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vendredi 29 novembre 2013

Base Génétique du syndrome DOORS : étude de séquençage d’exome

Les épilepsies néonatales peuvent affecter sévèrement le développement cognitif et sont souvent pharmaco-résistantes. Dans une famille avec une épilepsie partielle migrante, nous avons identifié des mutations dans le gène TBC1D24 chez les enfants atteints (mutations récessives héritées des parents non atteints) par séquençage d'exome (...). Inserm, Aix-Marseille Université, France
Source iconographique et légendaire:  http://umr910.timone.univ-mrs.fr/news.php?lang=fr
Surdité, onichodystrophie, ostéodystrophie, retard mental et crises d’épilepsie (Deafness, Onychodystrophy, Osteodystrophy, mental Retardation, Seizures dans le texte) caractérisent le syndrome DOORS, trouble rare d’origine génétique autosomique, très mal connu par ailleurs. Notre but était d’identifier la base génétique par le séquençage du plus grand nombre d’exons codant chez des sujets qui en sont atteints.

À travers la recherche d’études de cas disponibles et d’échanges avec des collègues, nous avons identifié des familles comprenant au moins un sujet porteur d’au moins trois des cinq principales caractéristiques du syndrome DOORS : surdité, onichodystrophie, ostéodystrophie, troubles mentaux, et crises (d'épilepsie). Les participants ont été recrutés dans 26 centres situés dans 17 pays. Les familles décrites dans cette étude ont été recrutées entre le 1er décembre 2010 et le 1er mars 2013. Les médecins collaborant au recrutement des participants ont obtenu le dossier clinique et des échantillons d’ADN de l’enfant atteint et, si possible, de ses deux parents. Nous avons effectué le séquençage de l’exome entier des sujets atteints au moment de leur recrutement, jusqu’à identification d’un gène candidat, et exécuté le séquençage par la méthode de Sanger pour confirmation des mutations. Nous avons également effectué des études d’expression génique sur fibroblastes humains chez un des sujets par la technique de PCR en temps réel et par analyse western blot, ainsi que sur des tissus de souris par immunohistochimie et PCR en temps réel.

26 familles ont été incluses dans cette étude. Nous avons effectué un séquençage d’exome dans les 17 première familles recrutées ; et avons recherché TBC1D24 par séquençage par technique de Sanger dans les familles suivantes. Nous avons identifié des mutations du gène TBC1D24 chez 11 sujets provenant de neuf familles (par séquençage d’exome dans sept familles et séquençage Sanger dans deux familles). 18 familles comprenaient des sujets porteurs des cinq caractéristiques principales du syndrome DOORS, des mutations TBC1D24 ont été identifiées dans la moitié de ces familles. Les crises (d'épilepsie) présentées par les sujets porteurs incluaient crises tonico-cloniques généralisées ; et des spasmes complexes partiels, focaux cloniques et infantiles. Des 18 individus atteints du syndrome DOORS, issus de 17 familles sans mutations TBC1D24, huit n’ont pas eu de crises et trois n’étaient pas atteints de surdité. Dans les études d’expression génique, quelques mutations ont altéré la stabilité de l’ARNm TBC1D24. Nous avons aussi détecté l’expression de Tbc1d24 dans les chondrocytes des phalanges et le condyle mandibulaire de souris, ce qui suggère un rôle de TBC1D24 dans la génèse du squelette.

Nos résultats suggèrent que les mutations chez TBC1D24 semblent représenter une cause importante du syndrome DOORS, et peuvent être à l’origine de différents phénotypes. De fait, les sujets atteints du syndrome DOORS sans surdité et sans crise (d'épilepsie), porteurs toutefois des autres caractéristiques du syndrome, devraient subir des tests de détection des mutations TBC1D24. Des informations complémentaires seront nécessaires, afin de mieux comprendre les rôles cellulaires de TBC1D24 et d’identifier les gènes responsables des différents phénotypes caractéristiques du syndrome DOORS chez les individus ne montrant pas de mutation du gène TBC1D24. Philippe M Campeau MD et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant – première, 29 novembre 2013

Financement : US National Institutes of Health, the CIHR (Canada), the NIHR (UK), the Wellcome Trust, the Henry Smith Charity, and Action Medical Research.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ