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jeudi 6 décembre 2012

Effets à long terme de l’administration continue de tamoxifène jusqu’à 10 ans versus interruption du traitement 5 ans après le diagnostic d’un cancer du sein à récepteur-œstrogène-positif : l’essai randomisé ATLAS

Relations entre insuline, IGF-1, hormones stéroïdes et cancer du sein. In Gynécologie, Obstétrique & Fertilité, Volume 29, March 2001, Pages 185-191
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1297958900000473

Pour les femmes atteintes d’un cancer du sein œstrogène-récepteur (EF)-positif précoce, le traitement au tamoxifène sur une durée 5 ans réduit le taux de mortalité de manière significative pendant les 15 premières années suivant le diagnostic. Notre but était d’étudier les effets de la poursuite du traitement au tamoxifène à 10 ans au lieu d’en interrompre le cours à 5 ans.

 

Dans le cadre de l’essai mondial ATLAS basé sur un traitement adjuvant au tamoxifène « Plus Long contre Plus Court », 12 894 femmes atteintes d’un cancer du sein décelé à un stade précoce et ayant subi un traitement de 5 ans au tamoxifène ; ont été désignées de manière aléatoire pour : soit continuer le traitement au tamoxifène jusqu’à 10 ans (5 années supplémentaires), soit d’interrompre le traitement à 5 ans d’administration continue (contrôle ouvert). La génération des groupes (1 :1) a été effectuée par un ordinateur central, par minimisation.  Après inclusion (entre 1996 et 2005), les fiches de suivi annuel ont enregistré toute occurrence de récidive, de second cancer, d’admission à l’hôpital, ou de décès. Nous rapportons les résultats obtenus sur le cancer du sein des 6846 femmes atteintes de cancer du sein ER-positif et les effets indésirables sur la population entière des femmes admises pour l’étude (à savoir avec status ER positif, négatif ou inconnu). Le suivi à long terme est encore en cours à l’heure actuelle. (…).

 

Parmi les femmes à pathologie ER-positive, l’inclusion au groupe de poursuite du traitement au tamoxifène a réduit le risque de récidive de cancer (617 récidives sur 3248 désignées aléatoirement pour continuer le traitement versus 711 récidives sur 3418 contrôles, p=0,002) ; a réduit le risque de mortalité par cancer du sein (331 morts versus 397 morts, p=0,01) ; et a réduit la mortalité globale (639 décès versus 722 décès, p=0,01).
Les diminutions en termes d’évènements indésirables sévères de cancer du sein « graves » chez les patientes atteintes de cancer du sein sont apparues moins importantes avant qu’après la 10ème année (taux de récidive [TR] 0.90 [Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,79 - 1,02] pendant les années 5-9 et 0,75 [0,62-0,90] au cours des années tardives ; le taux de mortalité du fait de récidive de cancer du sein TR était de 0.97 [0,79-1,18] au cours des années 5-9 et 0,71 [0,58-0,88] au cours des années tardives).

Le risque cumulé de récidive au cours des années 5-14 était de21,4% pour les femmes assignées à poursuite du traitement versus 25,1% pour les contrôles ; la mortalité par cancer du sein au cours des années 5-14 s’établissant à 12% chez les femmes ayant poursuivi le traitement versus 15,0% pour les contrôles (diminution absolue de mortalité : 2,8%).
L’allocation des traitements a paru ne pas avoir d’effet sur les résultats sur les cancers du sein chez les 1248 femmes atteintes d’une pathologie ER-négative, et un effet intermédiaire chez les 4800 femmes au status ER inconnu.

Sur la totalité des 12 894 femmes incluses, la mortalité sans récurrence et du fait de causes autres que le cancer du sein était peu dépendante du traitement (691 décès sans récidive chez les 6454 femmes allouées à la poursuite du traitement versus 679 morts chez les 6440 contrôles ; TR 0,99 [0,89-1,10] ; p=0,84). Pour ce qui est du taux d’incidence (hospitalisations ou décès) de pathologies spécifiques, les TRs étaient les suivants : embolie pulmonaire 1,87 (IC 95% 1,13-3,07, p=0,01 [incluant 0,2% de mortalité dans les deux groupes de traitement]), attaques cérébrales 1,06 (0,83-1,36), cardiopathie ischémique 0,76 (0,60-0,95, p=0,02), et cancer de l’endomètre 1,74 (1,30-2,34 ; p=0,0002). Le risque cumulé de cancer de l’endomètre au cours des années 5-14 était de 3,1% (mortalité 0,4%) pour les femmes allouées à la poursuite du traitement versus 1,6% (mortalité 0,2%) pour les contrôles (augmentation absolue de mortalité de 0,2%).

 

Pour les femmes atteintes de pathologie ER-positif, un traitement continu au tamoxifène jusqu’à 10 ans – plutôt que de stopper le traitement à 5 ans – produit une réduction supplémentaire en termes de récidive et de mortalité, plus particulièrement après la 10ème année. Ces résultats, pris en compte avec les résultats obtenus à partir d’études précédentes relatives à des traitements de 5 ans au tamoxifène versus sans tamoxifène, suggèrent qu’un traitement au tamoxifène sur 10 ans peut approximativement diminuer la mortalité par cancer du sein par deux au cours de la deuxième décennie suivant le diagnostic. Dr Christina Davies MBChB et al, in The Lancet, Early Online Publication, 5 December 2012, in press


Financement: Fonds de Recherche sur le Cancer du Royaume Uni, Conseil sur la Recherche Médicale du Royaume Uni, Astra Zeneca UK, Armées Américaines, Biomed Europe

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ