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lundi 2 juin 2014

Traitement de l’hypopituitarisme chez des patients recevant des médicaments antiépileptiques

La synthèse et la sécrétion des hormones hypophysaires sont à la fois sous contrôle neuronal et porte - hypophysaire.
Source iconographique: http://svt.ac-dijon.fr/schemassvt/article.php3?id_article=1863
Des données suggèrent qu’il peut y avoir des interactions entre les médicaments antiépileptiques et les thérapies hormonales, qui peuvent représenter un défi à relever par les endocrinologues avec des patients atteints à la fois d’hypopituitarisme et de maladies neurologiques.

Les données sont rares pour ce sous-groupe de patients ; cependant, les données relatives à l’interaction des médicaments antiépileptiques avec l’axe pituitaire ont montré que la prise chronique de médicaments antiépileptiques en grand nombre, comme la carbamazepine, l’oxcarbazepine, et le topimarate, augmente l’activité du cytochrome P450 3A4 (CYP3A4), et peut provoquer une diminution des concentrations sériques en hormones sexuelles. D’autres médicaments antiépileptiques provoquent une augmentation de la globuline hormono-liante, réduisant ce faisant l’activité biologique de la testostérone et de l’oestradiol. De plus, la pilule contraceptive combinée oestroprogestative pourrait provoquer une diminution des concentrations en lamotrigine, ce qui pourrait aggraver les crises épileptiques. De plus, les hormones sexuelles et leurs métabolites peuvent agir directement sur l’excitabilité neuronale, agissant comme des neurostéroïdes. Du fait que la carbamazepine et l’oxcarbazepine peuvent augmenter la sensibilité des tubules rénaux, une réduction des doses de desmopressine pourrait se révéler nécessaire chez les patients atteints de diabète insipide central*.

Bien que les effets des médicaments antiépileptiques sur l’hypothyroïdisme central n’aient pas encore fait l’objet d’études, de sérieux indices montrent que plusieurs médicaments antiépileptiques peuvent augmenter le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Cependant, bien qu’il soit raisonnable de s’attendre à un besoin d’augmenter les doses en thyroxine en cas de médication antiépileptique, l’effet d’une dose excessive de thyroxine sur la diminution des seuils de déclenchement de crises d’épilepsie doit aussi être pris en considération.

Il n’y a pas à ce jour de données rapportant des interactions significatives entre les médicaments antiépileptiques et l’efficacité des thérapies à base d’hormone de croissance humaine ; par ailleurs, il n’y a également que peu de données disponibles pour ce qui est des effets des médicaments antiépileptiques de seconde génération pour le traitement de l’hypopituitarisme.  Rosa Maria Paragliola MD et al, dans The Lancet  Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 2 juin 2014

*Le Diabète Insipide central ou neurogène (DIC) provient d’un déficit ou d’une absence en vasopressine, l’hormone antidiurétique qui agit normalement sur les reins pour réduire l’émission d’urine en augmentant la concentration urinaire. (Source :   http://asso.orpha.net/AFDI/__PP__12.html)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ