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mercredi 30 janvier 2013

Insulinothérapie intensive à court terme dans le diabète de type 2: revue de littérature systématique et méta-analyse

Schéma des mécanismes qui conduisent au développement des différentes formes de diabète de type 2. In La Revue de Médecine Interne, Volume 24, Issue 11, November 2003, Pages 730-737
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866303002443

Des études ont montré, que lorsqu’il est mis en place tôt dans le développement du diabète de type 2, un traitement d’insulinothérapie intensif pour une durée de 2-3 semaines peut induire une rémission glycémique au cours de laquelle les patients sont capables de maintenir une normoglycémie sans médicament anti-diabétique. Nous avons donc effectué une revue systématique et une méta-analyse d’études interventionnelles pour étudier l’effet d’une insulinothérapie à court terme sur les défauts physiopathologiques sous-jacents du diabète de type 2 (dysfonctionnement des cellules β du pancréas et résistance à l’insuline) et identifier les prédicteurs cliniques de rémission.

Nous avons identifié des études publiées entre 1950 et le 19 novembre 2012, dont l’objet était l’évaluation de l’effet d’une insulinothérapie intensive sur la fonction β-cellulaire et/ou sur la résistance à l’insuline, et étudié les rémissions glycémiques à long terme obtenues sans médicament, observées chez des adultes âgés 18 ans et plus nouvellement diagnostiqués diabétiques de type 2. Nous avons effectué des estimations groupées à l’aide d'un modèle statistique à effets aléatoires. (…)

Nous avons identifié 1645 études dont sept (7) ont satisfait aux critères d’inclusion (n=839 participants). Cinq (5) études étaient non randomisées. Une analyse groupées des 7 études a montré une amélioration post – insulinothérapie intensive de l’homéostasie selon le Modèle d’étude de la Fonction  β-cellulaire en comparaison de la ligne de base (1,13 ; Intervalle de Confiance – IC – 95% ; de 1,02 à 1,25) et une diminution post – insulinothérapie intensive de l’homéostasie selon le Modèle d’étude de la Résistance à l’Insuline (-0,57 ; de -0,84 à -0,29). Dans les quatre (4) études montrant une rémission glycémique (n=559 participants), la proportion des participants montrant une rémission en l’absence de médication était de 66,2% (292 patients sur 441) après 3 mois de suivi, d'environ 58,9% (222 patients sur 377) après 6 mois, d'environ 46,3% (229 patients sur 495) après 12 mois, et d'environ 42,1% (53 patients sur 126) après 24 mois. Les patients qui ont montré une rémission avaient un indice de masse corporel plus élevé que ceux qui n’ont pas montré de rémission (1,06 kg/m2, IC 95% de 0,55 à 1,58) et une glycémie à jeun plus basse (-0,59 mmol/L, IC 95% de -1,11 à -0.07) à la ligne de base.

Une insulinothérapie intensive à court terme peut améliorer une physiopathologie sous-jacente chez des patients atteints de diabète de type 2 à un stade précoce ; et pourrait donc représenter une stratégie de traitement apte à modifier l’histoire naturelle du diabète. Caroline Kaercher Kramer, Bernard Zinman, Ravi Tetnakaran, in The Lancet Diabetes – Endocrinology, published online 30 january 2013

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ