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jeudi 28 novembre 2013

Renforcement des muscles pelviens chez des femmes atteintes de prolapsus pelvien (POPPY) : essai multicentrique randomisé et contrôlé

Les organes pelviens sont: la vessie où est stockée l'urine, l'urètre qui est le canal de sortie de l'urine, le vagin qui est en arrière de la vessie, l'utérus qui est au dessus, et le rectum (...) qui en arrière du vagin.
1. vessie
2.urètre
3. rectum
4. cul-de-sac péritonéal
5. col de l'utérus
Source iconographique et légendaire: http://www.urofrance.org/science-et-recherche/base-bibliographique/article/html/prolapsus-genital-cure-de-prolapsus-par-promontofixation-coelioscopique.html
Le prolapsus pelvien est commun et fortement associé à l’accouchement et augmente avec l’âge. Les femmes atteintes de prolapsus reçoivent souvent pour prescription la pratique d’exercices des muscles pelviens, mais les données attestant des bénéfices d’une telle démarche sont rares. Notre but était d’établir l’efficacité d’exercices des muscles pelviens pratiquée de manière individualisée afin de diminuer l’intensité des prolapsus.

Nous avons effectué cet essai multicentrique à groupes parallèles, randomisé et contrôlé dans 23 centres au Royaume – Uni, un centre en Nouvelle – Zélande, et un en Australie ; entre le 22 juin 2007 et le 9 avril 2010. Les patientes vues en ambulatoire, et nouvellement diagnostiquées d’un prolapsus à un stade symptomatique I, II ou III ; ont été réparties de manière aléatoire (1:1) par le truchement d’un système internet de randomisation à distance pour soumission à un programme individualisé de renforcement des muscles pelviens ou  attribution d’un prospectus d’information relatif aux conduites de vie quotidienne à tenir en cas de prolapsus, sans exercices des muscles pelviens (groupe de contrôle). Ni les accesseurs certifiant de l’authenticité des résultats obtenus ni les gynécologues investigateurs sur site  n’avaient accès au tableau de randomisation ; le statisticien n’en ayant accès qu’une fois l’analyse des résultats achevée. Le critère principal mesuré était l’auto-évaluation des patientes de leurs symptômes de prolapsus à 12 mois. L’analyse a été effectuée par intention de traiter (…).

447 patientes éligibles ont été randomisées pour admission dans le groupe d’intervention (n=225) ou dans le groupe de contrôle (n=222). 377 (84%) participantes avaient dûment complété les questionnaires de suivi à 6 mois et 295 (66%) les questionnaires à 12 mois. Les patientes du groupe d’intervention ont rapporté des symptômes de prolapsus en moins grand nombre (c'est-à-dire une diminution significativement plus importante du score de prolapsus au niveau des organes pelviens [POP-SS] à 12 mois que celles du groupe de contrôle (diminution moyenne du POP-SS à partir de la ligne de base 3,77 [Déviation Standard -DS- 5,62] versus 2,09 [5,39] ; différence ajustée 1,52 ; Intervalle de Confiance -IC- 95% 0,46-2,59 ; p=0,0053). Les résultats se sont révélés fiables malgré les données manquantes. Huit événements indésirables (six symptômes vaginaux, un cas de lumbago, et un cas de douleur abdominale) et un événement indésirable grave inattendu, tous comptabilisés dans le groupe d’intervention, ont été considérés comme non reliés au traitement à l’étude ou à la participation à l’étude comme telle.

Les exercices individuels de renforcement des muscles pelviens sont efficaces pour l’amélioration des symptômes de prolapsus. Les bénéfices à long terme, ainsi que les effets observés au niveau des groupes spécifiques devraient être l’objet d’étude, de même que les effets au niveau de sous-groupes. Prof Suzanne Hagen, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 28 novembre 2013

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ