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mardi 1 octobre 2013

Simvastatine pour le traitement de déficits cognitifs et troubles comportementaux chez des patients atteints de neurofibromatose de type 1 (NF1-SIMCODA): un essai randomisé, contrôlé par placebo

Arbre généalogique. Dans cette forme familiale de Neurofibromatose de type 1 (NF1), par exemple, quatre individus sont atteints sur deux générations. L'individu II:4, porteur d'une néomutation, est le premier patient atteint de NF1 dans cette famille. Le risque pour ses deux parents indemnes, I:3 et I:4, d'avoir un autre enfant atteint de NF1 est très faible et identique à celui d'un couple issu de la population générale en absence de mosaïque germinale. En revanche, un individu atteint de NF1 a potentiellement la moitié de ses cellules germinales avec la copie mutée du gène NF1. Le risque de transmettre le gène muté à la génération suivante est alors de 50%. C'est le cas de l'individu II:4 qui a transmis la maladie à trois de ses cinq enfants (un garçon et deux filles). In La revue de médecine interne Volume 26, Issue 3, March 2005, Pages 196 - 215
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866304002437
La neurofibromatose de type 1 est un trouble fréquent d’origine génétique caractérisé par des manifestations neurocutanées et des troubles comportementaux.  Il a été précédemment montré que les statines réduisent les déficits d’apprentissages propres à cette maladie – par analogie de ceux rencontrés chez l’homme – sur modèle de souris en laboratoire; toutefois, les essais cliniques entrepris chez l’homme se sont révélés non concluants. Notre but était d’étudier les éventuels effets de la simvastatine pour améliorer les déficits cognitifs et comportementaux chez des enfants atteints de neurofibromatose, sur une durée de 12 mois.

Pour cet essai randomisé, en double aveugle, et contrôlé par placebo, nous avons recruté des enfants âgés de 8 à 16 ans, atteints d’une neurofibromatose de type 1 confirmée génétiquement, initialement répertoriés dans des centres de référence aux Pays – Bas et en Belgique. Les enfants atteints d’anomalies patentes du système nerveux central (SNC) ou déjà sous médicaments neurotropes, stimulants y compris, étaient exclus. Les patients éligibles ont été répartis de manière aléatoire (1:1) par séquence générée par ordinateur, stratifiés par blocs de permutations, pour recevoir la simvastatine (10 mg par jour au cours du mois 1, 20 mg par jour au cours du mois 2, et 20-30 mg/jour au cours des mois 3-12) ou le placebo pendant 12 mois. Ni les investigateurs, ni les patients et leurs parents n’avaient accès au tableau de randomisation. Les critères principaux mesurés au cours de l’essai étaient l’intelligence dans toute son acception (échelle d’intelligence de Wechsler destinée aux enfants), les problèmes d’attention (selon l’échelle de comportement de l’enfant établie par les parents [CBCL]), ainsi que les problèmes liés aux manifestations comportementales d’internalisation[CBCL]. Nous avons effectué toutes les analyses sur population en intention de traiter (sur toutes les données d’observation consignées) à l’aide d’une régression linéaire effectuée sur les données recueillies sur 12 mois, ajustées par rapport à la ligne de base ([départ de l’essai]*). (…).

Nous avons réparti de manière aléatoire 84 enfants pour cet essai (43 ont reçu la simvastatine, 41 le placebo) entre le 9 mars 2010 et 6 mars 2012. Nous n’avons pas étudié les données recueillies chez deux patients appartenant au groupe placebo parce que leur état nécessitait un traitement additionnel. La simvastatine administrée sur 12 mois n’a eu aucun effet sur l’intelligence prise dans toute son acception (effet du traitement comparé au placebo: -1,3 points sur l’échelle de quotient intellectuel [QI]  [Intervalle de Confiance – IC – 95% -3,8 à 1,3] ; p=0,33), problèmes d’attention (T-score : -1,6 points [-4,3 à 1,0] ; p=0,23), et problèmes liés aux manifestations comportementales d’internalisation (T-score : -0,1 point [-3,3 à 3,1] ; p=0,96). 38 (88%) des 43 patients sous simvastatine et 39 (95%) sous placebo ont rapporté des événements indésirables, qui se sont montré graves chez deux et quatre patients, respectivement.

Un traitement à la simvastatine administré sur 12 mois n’a pas amélioré les déficits cognitifs et troubles comportementaux chez des enfants atteints de neurofibromatose de type 1. L’utilisation d’un dosage de 20-40 mg par jour de simvastatine pour l’amélioration cognitive chez les enfants atteints de neurofibromatose de type 1 n’est pas recommandée. Thijs van der Vaart MSc et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 1er octobre 2013

*addition du traducteur

Financement : The Netherlands Organization for Health Research and Development (ZonMw), Research Foundation Flanders (FWO-Vlaanderen), Marguerite-Marie Delacroix Foundation, and the Dutch Neurofibromatosis Association (NFVN).

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ