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mardi 14 janvier 2014

Mouvements migratoires vus dans leur globalité et distribution de l’hémoglobine affectant une forme de faucille : étude quantitative des tendances évolutives entre 1960 et 2000

La Drépanocytose est une hémoglobinopathie qui affecte les globules rouges.
Source iconographique et légendaire: http://www.addmedica.com/Hematologie
Les changements relatifs à la distribution des défauts génétiques sont souvent vus comme évoluant lentement, plus spécialement lorsqu’ils sont comparés aux maladies infectieuses. Alors que les mutations, la dérive génétique, et la sélection naturelle s’opèrent sur plusieurs générations ; les épidémies peuvent s’étendre à travers de larges populations en quelques jours ou quelques semaines. Quoi qu’il en soit, les mouvements de population peuvent interférer avec ces processus ; quelques études avec pour objectif d’évaluer les effets sur les défauts génériques ont été effectuées. Notre but était d’étudier l’effet global des phénomènes de migrations sur la distribution du gène du drépanocyte – qui représente le variant le plus fréquent et cliniquement significatif des variants structurels de l’hémoglobine.

Pour chaque pays, nous avons extrait les données à partir de la base de données « Global Bilateral Migration » de la Banque Mondiale* relative aux migrations entre 1960 et 2000. Nous avons combiné ces informations avec des estimations des fréquences de l’allèle HbS générées par une approche géostatistique bayésienne, afin d’analyser les changements dans le temps du nombre net de migrants et avons classé les pays à l’aide d’un index résumant ces tendances dans le temps.

Le nombre de migrants internationaux a montré une croissance, passant de 92.6 millions en 1960 à 165.2 millions en 2000. Le nombre global estimé de migrants porteurs de HbS a augmenté d’environ 1.6 million en 1960 à 3.6 millions en 2000. Cette croissance est largement due à un renchérissement du nombre de migrants originaires de pays aux fréquences de prévalence de l’allèle HbS > 10%, passant de 3.1 millions en 1960 à 14.2 millions en 2000. De plus, le nombre moyen de pays d’origine pour chaque destination a augmenté de 70 (Erreur Standard [ES] 46) en 1960, à 98 (48) en 2000, montrant ce faisant une diversité du réseau de migration internationale entre les différents pays, en augmentation. Notre carte illustrant l’index de changement montre une distribution éclatée de l’amplitude des changements dans le temps, avec les valeurs positives et négatives les plus élevées dispersées de part et d’autres des continents.

Les mouvements  humains globaux ont montré un effet important sur la distribution du gène HbS sur la période observée. Les mouvements de populations peuvent être à l’origine de lourdes charges à long terme pour les systèmes de santé. Nos résultats soulignent plus particulièrement les pays dont les flux migratoires montrent les changements les plus importants, indiquent le fardeau que représenté par les hémoglobinopathies et sont un encouragement à la mise en place d’intervention spécifiques de santé publique adressé aux décideurs, comme par exemple des programmes de détection de de consultations en matière génétique. Dr Frédéric  P Piel et al, dans The Lancet Global Health, publication en ligne en avant – première, 14 janvier 2014

Financement : Wellcome Trust, Conseil Européen pour la Recherche, Fondation Bill & Melinda Gates, National Institute of Allergy and Infectious Diseases-National Institutes of Health, the Research and Policy for Infectious Disease Dynamics Program, Fogarty International Center

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ
      
*cette base de données présente des matrices internationales de migration bilatérale pour la période 1960-2000. Source :    http://databank.banquemondiale.org/data/databases.aspx?pagenumber=3