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mardi 11 juin 2013

6 mois versus 12 mois d’administration de trastuzumab en traitement adjuvant chez des patientes atteints de cancer du sein HER2-positif à un stade précoce: essai randomisé de phase 3

Curetage ganglionnaire lors d'un cancer du sein.
Source iconographique: http://medmatiq.xooit.com/t862-Tumeur-du-sein.htm
Depuis 2005, 12 mois de d’administration de trastuzumab en traitement adjuvant a été le protocole standard appliqué aux patientes atteintes d'un cancer du sein HER2-positif à un stade précoce. Cependant, la durée optimale de traitement reste objet de discussion. Ainsi, nous avons effectué un essai de non infériorité d’étude d’exposition au trastuzumab pour une durée de 6 mois versus la durée standard de 12 mois chez des patientes atteintes de cancer du sein à un stade précoce.

Nous avons effectué cet essai ouvert randomisé de phase 3 dans 156 centres situés en France. Des patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-positif précoce, ayant préalablement reçu 4 cycles de chimiothérapie, subi une chirurgie avec curage axillaire et qui avaient reçu du trastuzumab (administré par perfusion intraveineuses sur 30-90 minutes toutes les 3 semaines ; dose de charge initiale : 8 mg/kg ; puis 6 mg/kg) avant randomisation, étaient éligibles. Les patientes ont été réparties de manière aléatoire par une procédure de randomisation centrale générée par logiciel internet, pour continuation du traitement au trastuzumab pour une durée de 6 mois supplémentaires (durée totale : 12 mois ; groupe de contrôle) ou d’interrompre le traitement au trastuzumab à 6 mois (6 mois de durée totale de traitement ; groupe expérimental). La randomisation a été stratifiée en fonction: de l’administration concomitante ou séquentielle de trastuzumab avec chimiothérapie, du status récepteur à œstrogènes, et du centre ; à l’aide d’un algorithme de minimisation. Le paramètre principal d’évaluation de l’étude mesuré était la survie sans récidive, avec une marge de non-infériorité de 1,15 ; préalablement définie. Les analyses ont été effectuées sur population en intention de traiter.  (…).

1691 patientes ont été assignées de manière aléatoire pour recevoir le trastuzumab sur une durée de 12 mois, et 1693 pour recevoir le trastuzumab sur une durée de 6 mois ; 1690 patientes de chaque groupe ont été incluses dans l’analyse de la population en intention de traiter. Après un suivi médian de 42,5 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 30,1 – 51,6), 175 événements sans récidive ont été notés dans le groupe 12 mois et 219 dans le groupe 6 mois. La survie sans récidive sur 2 ans était de 93,8% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 92,6-94,9) dans le groupe 12 mois et de 91,1% (89,7-92,4) dans le groupe 6 mois (hazard ratio [HR] 1,28, IC 95% 1,05-1,56 ; p=0,29). 119 (93%) des 128 événements cardiaques relevés (observation clinique ou détection par mesure de la fraction d’éjection du ventricule gauche) sont survenus chez les patientes au cours du traitement au trastuzumab. Un nombre significativement plus élevé de patientes recevant le trastuzumab sur une durée de 12 mois ont subi un événement cardiaque en comparaison des patientes recevant le trastuzumab sur une durée de 6 mois (96 [5,7%] des 1690 patientes versus 32 [1,9%] des 1690 patientes ; p<0,0001).

Après 6,5 années de suivi, nous n’avons pas pu montrer que 6 mois de traitement au trastuzumab n’étaient pas inférieurs à 12 mois de traitement au trastuzumab. Malgré les taux plus élevés d’événements cardiaques observés, une durée de 12 mois de traitement adjuvant au trastuzumab devrait rester la norme. Prof Xavier Pivot MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 11 June 2013

Financement : Institut National du Cancer (France)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ