kg + pomalidomide 4 mg + dexamethasone 40 mg (20 mg pour les patients d’âge 75 ans)], ou [pomalidomide 4 mg + dexamethasone 40 mg]. La randomisation était réalisée à l’aide d’une technologie de réponse interactive et stratifiée en fonction du nombre de lignes de traitements préalablement administrées (2-3 versus > 3) et l’âge (<75 ans versus 75 ans). (…). Les traitements étaient administrés jusqu’à progression de la maladie, toxicité inacceptable, ou retrait de consentement. (…). Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie sans progression, déterminé par un comité d’évaluation indépendant sur la population en intention de traiter. L’innocuité était évaluée chez tous les participants qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Entre le 10 janvier 2017 et le 2 février 2018, nous avons répartis au hasard 307 patients dans les groupes de traitement : 154 dans le groupe recevant isatuximab-pomalidomide-dexamethasone, et 153 dans le groupe recevant pomalidomide-dexamethasone. Après une période médiane de suivi de 11.6 mois (Intervalle Interquartile -IQR- 10.1-13.9) dans le groupe isatuximab-pomalidomide-dexamethasone versus 6.5 mois (4.5-8.3) dans le groupe pomalidomide-dexamethasone ; hazard ratio 0.596, Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.44-0.81 ; p=0.001 – par test log-rang stratifié -. Les évènements indésirables apparaissant sous traitement le plus fréquents (abstraction faite du grade ; isatuximab-pomalidomide-dexamethasone versus pomalidomide-desamethasone) étaient réaction au point de perfusion des traitements (56 [38%] versus 0] , infections du tractus respiratoire (43 [28%] versus 26 [17%]), et diarrhée (39 [26%] versus 29 [20%]). Des évènements indésirables à issue fatale étaient rapportés chez 12 patients (8%) dans le groupe isatuximab-pomalidomide-dexamethasone et 14 (9%) dans le groupe pomalidomide-dexamethasone. Les décès imputables à des évènements indésirables en lien avec le traitement ont été rapportés pour un patient (<1%) dans le groupe isatuximab-pomalidomide-dexamethasone (septicémie) et deux (1%) dans le groupe pomalidomide-dexamethasone (pneumonie et infection du tractus urinaire).

L’addition d’isatuximab au pomalidomide-dexamethasone a amélioré la survie sans progression chez les patients atteints de myélome multiple récidivant et réfractaire. L’isatuximab représente une nouvelle option de traitement importante pour la gestion du myélome récidivant et réfractaire, plus particulièrement chez les patients qui sont devenus réfractaires à la lenalidomide et aux inhibiteurs des protéases. Prof. Michel Attal, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 14 novembre 2019

Financement : Sanofi

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

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