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vendredi 14 septembre 2012

stress au travail comme facteur de risque de maladie coronarienne: méta-analyse collaborative de données individuelles de participants

Plus d'un salarié européen sur cinq déclare souffrir de troubles de santé liés au stress au travail. Le phénomène n'épargne plus aucun secteur d'activité.  (...)
Source iconographique et légendaire:  http://www.inrs.fr/accueil/risques/psychosociaux/stress.html
Les travaux publiés relatifs au stress psychosocial (stress au travail) comme facteur de risque pour la maladie coronarienne sont inconsistants et sujets à des biais de publication et des biais d'attribution de causalité. Nous avons analysé la relation entre stress dû au travail et maladie coronarienne, à l'aide d'une méta-analyse d'études publiées et non - publiées.

Nous avons utilisé les données individuelles prises sur 13 études européennes de cohorte (1985 - 2006) d'hommes et de femmes salariées et sans maladie coronarienne au moment des évaluations de référence. Nous avons mesuré le stress au travail à l'aide de questions extraites de questionnaires validés relatifs à la nature de l'emploi et basés sur le modèle d'exigence et de contrôle en entreprise. Nous avons extrait des données issues de deux étapes d'évaluation comme l'adoption et l'harmonisation de méthodes de mesure du stress au travail et des covariables survenant avant l'établissement d'un lien avec la maladie coronarienne. La survenue d'un premier infarctus du myocarde non - mortel, de même que le décès d'origine coronarienne étaient définis comme maladies coronariennes incidentes.

30 214 (15%) des 197 473 participants ont rapporté un stress au travail. Sur 1,49 millions personnes-années à risque (suivi moyen 7,5 années [Déviation Standard 1,7]), nous avons enregistré 2 358 évènements de maladie coronarienne incidente. Après ajustement pour le sexe et l'âge, le rapport de risques "stress au travail" versus "pas de stress au travail" était de 1,23 (IC 95% 1,10-1,37). L'estimation de l'effet était plus élevé dans les études publiées (1,43; 1,15-1,77) que dans les études non publiées (1,16; 1,02-1,32). Les rapports de risques étaient augmentés de la même manière dans les analyses d'études de causalité inverse par exclusion des évènements de maladie coronaire survenus au cours des 3 premières années (1,31; 1,15-1,48) et 5 ans (1,30; 1,13-1,50) de suivi. Nous avons noté une association entre stress au travail et maladie coronarienne en fonction du sexe, du groupe d'âge, du niveau socio-économique, de la région, et après ajustement par rapport au status socio-économique, le mode de vie et facteurs de risque conventionnels. Le facteur de risque "stress au travail" pouvait s'appliquer à 3,4% de la population.

Nos résultats suggèrent que des mesures de prévention du stress sur le lieu de travail pourraient diminuer l'incidence de maladies, cependant, cette stratégie aurait un impact beaucoup plus faible que le combat efficace contre les facteurs de risque standard comme le tabagisme. Prof Mika Kivimäki et al, in The Lancet, Early Online Publication, 14 September 2012, in press.

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ