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mardi 15 juillet 2014

Acide zoledronique chez des patientes atteintes d’un cancer du sein précoce : analyse finale d’efficacité de l’essai AZURE de phase 3 randomisé en ouvert (BIG 01/04)

Marqueur du cancer du sein
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/cancer/dossiers/cancer-du-sein
Au cours de l’essai AZURE, une étude de phase 3 ouverte, internationale, multicentrique, randomisée, contrôlée et à groupes parallèles, des femmes (âge 18 ans) atteintes d’un cancer du sein de stade II ou de stade III ont été réparties de manière aléatoire (1:1) par système informatique de téléphonie centralisée à minimisation des biais [équilibrage des données en fonction du nombre de ganglions lymphatiques impliqués, du stade tumoral, du statut des récepteurs aux oestrogènes, du type et du calendrier du traitement systémique mis en place, du statut ménopausal, d’une thérapie aux statines concommitante ou non, et du centre de traitement] sur 24h pour recevoir le traitement adjuvant systémique standard seul (groupe de contrôle) ou avec 4 mg d’acide zoledronique par voie intraveineuse toutes les 3-4 semaines à six reprises, puis tous les trois mois à huit reprises, suivi d’une fois tous les six mois à cinq reprises ; pour une durée totale de traitement de 5 ans. Le critère principal d’efficacité de l’étude était la survie sans récidive de la maladie (DFS). Les critères secondaires d’efficacité étaient la survie sans récidive invasive de la maladie (IDFS), la survie globale, le temps écoulé jusqu’à apparition de métastases osseuses, le temps écoulé jusqu’à récidive à distance, ainsi que les analyses des variables de sous-groupes inclus dans la randomisation. Tous les patients ont suivi le traitement à l’étude jusqu’au bout.  L’analyse finale d’efficacité sur population en "intention de traiter" a été effectuée après avoir relevé 940 évènements DFS sur l’étude. (…).

3 360 femmes ont été recrutées dans 174 centres situés dans sept pays, entre le 4 septembre 2003 et le 16 février 2006. Aucune différence intergroupe n’a été notée pour ce qui est du nombre d’évènements DFS : 493 dans le groupe de contrôle et 473 dans le groupe acide zoledronique (hazard ratio ajusté [HR] 0.94, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.82-1.06 ; p=0.30). L’IDFS (HR 0.93, IC95% 0.82-1.05 ; p=0.22), la survie globale (0.93, 0.81-1.08 ; p=0.37), et les récidives à distance (0.93, 0.81-1.07 ; p=0.29) se sont révélées très similaires dans les deux groupes. 
Toutefois, l’acide zoledronique a diminué le développement de métastases osseuses, à la fois comme évènement de survenue précoce (HR 0.78, IC95% 0.63-0.96 ; p=0.020) et comme événement survenant à tout moment pendant l’étude (0.81, 0.68-0.97 ; p=0.022). L'effet de l’acide zoledronique sur la DFS n’a pas été affecté par le statut des récepteurs à oestrogènes. Cependant, l’acide zoledronique a amélioré l’IDFS chez les patientes ayant confirmé leur ménopause plus de 5 ans avant l’inclusion dans l’étude (n=2318 ; HR 1.03, IC 95% 0.89-1.20). 33 cas de suspicion d’ostéonécrose de la mâchoire ont été rapportés, avec 26 cas confirmés sur compte rendu central, tous appartenant au groupe acide zoledronique (1.7%, IC 95% 1.0-2.4).

Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas de bénéfice global à l’adjonction d’acide zoledronique au traitement adjuvant standard, pour le traitement du cancer du sein à un stade précoce.  Cependant, l’acide zoledronique diminue le développement des métastases osseuses, et améliore l’issue de la maladie chez les femmes à ménopause bien établie. Prof Robert Coleman FRCP et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 15 juillet 2014

Financement : Novartis Global et NIHR Cancer Research Network

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ