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vendredi 27 juin 2014

Thérapie à faisceau de particules chargées versus photonthérapie pour les maladies malignes du sinus paranasal et de la fosse nasale

Cancer de la fosse nasale et des sinus.
Source iconographique et légendaire: http://www.nhsdirect.wales.nhs.uk/encyclopaedia/c/article/cancerofthenoseandsinus/
Les tumeurs malignes naissant dans la cavité nasale et dans les sinus paranasaux sont rares et composées de plusieurs types histologiques, rendant les essais cliniques contrôlés permettant d’en désigner le meilleur traitement impraticables. Nous avons effectué une revue de littérature systématique avec méta-analyse associée afin de comparer les résultats sur le plan clinique chez des patients traités à l’aide de la technique de faisceau à particules chargées ceux obtenus chez des sujets sous photonthérapie.

Nous avons identifié des études portant sur les tumeurs de la cavité nasale et du sinus paranasal par le truchement de recherches effectuées sur base de données, notamment Embase, Medline, Scopus, ainsi que la base de données Cochrane Collaboration. Nous avons inclus des cohortes composées de sujets n’ayant pas reçu de traitement préalable (en radiothérapie primaire et en radiothérapie adjuvante) et des sujets en récidive. Les critères primaires d’évaluation étaient la survie globale, la survie sans récidive, et le contrôle locorégional de la maladie, à 5 ans et au terme de la plus longue période de suivi. Nous avons fait usage des modèles à effets aléatoires pour la mutualisation des résultats d’une étude à l’autre et comparé le taux d’évènements sur les résultats combinés de thérapie à faisceau de particules chargées et la photonthérapie à l’aide d’un test d’intéraction.

43 cohortes provenant de 41 études observationnelles non-comparatives ont été incluses dans le présent rapport. La période médiane de suivi pour le groupe thérapie à faisceau de particules chargées était de 38 mois (écart : de 5 à 73 mois) et de 40 mois pour la photonthérapie (14-97). La survie évaluée sur données mutualisées était significativement plus élevée à 5 ans pour la thérapie à faisceau de particules chargées que pour la photonthérapie (risque relatif : 1.51, 1.01-1.37 ; p=0.0038), ainsi qu’au terme de la plus grande période de suivi (1.27, 1.01-1.59 ; p=0.037). À 5 ans, la survie sans récidive était significativement plus élevée pour la thérapie à faisceau de particules chargées que pour la photonthérapie (1.93, 1.36-2.75, p=0.0003) mais, pour ce qui est de la plus longue période de suivi, ce taux n’était pas différent entre les deux groupes (1.51, 1.00-2.30 ; p=0.052). Le contrôle locorégional n’était pas différent  entre les groupes de traitement à 5 ans (1.06, 0.68-1.67; p=0.79), mais il était plus élevé pour la thérapie à faisceau de particules chargées que pour la photonthérapie à la plus longue période de suivi (1.18, 1.01-1.37 ; p=0.031). Une analyse de sous-groupe comparant protonthérapie et radiothérapie à modulation d’intensité a montré une survie à 5 ans plus élevée (risque relatif 1.44, Intervalle de Confiance -IC- 95% 1.01-2.05 ; p=0.045) et un meilleur contrôle locorégional au terme de la plus longue période de suivi (1.26, 1.05-1.51 ; p=0.011).

En comparaison de la photonthérapie, la thérapie à faisceau de particules chargées pourrait produire de meilleurs résultats chez les patients atteints de maladies malignes de la cavité nasale et des sinus paranasaux. Des études prospectives mettant l’accent sur la collecte de résultats rapportés par les patients et de résultats fonctionnels est fortement encouragée. Dr Samir H Patel MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 27 juin 2014

Financement : Mayo Foundation for Medical Education and Research

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ