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mercredi 4 mars 2015

#thelancet #hypercholestérolémie #traitementhypolipémiant #anacetrapib Thérapie hypolipémiante avec anacetrapib chez des patients atteints d’hypercholestérolémie familiale hétérozygote (REALIZE) : étude de phase 3 randomisée, en double aveugle, et contrôlée par placebo

Hypercholestérolémie familiale hétérozygote. Dans la forme hétérozygote, la personne atteinte a hérité d’un gène « défectueux » de son père ou de sa mère et possède donc une copie défectueuse de ce gène et une copie «saine».
Source iconographique et légendaire:http://www.info-hf.fr/index.php/comprendre-lhypercholesterolemie-familiale/transmission.html

Les directives actuelles mettent l’accent sur l’importance de faibles concentrations en LDL cholesterol (LDL-C) chez les patients atteints d’hypercholestérolémie familiale. Cependant, chez la plupart des patients atteints de cette maladie, ces concentrations ne sont pas atteintes à l’aide des traitements actuellement disponibles ; ainsi, l’administration d’un traitement additionnel s’avère donc nécessaire.
 Il a été montré que l’inhibition de la protéine de transfert des esters de cholestérol (CETP) produit une baisse des concentrations en LDL-C en complément d’un traitement régulier aux statines, chez des patients atteints d’hypercholestérolémie ou à haut risque de maladie cardiovasculaire. Notre but était l’innocuité et l’efficacité d’anacetrapib, un inhibiteur de la protéine de transfert des esters de cholestérol, chez des patients avec hypercholestérolémie familiale hétérozygote.

Dans cette étude multicentrique de phase 3, randomisée, en double – aveugle, et contrôlée par placebo, des patients âgés de 18 ans à 80 ans atteints d’hypercholestérolémie familiale hétérozygote confirmée par génotypage ou diagnostiquée cliniquement et avec critères d’éligibilité suivants : 1. sous traitement hypolipémiant optimal depuis au moins 6 semaines, 2. concentration en LDL-C de 2.59 mmol/L ou plus sans maladie cardiovasculaire ou 1.81 mmol/L ou plus avec maladie cardiovasculaire, ont été recrutés dans 26 cliniques des troubles lipidiques situées dans 9 pays. Nous avons réparti les participants par blocs selon le protocole prévu à l’aide d’une séquence générée par ordinateur (2:1 ; blocs de six ; sans stratification) pour recevoir anacetrapib 100 mg per os ou le placebo pendant 52 semaines, avec une période de suivi post traitement de 12 semaines. Ni les patients, ni les soignants, ni les investigateurs suivant les sujets de bout en bout de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal était le pourcentage de changement en concentration de LCL-C à partir de la ligne de base. L’analyse des données a été effectuée à l’aide d’un modèle d’étude longitudinale à mesures répétées avec contrainte. (…).

Entre le 10 février 2012 et le 12 février 2014, nous avons réparti 204 patients de manière aléatoire pour recevoir anacetrapib et 102 patients pour recevoir le placebo. Un patient du groupe anacetrapib n’a pas reçu le médicament à l’étude. À la semaine 52, l’anacetrapib a produit une baisse de la concentration moyenne en LDL-C de 3.3 mmol/L (Déviation Standard [DS] 0.8) à 2.1 mmol/L (0.8 ; pourcentage de changement : 36% [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -39.5 à -32.5] en comparaison de l’augmentation observée chez les sujets placebo de 3.4 mmol/L (1.2) à 3.5 mmol/L (1.6 ; pourcentage de changement : 3.7% [de -1.2 à 8.6], avec une différence en pourcentage de changement entre anacetrapib et placebo de -39.7% (IC 95% -45.7 à -33.7 ; p<0.0001). Le nombre d’événements cardiovasculaires était augmenté chez les patients recevant anacetrapib en comparaison de ceux recevant le placebo (4 [2%] sur 203 versus aucun [0%] sur 102 ; p=0.1544), mais la proportion de patients présentant des événements indésirables menant à une sortie d’étude était similaire (12 [6%] sur 203 versus cinq [5%] sur 102) dans les deux groupes.

Chez les patients atteints d’hypercholestérolémie familiale, le traitement avec anacetrapib pendant 1 an était bien toléré et a eu pour résultat une réduction significative de la concentration en LDL-C. La réponse à la question de savoir si cette baisse conduit à une réduction des événements cardiovasculaires sera donnée par une étude d’évaluation de bénéfice thérapeutique subséquente. Prof JP Kastelein, MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 2 mars 2015

Financement : Merck & Co, Inc

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ